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Un violent désir de bonheur : Plombant et théâtral (Au cinéma le 26 décembre)


1792. Loin de l’épicentre de la Révolution Française, le couvent du jeune moine Gabriel est réquisitionné comme caserne par les troupes révolutionnaires. Une cohabitation forcée entre moines et soldats s’ensuit, qui ne laisse pas Gabriel indifférent aux idées nouvelles.  
  • Réalisateur(s): Clément Schneider
  • Acteurs principaux: Quentin Dolmaire, Grace Seri, Francis Leplay
  • Date de sortie: 26/12/2018
  • Nationalité: Française

Film présenté en Compétition officielle au Festival du film des costumes des villes soeurs (Mers Les Bains/Le Tréport/Eu)

Cinq ans après son dernier long-métrage « Etudes d’un paysage amoureux », le cinéaste Clément Schneider signe avec « Un violent désir de bonheur » son deuxième long-métrage seulement. Reparti bredouille du Festival de film des costumes des villes soeurs, le film a reçu un accueil plutôt froid auprès du film, applaudissant poliment sans adhérer totalement. Il est vrai que ce « Violent désir de bonheur », qui sortira en salles à Noël soit le 26 décembre prochain, est un film assez atypique. Bénéficiant d’un budget restreint, le film a dû être tourné en seulement 3 semaines et demie, et était conçu au départ pour être un moyen-métrage. C’est lors du montage final que le film toutefois très court (1h16) a été « requalifié » en long-métrage.

« Un violent désir de bonheur » est l’exact opposé d’un point de vue strictement cinématographique à « Un peuple et son roi » de Pierre Schoeller. Si les deux films se déroulent tous deux lors de la Révolution française, le film de Schoeller est construite comme une exposition frontale des événements avec un budget très imposant, ce film de Schneider est résolument plus sec en se passant en périphérie de la Révolution, avec un budget beaucoup (mais vraiment beaucoup !) plus modeste. On serait tenté de dire que le budget d’un film ne fait pas tout, et d’autres films au budget très modeste sont de véritables pépites (comme « Ma vie avec James Dean »). Malheureusement, dans le cas d’ « Un violent désir de bonheur », le manque de budget se voit clairement et rend le film assez indigeste. Certes, le soin accordé aux costumes et la lumière sublime des décors naturels apportent une réelle plus-value au film, celui-ci se retrouve à être plombé par son récit très confus et ses dialogues indigestes, se rajoutant à la longue liste de films d’auteurs engoncés et très (trop) intellectualisé. La première moitié du film en particulier est terriblement ennuyeuse, et Quentin Dolmaire prouve une nouvelle fois qu’il serait bien meilleur comédien au théâtre qu’acteur de cinéma. (Pour information, j’avais détesté « Trois souvenirs de ma jeunesse » de Desplechin dans lequel il tenais le premier rôle) Si la seconde moitié autour de l’histoire d’amour pudique et culottée pour l’époque entre Gabriel (Quentin Dolmaire) et Marianne (Grace Seri) ré hausse un peu l’ensemble, « Un violent désir de bonheur » ne parvient jamais à captiver, en raison de dialogues trop écrits et d’un scénario fragmenté.

Rendez vous en salles le 26 décembre prochain pour vous en faire une idée.

 

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SCENARIO 36%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 55%
PHOTOGRAPHIE 70%
BANDE SON 31%
APPRECIATION GENERALE 55%
Vote final

Reparti bredouille du Festival du film des villes soeurs, "Un violent désir de bonheur" prend le contre-pied d' "Un peuple et son roi" dans son budget et son casting. Certes, la photographie très lumineuse est sublime. Malheureusement, son jeu d'acteur trop théâtral et son récit trop faiblard échouent à rendre ce film passionnant.

Note finale 51%