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Victoria : Efira au sommet de son art


Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime.
Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

  • Réalisateur(s): Justine Triet
  • Acteurs principaux: Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud
  • Date de sortie: 14/09/2016
  • Nationalité: Française

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Second long-métrage de Justine Triet après « La bataille de Solferino » sorti en 2013, « Victoria » a été présenté lors de la Semaine de la critique au festival de Cannes 2016. Après avoir mis en scène une atmosphère bouillonnante avec une galerie de personnages le jour du second tour de l’élection présidentielle en 2012, Justine Triet a voulu tirer le portrait d’une femme que l’on découvre progressivement. Elle confie : « C’est le récit d’une femme complexe prise dans une spirale émotionnelle que sa situation professionnelle fait imploser. La contamination de l’intime par le travail traverse le film. L’ambition c’était de raconter tout ça : ce qui la fait chuter, ce qui la fait renaître. » Pour incarner cette working-girl débordée dans sa vie, c’est l’actrice franco-belge Virginie Efira que l’on avait vu dans de nombreuses comédies romantiques : « La chance de ma vie » (2011), « 20 ans d’écart » où elle partageait l’affiche avec Pierre Niney en 2013 ou encore « Une famille à louer » avec Benôit Poolvoerde l’an dernier. 2016 a bien commencé pour l’actrice qui a joué dans une autre comédie romantique « Un homme à la hauteur » avec Jean Dujardin, mais qui a eu également un second rôle dans le thriller érotisant « Elle » de Paul Verhoeven.

« Victoria » développe un style de cinéma assez différent dans le cinéma français. Certes, le film s’apparente à une comédie mais c’est aussi un regard parfois dramatique sur les aléas de la vie, le tout avec une malice assez agréable. On y suit donc Victoria, une avocate qui va devoir aider Vincent, un ami accusé de meurtre par sa compagne. Parallèlement aux soucis professionnels, la vie privée de Victoria est également en plein chaos, elle néglige quelque peu ses deux enfants qui se baladent nus dans son appartement en fouillis. Surgit alors Sam (joué par le brillant Vincent Lacoste), un ancien client qu’elle avait défendu pour drogues, et qui propose à Victoria de venir temporairement s’installer chez elle. « Victoria » repose essentiellement sur les épaules de son personnage féminin, une femme à la fois débordée et forte, et qui va se retrouver au centre des circonstances assez malencontreuses : son ex-mari la menaçant de révéler les détails des affaires défendues dans un livre, un contact involontaire avec une témoin qui va la faire interdire de sa profession pendant 6 mois, ou encore dans sa vie privée où Victoria enchaîne les plans sans lendemain foireux.

Tout l’art de Justine Triet est de nous montrer une femme noyée, dépassée, écrasée par sa propre vie. Tout en demeurant une comédie romantique (avec ce début de romance entre Victoria et Sam), le ton du film est multiple, aussi bien burlesque (où lors du procès, le chien et le singe viennent comme des témoins de l’affaire) que psychologique, lorsqu’il traite des errements de Victoria face à sa stature vulnérable. Servi par des dialogues assez caustiques et bien écrits, une mise en scène élégante et épurée, cette comédie romantique a tout de même des défauts, notamment un manque de rythme et un manque de surprises dans le récit (le spectateur est souvent en avance sur l’intrigue du film).

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SCENARIO 68%
MISE EN SCENE 76%
ACTEURS 84%
PHOTOGRAPHIE 77%
HUMOUR 72%
APPRECIATION GENERALE 77%
Vote final

Même si le film a été un peu sur-vendu par la critique, « Victoria » est une comédie romantique honnête, qui gagne à être vu surtout pour la performance de Virginie Efira, qui enfin a son premier grand rôle. Elle porte ce film au scénario quelque peu prévisible, malgré des saillies comiques et un discours plutôt juste sur la solitude des êtres.

Note finale 75%