Nos avis Ciné

Un homme idéal : un thriller brillant !


Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement…
Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un vieil homme solitaire qui vient de décéder. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom…
Devenu le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française, et alors que l’attente autour de son second roman devient chaque jour plus pressante, Mathieu va plonger dans une spirale mensongère et criminelle pour préserver à tout prix son secret…

  • Réalisateur(s): Yann Gozlan
  • Acteurs principaux: Pierre Niney, Ana Girardot, André Marcon
  • Date de sortie: 18/03/2015
  • Nationalité: Française
Un Pierre Niney transfiguré !

Un Pierre Niney transfiguré !

Un mois après son sacre du César du meilleur acteur (pour son rôle dans « Yves Saint-Laurent »), on retrouve avec grand plaisir Pierre Niney, dans un nouveau rôle complètement différent, celui d’un écrivain qui va voir sa carrière et sa vie changer après qu’il ait décidé de recopier (il n’y a pas d’autre mot) le récit d’un combattant de la guerre d’Algérie. Le succès de « son » livre « Sable Noir » sera au rendez-vous mais le passé refait surface, et un homme mystérieux va se réclamer de cet ouvrage plagié.

Il y’a deux ans était sorti le film « Les yeux jaunes du crocodile » qui abordait le même thème, mais de manière beaucoup plus (et beaucoup trop) mélodramatique. Ici, Yann Gozlan, qui signe ici son deuxième long-métrage (après le film d’horreur « Captifs » en 2009) insuffle à ce film tous les codes du bon thriller (un secret difficilement avouable, une traque, des rebondissements et des hallucinations). En traitant de la question « Doit-on tout à ses proches, au risque de les perdre? », Gozlan signe un thriller haletant, brillant et étouffant, où le noir secret de Mathieu se fond dans les paysages ensoleillés de la Côte d’Azur. On ne peut qu’applaudir la performance de Pierre Niney, absolument remarquable dans un rôle inédit pour lui (alors qu’on avait plutôt l’habitude de le voir dans des comédies, jusqu’à « Yves Saint-Laurent »).

Parabole de « Plein soleil » (René Clément, 1960) et de « La piscine » (Jacques Deray, 1969),« Un homme idéal » est avant tout un film brillamment réalisé, où Gozlan se joue des paradoxes d’un homme et du fossé qui se creuse entre ce qu’il est réellement et ce qu’il aurait voulu être. En cela, le motif du ventilateur très présent tout au long du film, insiste aussi bien sur l’aspect tourbillonnant de l’objet (représentation physique du tourbillon par le mensonge) que sur le lien entre Mathieu et son ordinateur, souligné par le mouvement rotatif gauche-droite. Le jeu du voile autour du mystère est très bien représenté également, et on pense aussi aux influences de Roman Polanski (et surtout à « Un couteau dans l’eau » et « Chinatown ») dans la façon de développer de la noirceur dans un univers très lumineux et presque paradisiaque. 

Finalement, le seul défaut du film est sa toute fin, qui ternit un peu l’ensemble. SPOILER : L’absence de résolution du mensonge laisse planer beaucoup de doutes, marqué d’invraisemblances (l’identification du faux corps laisse perplexe). FIN DU SPOILER. Mais pour un deuxième film, on pardonnera au réalisateur ce léger défaut. Le tout restant un très bon film malgré tout.

UN HOMME IDEAL, un film de Yann Gozlan avec Pierre Niney et Ana Girardot

email
SCENARIO 77%
MISE EN SCENE 87%
ACTEURS 92%
BANDE SON 85%
PHOTOGRAPHIE 88%
APPRECIATION GENERALE 90%
Vote final

En traitant de la question morale "Doit-on tout dire à ses proches, au risque de les perdre?" , Yann Gozlan signe un thriller haletant, étouffant et brillant, porté par la performance remarquable de Pierre Niney et par le contraste permanent entre la noirceur et la luminosité de sa photographie. Seul petit regret : la fin, qui laisse quelque peu perplexe...

Note finale 86%