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La Vénus à la fourrure : notre avis


A l’occasion de la sortie imminente de La Vénus à la fourrure en DVD  très bientôt (le 9 avril), j’en profite pour revenir sur un de mes films coups de coeur de l’année 2013 ! Synopsis : Dans un théâtre parisien après une dure journée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à adapter sur scène, Thomas s’apprête à rentrer chez lui, quand surgit Vanda, comédienne ratée et très en retard. Vulgaire, écervelée et délurée, elle représente tout ce que déteste Thomas! Contraint et forcé, il lui laisse une chance et constate que Vanda se métamorphose parfaitement dans le personnage. Alors que l’audition se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

  • Réalisateur(s): Roman Polanski
  • Acteurs principaux: Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric
  • Date de sortie: 13/11/2013
  • Nationalité: Française
Un véritable huis-clos!

Un véritable huis-clos!

Deux ans après le bon Carnage (2011) et trois ans après l’excellent The ghost writer (2010), Roman Polanski nous est revenu avec cette Vénus à la fourrure des plus envoûtantes… Par le biais d’une oeuvre bâti sur un huis-clos théâtral, Roman Polanski est une fois de plus brillant dans cet exercice particulier et signe pour la première fois de sa longue carrière, un film avec seulement deux personnages.

La première véritable force de ce film réside d’abord dans ce face-à-face entre l’adaptateur (de la pièce La vénus à la fourrure) un brin cinique, joué par Mathieu Amalric, (véritable sosie de Polanski jeune) et cette pseudo comédienne aux allures vulgaires, interprétée par Emmanuelle Seigner (compagne de Polanski à la ville).

Après ce brillant travelling d’ouverture qui nous mène à ce théâtre délabré en plein Paris, sous une pluie battante, on découvre les personnages de manière extrêmement symbolique : les éclairs de l’orage faisant non pas apparaître le personnage de Vanda mais son ombre, avant son corps; façon d’installer une supériorité de son personnage sur celui de l’adaptateur.

Les 15 premières minutes (soit la rencontre entre Vanda et l’adaptateur) sont brillantissimes et fixent le cadre du film (l’orage renforçant le huis-clos, les dialogues d’une drôlerie et d’une finesse rare). Si, au départ, le rapport de force est clairement déséquilibré en faveur de l’adaptateur (de par sa position sociale, et par le retard de Vanda), le pouvoir va s’équilibrer tout au long du film et finira par changer de main sur la fin.

Polanski, et ses deux acteurs

Polanski, et ses deux acteurs

Pour moi, ce film est profondément féministe, casse les préjugés et célèbre la victoire « toute-puissante » de la femme ( le symbole phallique dans le plan final en est le pied de nez le plus représentif). Mais c’est aussi une formidable leçon de cinéma de Roman Polanski (80 ans il faut le rappeler). Avec ce face-à-face, il parvient à créer une atmosphère tantôt tendue, tantôt intimiste.

Mon seul regret serait peut-être un trop grand nombre de passages où le texte de Sacher-Masoch (inventeur du concept de masochisme) est cité. Le film aurait vraiment gagné en intensité s’il aurait été plus concis sur cette relation entre Vanda et Thomas.

Si La Vénus à la fourrure n’est pas le meilleur film de Polanski (The ghost writer, Le locataire et Le Pianiste étant à mes yeux des purs chefs d’oeuvres), il n’en reste pas moins une oeuvre drôle et renversante aussi bien émotionnellement que sur l’histoire de ce rapport de force. Enfin, c’est un formidable film sur le rapport entre le rôle de l’artiste et sa muse.

 

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SCENARIO 83%
MISE EN SCENE 95%
JEU DES ACTEURS 88%
AMBIANCE SONORE 84%
Vote final

La vénus à la fourrure est un bon huis-clos, drôle et envoûtant, traitant du rapport entre l'artiste et sa muse, et du pouvoir de séduction entre homme et femme.

Note finale 87%
Note des Lecteurs
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    Merci pour votre article je vais essayer de le voir 😉