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Ventos de agosto : Sexo de natureza (ou le sexe de la nature)


Shirley a quitté la grande ville pour vivre dans un petit village au bord de la mer, pour prendre soin de sa grand-mère. Elle trouve un emploi dans une plantation de noix de coco. Même isolée, elle cultive un goût pour le punk rock et rêve de devenir tatoueuse. Un chercheur étrange arrive dans le village pour enregistrer le son des alizés émanant de la zone de convergence intertropicale. Le mois d’août marque en effet l’arrivée des tempêtes et des marées hautes…

  • Réalisateur(s): Gabriel Mascaro
  • Acteurs principaux: Dandara de Morais, Geova Manoel Dos Santos
  • Date de sortie: Inconnu à ce jour
  • Nationalité: Brésilienne

ventos de agosto 2

Présenté en compétition internationale au 34ème Festival international du film d’Amiens, « Ventos de Agosto »en est le représentant brésilien. Tourné avec peu de moyens, le film est le 1er long-métrage de fiction de Gabriel Mascaro, qui jusqu’ici s’illustrait dans le documentaire. Si le film immisce à nouveau des notions de documentaire, il reste avant tout un film de fiction, et un bon et surtout beau film !

« Ventos de agosto » nous montre le pouvoir de la nature que Mascaro filme avec une poésie douce et sublime, et une fois de plus, l’aspect plastique et esthétique surplombe de loin l’aspect narratif, j’y reviendrai. En plus d’être cadré et filmé avec soin, la nature devient le personnage principal du film. Dès le cheminement sublime où la caméra est posée sur un canot devant une femme de dos (image ci-dessus), on découvre une eau paisible, qui semble presque porter la femme et nous spectateur en même temps. Le cadre d’une nature supérieure est posée et le film semble démarrer comme une douceur poétique, où les corps dénudés des deux protagonistes (image ci-dessous) allongés sur les noix de coco semblent se laisser porter par cette nature, où on s’y sent bien.

ventos de agosto

 

Si le film est une mise à nu de la nature, mais aussi des corps qu’il filme, il est aussi dénué d’une véritable narration. En effet, « Ventos de Agosto » pêche par le structure narrative de son film en se penchant d’abord sur le personnage féminin, avant de s’attarder sur le personnage masculin. Au milieu, le film penche encore plus vers le documentaire, avec l’intrusion d’un homme qui capte les sons de ce lieu au Brésil.

De plus, le film s’enlise dans un rythme très lent qui peut endormir à certains moments. Les personnages s’en trouvent totalement happés par cette nature calme au début jusqu’à montrer une nature qui se déchaîne violemment contre les personnages qui y habitent, jusqu’à en tuer un.

« Ventos de Agosto » que l’on pourrait renommer « Sexo de natureza » (en français, le sexe de la nature) est un film à la fois doux et violent, poétique et radical qui se joue du corps (de la scène déjà culte du « lavage » au coca sur le bateau, au travelling montrant le corps putréfié du noyé) et qui montre avec précision, à l’instar d’un film de Terrence Malick, l’emprise de cette nature sur l’homme, où l’eau demeure dans le plan final, l’élément inaliénable.

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SCENARIO 61%
MISE EN SCENE 87%
ACTEURS 66%
PHOTOGRAPHIE 96%
APPRECIATION GENERALE 81%
Vote final

Licorne d'Or au 34ème Festival du film d'Amiens, "Ventos de Agosto" est un film à la fois doux et violent, poétique et radical, qui se joue de la question du corps et qui montre avec précision et beauté l'emprise de la nature sur l'Homme.

Note finale 78%