Documentaires

L’empereur : De toute beauté


À travers le regard et les souvenirs de son aîné, un jeune manchot se prépare à vivre son premier voyage… Répondant par instinct au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, découvrez les incroyables épreuves qu’il devra à son tour traverser pour accomplir son destin et assurer sa survie et celle de son espèce. Marchez avec lui dans les paysages éphémères de l’Antarctique, ressentez la morsure du vent et du froid qui l’attendent à chaque pas et plongez avec lui dans les fonds marins jusqu’alors inexplorés.

 

  • Réalisateur(s): Luc Jacquet
  • Acteurs principaux: La voix off de Lambert Wilson
  • Date de sortie: 15/02/2017
  • Nationalité: Française

Il y’a 12 ans sortait « La marche de l’empereur », premier documentaire Luc Jacquet consacré aux manchots. Le film a été un véritable succès en salles avec 2 millions d’entrées et 127 millions de dollars de recettes dans le monde, un score qui lui a permis de rester de nombreuses année comme « le plus gros succès français » au box-office américain, avant d’être dépassé par les trois opus de la saga « Taken » et par le film de Luc Besson « Lucy ». « La marche de l’empereur » reste toutefois le documentaire français le plus lucratif aux Etats-Unis. « L’empereur » est le nouveau film du label Disneynature, label de Walt Disney studios crée en 2008. Ironie du sort, Disney eut l’idée de créer ce label spécial afin de produire des documentaires, suite à l’énorme succès de « La marche de l’empereur », qu’une des filiales de Disney avait co-produit et distribué). Disneynature a ainsi produit tous les documentaires animaliers majeurs de ces dernières années : « Les ailes pourpres », « Océans », « Pollen », « Félins », « Chimpanzés », « Grizzlis » ou dernièrement « Au royaume des singes ». Luc Jacquet est véritablement passionné par l’Antarctique depuis sa première expédition à l’âge de 23 ans. Ecologue de formation, il déclare utiliser le cinéma « afin de donner une caisse de résonance à des hommes qui produisent une connaissance qui n’est pas entendue. »

« La marche de l’empereur » s’intéressait particulièrement au cycle de reproduction des manchots, et était raconté par Romane Bohringer, Charles Berling et Jules Sitruk. Pour cette suite, Luc Jacquet corrige les « erreurs » (à mon sens) de son prédécesseur. En effet, « La marche de l’empereur » tombait dans le pire piège de ce genre de film : l’anthropomorphisme, c’est à dire faire parler les animaux avec des voix humaines en leur inventant des prénoms et des pseudos histoires, ce qui infantilise totalement le film. Ici, « L’empereur » prend la forme d’un conte universel, narré par la voix chaude et rassurante de Lambert Wilson. On y suit donc ces drôles d’oiseaux que sont les manchots, devant endurer des conditions extrêmes à -40°. Le charme opère d’emblée grâce à l’animal en lui-même, un animal souvent moqué mais bien plus courageux et opiniâtre qu’il le laisse paraître. On suit le destin de trois d’entre eux : le papa (l’Empereur du titre), la maman et leur petit (considéré comme l’héritier). Le film nous raconte toutes les étapes de leur vie : le risque de faire mourir leur petit si les deux parents laissent leur œuf au sol plus de 20 secondes, le voyage initiatique pour aller près de l’océan pour rechercher de la nourriture ou encore la lutte pour la survie contre les prédateurs qui veulent faire des bébés manchots leur repas.

« L’empereur » propose au spectateur de lui en mettre plein la vue, avec ses paysages glacés sublimes, la mise en scène alternant les plans sur ces grands espaces et d’autres en gros plan sur le pelage des animaux. Le film nous impressionne encore plus par ses séquences sous-marines tourbillonnantes et magnifiques. Très bien produit comme on en a la coutume avec Disneynature, « L’empereur » ne nous apprend pas énormément de choses en revanche. Luc Jacquet privilégie davantage le dépaysement et l’immersion contemplative, plutôt que le documentaire informatif. Cela se ressent parfois lorsqu’on se surprend à bâiller poliment quelquefois même si le documentaire reste d’une beauté époustouflante. Étonnamment discret, le discours écologique pointe le bout de son nez dans les derniers instants, comme pour inciter à la préservation de ce paradis blanc.

email
SCENARIO 57%
MISE EN SCENE 73%
PHOTOGRAPHIE 77%
BANDE SON 66%
APPRECIATION GENERALE 66%
Vote final

Dernier né des studios Disneynature, « L'empereur » nous propose de vivre un conte poétique et initiatique, servi par des images dépaysantes et frissonnantes. En revanche, on aurait aimé un scénario un poil moins immobile mobilisant davantage le voyage en mouvement que la contemplation inconsistante.

Note finale 67%