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Un jour, mon prince : Vite vu, vite oublié…


Il y a presque cent ans que La Belle au Bois dormant est plongée dans un profond sommeil. Or jusqu’ici, aucun prince n’a réussi à la réveiller d’un baiser. Et le temps presse : si aucun candidat sérieux ne se présente, le royaume des fées risque de disparaître à jamais. La Reine Titiana envoie donc deux fées à Paris, Blondine et Mélusine, avec une mission spéciale : trouver l’homme idéal. Mais nos deux fées, propulsées au 21ème siècle, vont vite se rendre compte que la tâche est plus compliquée qu’elle n’y paraît…

  • Réalisateur(s): Flavia Coste
  • Acteurs principaux: Sarah-Jeanne Labrosse, Mylène Saint-Sauveur, Pierre-François Martin-Laval et Catherine Jacob
  • Date de sortie: 11/01/2017
  • Nationalité: Française

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Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages depuis le début des années 2000, Flavia Coste s’attèle à son tout premier long-métrage, où selon ses propres termes, elle est allé à l’encontre de tous les conseils que son entourage lui a donné. Elle déclare : « Surtout ne pas commencer par une comédie, ne pas prendre d’enfants, pas d’animaux, peu d’acteurs, pas de costumes, pas d’effets spéciaux. Forte de tous ces conseils, j’ai donc réalisé un film avec tous ces ingrédients. » L’objectif de la cinéaste est détourner volontairement et librement « La belle au bois dormant » de Charles Perrault en inscrivant ce conte utopique et légendaire dans notre monde moderne. L’autre volonté de Flavia Coste était de réaliser un film qui puisse parler à toutes les générations, comme elle le précise : « Un jour, mon prince est accessible à tous, de 8 à 88 ans ! Les contes de fées dont partie de la culture commune, tout le monde les a lu, c’est un langage universel, ils appartiennent à tous. »

Lorsqu’un premier film sort dans une période aussi creuse au niveau du box office, mais aussi riche en nombre de sorties par semaines, ce n’est jamais très bon signe. Coincé entre la présence du biopic sur « Dalida », les quatre autres film français avec des acteurs plus connus, ainsi que les trois autres grosses machines américaines, « Un jour mon prince » a tout pour passer inaperçu, ce qui va (à coup sûr) faire. Car si le mélange des genres est toujours appréciable, où la comédie immerge une fantaisie assez bienvenue et bienveillante, le film est loin de se montrer inoubliable. Nous sommes dans le monde des fées, la Reine(incarnée par Catherine Jacob) doit faire face à un épineux problème : La Belle est plongé dans un sommeil profond depuis près de 100 ans et seul le baiser d’un prince charmant pourrait la réveiller. D’autant que le temps presse, le royaume des fées menace de disparaître. La Reine décide donc d’expédier deux de ses fées au fort accent québécois en France afin de trouver LE prince qui pourra embrasser la Belle. Une mission simple en apparence mais qui va se révéler plus que périlleuse.

Si les intentions de la cinéaste autour de ce décalage entre la poésie et le rêve issu du conte qui se heurte avec la modernité parisienne est louable, le film reste beaucoup trop sur le chemin du cinéma bon enfant, et n’explore que beaucoup trop timidement le discours intérieur du film. En clair, Flavia Coste s’attarde beaucoup sur le contraste entre le romantisme des fées (autour de cette question de l’amour unique) et la réalité d’aujourd’hui où les sites de rencontres et les rencontres sans lendemains sont légion. Pas forcément désagréable, « Un jour, mon prince » n’a rien de mémorable, ni dans ses dialogues ou ses situations prévisibles, ni dans ses acteurs qui surjouent beaucoup, et encore moins dans son humour, où le film ne parvient qu’à nous arracher deux ou trois sourires, mais jamais les rires espérés. Pire, le film flirte parfois avec un discours rétrograde, où les personnages ayant un regard différent sur l’amour sont jugés négativement par la cinéaste. Tout comme les personnages de SDF dont la cinéaste semble se moquer assez ouvertement, ce qui provoque une certaine gêne. Mentionnons en revanche des effets spéciaux (certes timides) mais bien réalisés pour un film français, et un scénario qui tient relativement la route. Il manque en revanche un réel regard de mise en scène de Flavia Coste qui filme son premier long d’une manière assez banale, digne d’un téléfilm.

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SCENARIO 51%
MISE EN SCENE 48%
ACTEURS 58%
PHOTOGRAPHIE 55%
HUMOUR 30%
APPRECIATION GENERALE 58%
Vote final

Sans être la catastrophe annoncée, « Un jour, mon prince » a tout d'un film qui sera vite oublié. Malgré la fantaisie agréable délivrée par Flavia Coste, cette comédie comporte beaucoup trop de lacunes pour convaincre, aussi bien dans son manque d'humour (voire des situations limites discriminantes) que dans ses clichés et ses lourdeurs.

Note finale 50%