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Umrika : L’illusion d’un eldorado américain


Les habitants de Jivatpur sont galvanisés par le voyage de l’un d’entre eux, parti conquérir « Umrika ». L’Amérique, ils la découvrent à travers les cartes postales qu’il envoie. Mais quand il cesse d’écrire, son petit frère se lance à sa recherche.

  • Réalisateur(s): Prashant Nair
  • Acteurs principaux: Suraj Sharma, Tony Revolori, Prateik Babbar
  • Date de sortie: 29/07/2015
  • Nationalité: Indienne

Umrika

Révélation de « L’Odyssée de Pi »(2012) et confirmé dans la quatrième saison d' »Homeland », c’est tout naturellement que l’on retrouve le jeune acteur  indien Suraj Sharma dans ce film indien, conçu à l’intérieur même d’Hollywood. Dans « Umrika », on suit la vie d’un village en effervescence suite au départ d’Udai en Amérique (la fameuse Umrika). Les habitants sont suspendus aux récits épistolaires de ce dernier, quand soudainement, il cesse d’écrire. 10 ans plus tard, son frère cadet Ramakant décide de partir à sa recherche. De prime abord, l’affiche et la bande-annonce laisse supposer un feel-good movie relié à un road-movie drôle et sympathique, à l’instar du récent « The lunchbox » ou encore de « Slumdog millionnaire ». Dans la première partie du film, en effet, on suit avec humour et décalage ce village reculé où les habitants regorgent d’imagination pour apporter « un bout d’Amérique » chez eux.

Cependant, au lieu de se conformer dans une histoire confortable, le réalisateur Prashant Nair (qui signe là son second long-métrage) change le braquet de son film pour le faire aller dans une direction plus dramatique, tout en surprenant par quelques saillies comiques. C’est globalement l’une des forces d' »Umrika », le film surprend constamment et ne va jamais là où on l’attend. Si cette qualité est plus que bienvenue dans un paysage cinématographique où l’on pourrait critiquer son absence d’inventivité, cela s’accompagne d’une certaine frustration de ne pas voir une opposition plus marquée et plus tranchante entre les deux cultures (et l’absence de rencontre entre celles ci), comme pour appuyer le fait que la culture occidentale enrichirait la culture orientale, et non l’inverse.

L’intelligence de la mise en scène de Nair est de refuser le numérique, pour opter pour un tournage en Super 16 afin, selon lui, « que le grain et la texture nous transportent dans un autre temps ». Prix du Public au dernier Festival de Sundance, « Umrika » surprend dans sa dernière demie-heure, prenant une autre direction inattendue (qui peut décevoir certains spectateurs), mais qui traite en filigrane avec subtilité de l’impossibilité d’un eldorado, comme si l’Umrika n’existe pas pour cette population, comme un fantasme, un mythe irréel et impalpable ou une poésie douce-amère évanescente.

BANDE ANNONCE d’UMRIKA :

 

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SCENARIO 76%
MISE EN SCENE 81%
ACTEURS 84%
BANDE SON 71%
PHOTOGRAPHIE 79%
APPRECIATION GENERALE 78%
Vote final

Prix du Public au Festival de Sundance, "Umrika" (rare film actuel tourné en super 16), ne va jamais là où on l'attend. Démarrant comme un feel-good movie épistolaire, le film bifurque vers un drame qui traite de l'impossible eldorado que le rêve américain n'existe pas.

Note finale 78%