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Un peu, beaucoup, aveuglément : Un « machin » sympa


Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir…

  • Réalisateur(s): Clovis Cornillac
  • Acteurs principaux: Clovis Cornillac, Mélanie Bernier, Philippe Duquesne
  • Date de sortie: 06/05/2015
  • Nationalité: Française
Un premier film séduisant et plein de bonnes intentions

Un premier film séduisant et plein de bonnes intentions !

Acteur reconnu dans le cinéma français et particulièrement dans la comédie (« Astérix », « Radiostars », « Brice de Nice ») ou le polar (« Le serpent », « Cash »), Clovis Cornillac nous délivre cette fois sa première réalisation. A l’instar d’Alex Lutz avec « Le talent de mes amis », c’est donc une nouvelle fois un comédien qui passe à la mise en scène. Et si l’on peut toujours craindre les premiers pas d’un comédien dans la réalisation, son film a tous les attraits d’une solide comédie romantique avec une pointe de modernité. Dans cette sorte de guerre des voisins new look entre un homme irascible (joué par Cornillac lui-même) qui ne « vit » que par le silence et ses expériences scientifiques,  et une pétillante jeune femme (Mélanie Bernier) préparant un important concours de piano, avec une pression sociale colossale venant de son père, Cornillac parvient à éviter – la plupart du temps- les écueils de la comédie romantique.

Car si je dois bien vous le confesser, j’en ai ras le bol des comédies romantiques (françaises en particulier) qui passent leur temps à se regarder le nombril avec une épuisante facilité, « Un peu, beaucoup, aveuglément » -soulignons au passage la finesse du titre- dégage une idée de départ singulière, celle de créer une comédie romantique où les deux protagonistes ne se voient pas. Leur seul moyen d’entrer en relation passe par le son et la parole, donnant lieu au départ à de fâcheuses situations, puis au fil du film à d’incroyables quiproquo, la jalousie faisant son nid dans le film (comme dans n’importe quelle comédie romantique). On pardonnera les quelques niaiseries et certains ressorts un peu simplistes et déjà vu, tant le film se révèle assez attachant et bienveillant envers les personnages, que Cornillac ne prend pas de haut, et parvient à les comprendre. Il y’a toujours une bonne raison pour chaque personnage, même pour celui interprété par Philippe Duquesne (qui certes, a souvent là peu près les mêmes rôles) mais qui fait toujours énormément rire.

Enfin, c’est suffisamment rare pour le dire, on ressent et l’on perçoit le travail minutieux de Cornillac dans sa mise en scène qui déploie une symétrie des appartements donnant lieu à des décalages de situations et d’espaces (le repas de « présentation » à son meilleur ami en est l’exemple frappant), et la scène finale que je ne révélerais pas, mais que l’on peut facilement deviner, est divinement bien faite, assez inédit dans une comédie. Notons aussi un travail sur le son et le choix des musiques assez poussé, qui suit l’évolution des personnages : le fameux « R.E.S.P.E.C.T » que le personnage féminin écorche sans arrêt ,au moment même où les personnages se crêpent le chignon prend tout son sens.

UN PEU BEAUCOUP AVEUGLEMENT PHOTO3

 

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SCENARIO 78%
MISE EN SCENE 82%
ACTEURS 73%
BANDE SON 80%
HUMOUR 78%
APPRECIATION GENERALE 76%
Vote final

Si je vous confesse que les comédies romantiques françaises me hérissent le poil bien souvent, "Un peu, beaucoup, aveuglément", premier film réalisé par Clovis Cornillac se révèle réussi en misant sur un concept singulier (la parole et le son comme uniques moyens de séduire), le tout avec une bienveillance, et une mise en scène bien plus travaillée que dans la plupart des comédies.

Note finale 77%