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Wonder woman : Le girl power au service de l’humanité


C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin

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  • Réalisateur(s): Patty Jenkins
  • Acteurs principaux: Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen
  • Date de sortie: 07/06/2017
  • Nationalité: Américaine

Héroine mythique de l’univers DC Comics, « Wonder woman » méritait enfin d’être réincarnée sur grand écran. Ce projet n’est pas neuf, on en parle depuis 1996, avant que moult réécritures du scénario et que le projet passe de main en main. C’est finalement une femme Patty Jenkins qui reprend le flambeau du film après que de nombreuses réalisatrices d’envergure aient été pressenties, comme Kathryn Bigelow, Catherine Hardwicke ou encore Angelina Jolie. Pour enfiler les habits de la super-héroine, on retrouve l’actrice israelienne quasi inconnue Gal Gadot après avoir fait des apparitions dans « Fast and Furious » et que son personnage ait fait une apparition à la fin du décevant « Batman V Superman : l’aube de la justice ». Avec un budget estimé à 149 millions de dollars, « Wonder woman » est doté d’un budget inférieur par rapport aux précédents films de l’univers DC Comics, comme les précédents épisodes de « Batman ». Alors qu’une suite est d’ores et déjà prévue, le blockbuster a été interdit au Liban, en raison de la nationalité israélienne de l’actrice.

Ces dernières années, les blockubusters « supers-héros » m’ont très souvent déçus à tel point que j’en ai manqué beaucoup. D’autant que le problème de ces films est le véritable feuilletonnage, où il nécessaire d’avoir vu tous les opus pour comprendre le tout. Mais les critiques positives et l’envie de voir sur grand écran un mythe qui a inspiré tant de jeunes filles m’a poussé à voir ce DC Comics, qui de plus, réalise des films de meilleure qualité que les Marvels (à mon humble avis). Au final, « Wonder woman » remplit son cahier des charges et se place au dessus de la moyenne des films de supers-héros. Et pourtant, on frémit d’inquiétude les premières minutes où l’on suit le cadre familial de Diana, qui vit sur une île isolée du monde. Le premier quart d’heure apparaît comme confus et long dans sa mise en application. On ne comprend pas où la cinéaste veut nous amener. Jusqu’au moment où Chris Pine (alias le capitaine Steve Trevor) s’écrase sur l’île. Le film prend alors de l’envergure lorsqu’a lieu un premier combat dantesque, sur la plage, sortie tout droit d’ « Il faut sauver le soldat Ryan » et nous rappelant aux grandes heures du Débarquement. Contrairement aux comics qui se situaient pendant la Seconde Guerre Mondiale, le film de Patty Jenkins se déroule en 1918, une volonté du producteur qui voulait placer au centre du film le féminisme, au moment où le mouvement des suffragettes émergeaient.

Oui, « Wonder woman » est un grand film féministe. Mais pas que ! L’excellente idée de Jenkins est de mélanger le genre codifié du film de super-héros à celui du film de guerre. Les deux genres fusionnent parfaitement et séduisent grâce à ce duo électrisant entre Gal Gadot et Chris Pine. Le film se différencie par ce double questionnement autour de l’humanité et de la mythologie. D’un côté, le soldat Trevor en contact direct avec les humains, considèrent ces derniers comme mauvais et façonnés pour se battre continuellement. De l’autre côté, Diana croit l’espèce humaine foncièrement bonne et pacifique, mais qui se fait influencer négativement par le dieu de la Guerre, Arès, qu’elle va chercher à tuer à tout prix afin d’arrêter la Guerre. Là où le film réussit pleinement, c’est dans son ancrage historique mêlé au genre du super-héros. La réalité historique se fond avec la mythologie de manière fluide et presque poétique et psychologique. La relation entre Diana, touchante et courageuse et le capitaine Trevor fait tout le sel du film, particulièrement lorsque Diana doit s’accoutumer à la vie mondaine et civilisée de Londres. Parmi les qualités du film, on relèvera une bande son (faite de violoncelle électrique) qui reste en tête, des combats réalistes et un spectacle moderne et réjouissant, qui ne tombe jamais dans l’excès. « Wonder woman » n’est toutefois pas dénué de défauts, en particulier des effets spéciaux pas toujours aboutis (dû au budget limité du film par rapport aux autres films du genre). Sa durée de 2h20 n’est pas toujours justifié, alors que le film met du temps à commencer et propose un final qui s’étire en longueur.

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SCENARIO 75%
MISE EN SCENE 73%
ACTEURS 77%
EFFETS SPECIAUX 73%
BANDE SON 85%
APPRECIATION GENERALE 65%
Vote final

Flamboyant et moderne, « Wonder woman » s'avère être une bonne surprise ! En injectant du film de guerre dans le genre très codifié du film de super-héros, le film de Patty Jenkins est une belle réflexion sur l'âme humaine et sur la provenance de sa noirceur. Malgré quelques défauts de rythme, « Wonder woman » ouvre la voie à des blockbusters plus intelligents ! Le girl power au service de l'humanité toute entière !

Note finale 74%