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Waste land : confus


Léo Woeste est inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles. Il vit avec Kathleen et leur fils Jack, 5 ans. Jour après jour, il explore les bas-fonds de la ville, le « Waste Land ». Sa famille lui permet de garder pied. Mais l’enquête sur le meurtre d’un jeune congolais amène Léo à rencontrer la soeur de la victime, une femme magnétique et déterminée. Entre rituels, fascination et vieux démons, l’équilibre de Léo semble plus que jamais menacé …

  • Réalisateur(s): Pieter Van Hees
  • Acteurs principaux: Jérémie Rénier, Natali Broods, Peter Van den Begin
  • Date de sortie: 25/03/2015
  • Nationalité: Belge
Un film confus

Un film confus…

Tout d’abord, remercions Chrysalis films qui m’a permis de visionner ce film en avant-première, grâce au Chrysalis club (dont je vous invite à adhérer également). Avec ce partenariat, j’ai notamment pu vous faire découvrir sur « Nos meilleurs films » le très bon film « Things people do » (dont voici ma critique : <http://www.nosmeilleursfilms.fr/critiques-films/things-people-do-intense-et-inspire>).

« Waste land » est conçu pour être le dernier film d’une sorte de trilogie autour de « l’anatomie de l’amour et de la douleur », après deux films que je n’ai pas vu « Left bank » (2008) et « Dirty mind » (2009). On y suit Léo Weste , un inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles, confronté à un étrange meurtre d’un jeune congolais. Il est assez difficile de résumer ce film, tant sa trame est confuse dès les premières images. On comprend globalement les intentions du réalisateur mais le film laisse quelque peu dubitatif. D’abord, le chapitrage (qui égraine les semaines jusqu’à l’accouchement du bébé) qu’imprime Pieter Van Hees veut mêler la vie privée de l’inspecteur avec l’enquête qu’il mène, mais d’une part, on met du temps à comprendre que ce chapitrage est lié à l’accouchement de sa femme, et d’autre part, le récit du film n’insiste que trop mollement sur la question de la paternité, ce qui rend ce chapitrage quelque peu futile. Ensuite, l’histoire se passe en Belgique, et plutôt dans la partie flamande, mais pourquoi les personnages alternent-ils sans arrêt entre le flamand et le français, et parfois même dans une même conversation? Sans que celà ne se justifie réellement…

Un film oppressant et bancal

Un film oppressant et bancal

« Waste land » essaie surtout maladroitement de se fondre dans plusieurs genres, à la fois thriller psychologique, film policier, un soupçon de film fantastique (avec ces rites vaudous), un mélo familial. A force de vouloir toucher à tous ces genres, le film se perd assez rapidement et ne parvient pas à réellement intéresser. Et ce, malgré le talent de Jérémie Rénier (à mille lieues de sa performance dans « Cloclo » -2012), qui incarne plutôt bien ce personnage mais qui n’arrive pas à créer de l’empathie avec le spectateur qui reste un peu sur le bord de la route avec ce film.

Dans ce film singulier et opaque, on peut cependant reconnaître que la photographie lugubre et poisseuse est convaincante dans une Belgique dont le réalisateur nous en montre une face miséreuse. On saisit aussi la volonté de Pieter Van Hees de se jouer des contrastes de lumières et d’atmosphères permanents qui alimentent le film : on passe par exemple, d’une fête de la bière joyeuse au meurtre le plan suivant, ou encore on passe du regard très sombre d’un des personnages au brouillard très lumineux sur le plan suivant, et enfin d’une joie lors d’une fête, on passe d’un seul coup, à une tristesse ou à une fin de soirée un peu arrosée.

De ces contrastes intéressants qui ont pour but de saisir le spectateur pour ne jamais l’ennuyer, le réalisateur ne parvient pas à surmonter cela par le récit de son film, qui on l’a compris, veut nous faire perdre le contact avec la réalité. Jusqu’à la fin du film très curieuse et mystérieuse, on regrettera la confusion ambiante de ce film bancal, qui aurait pu être un très bon thriller, mais qui dégage une tension trop opaque et étouffante pour séduire.

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SCENARIO 39%
MISE EN SCENE 58%
ACTEURS 69%
BANDE SON 52%
PHOTOGRAPHIE 72%
APPRECIATION GENERALE 51%
Vote final

De ce qui aurait pu être un très bon thriller avec son atmosphère étouffante et lugubre, "Waste land" est avant tout un film bancal dont on regrettera la confusion ambiante permanente dans son récit et l'opacité dans ses rapports humains, qui empêche toute empathie au film pour le spectateur.

Note finale 56%