Documentaires

Ni juge, ni soumise : Un docu-vérité décapant et dérangeant


Ni Juge ni soumise est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d’enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n’est pas du cinéma, c’est pire. 
  • Réalisateur(s): Jean Libon, Yves Hinant
  • Acteurs principaux: Anne Gruwez
  • Date de sortie: 07/02/2018
  • Nationalité: Franco-belge

Pendant plus de 25 ans, l’émission « Strip tease » a fait la pluie et le beau temps sur France 3 et sur la chaîne belge RTBF. L’émission promettait alors de « déshabiller la France et la Belgique » et proposait une approche documentaire brute, sans voix-off et présentant des personnages hors du commun. Le co-créateur Jean Libon et l’un des réalisateurs récurrents Yves Hinant ont eu l’idée d’adapter cette émission sur grand écran avec un format plus long. C’est là qu’est né « Ni juge, ni soumise ». Pour présenter le fil rouge de « Strip tease », les cinéastes déclarent :  « Strip-tease est né dans les années 80 de l’influence des comédies sociales à sketches italiennes. Un cinéma populaire qui ne respectait pas grand-chose et faisait tout passer à la moulinette : église, politique, famille, bourgeoisie, rapport homme-femme, sexe etc… Notre écriture, c’est une comédie à sa manière, grâce à des séquences mêlant l’humour noir, l’absurde, l’amertume des situations, parfois un peu de vulgarité, de la poésie, du désespoir, le tout ancré dans notre époque. »

Pour « Ni juge, ni soumise », le duo Libon/Hinant suit une enquête criminelle, par le biais d’une juge truculente, nommée Anne Gruwez. Quand elle n’est pas au volant de sa 2CV, elle reçoit dans son bureau des accusés de meurtres parfois épouvantables ou de délits à répétition. Parallèlement, elle participe activement à l’enquête autour du meurtre de deux prostituées. Pour les non-initiés à l’émission « Strip tease », « Ni juge, ni soumise » désarçonne par son humour pince sans rire typiquement belge. Le film présente cette juge dotée d’un humour irrésistible mais le ton du film nous apparaît comme tellement brut qu’il est parfois dérangeant. Si on peut parfois trouver Anne Gruwez assez cynique et cassante dans ses interventions, ses saillies verbales font souvent mouche notamment dans ses conversations avec ses collègues.

Tourné sur une durée de trois ans, « Ni juge, ni soumise » est un docu-vérité assez glaçant par moments (la photo des cadavres ne nous est pas épargnés face caméra, une femme qui raconte comment elle a tué son propre fils croyant qu’il avait été possédé par le diable), parfois hilarant. Cependant, le principe du long-métrage tient difficilement la route, et le film n’évite pas les longueurs. D’autant que l’enquête n’est pas toujours lisible et on a dû beaucoup de mal à cerner qui est qui de par l’absence totale d’incrustation à l’écran des fonctions des personnes, ni de voix-off. Au final, il en ressort un documentaire que l’on peut adorer par la truculence d’Anne Gruwez ou que l’on peut détester en raison du côté voyeuriste de l’ensemble. « Ni juge, ni soumise » ne vous laissera pas indifférent, dans tous les cas.

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SCENARIO 65%
MISE EN SCENE 61%
PERSONNAGES 71%
PHOTOGRAPHIE 60%
APPRECIATION GENERALE 63%
Vote final

Documentaire trivial voire dérangeant par moments, "Ni juge, ni soumise" est une transposition de l'émission "Strip tease" sans concession. Oscillant entre l'hilarité du langage de la juge Anne Gruwez et le quotidien de son travail sombre et sidérant, le film (parfois long) est un condensé tantôt drôle, tantôt outrancier, mais qui fait réfléchir avec ardeur sur la difficulté de la justice.

Note finale 64%