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Tu ne tueras point : Un grand film !


Interdit aux moins de 12 ans
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.

  • Réalisateur(s): Mel Gibson
  • Acteurs principaux: Andrew Garfield, Vince Vaughn et Teresa Palmer
  • Date de sortie: 09/11/2016
  • Nationalité: Américaine

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Adepte des films mettant en avant l’héroisme (en témoigne « Braveheart » en 1995 ou « La passion du Christ » en 2004), Mel Gibson signe son grand retour derrière la caméra, dix ans après son dernier long « Apocalypto », quelques mois à peine après avoir également fait son retour gagnant en tant qu’acteur dans « Blood father ». La production de « Tu ne tueras point » a été particulièrement longue, quatorze ans se sont écoulés entre l’idée de tourner ce film et la production effective du film. Ovationné pendant 10 minutes à la dernière Mostra de Venise, « Tu ne tueras point » présente l’histoire vraie de Desmond Doss, un soldat américain refusant de tuer, et qui sauva à lui seul environ 75 vies. Un acte héroique qui lui valu de recevoir la Médaille d’honneur, la plus haute distinction militaire aux Etats-Unis. Le véritable soldat Doss s’est longtemps opposé à voir sa vie adaptée sur grand écran, comme l’explique le producteur Bill Mechanic : « Il ne voulair pas se mettre en avant car cela allait à l’encontre de ses valeurs. Ce n’est qu’au crépuscule de son existence qu’il s’est laissé convaincre qu’il était temps de raconter son histoire pour la postérité. »

Cette histoire est purement cinématographique et fait parti du genre de destins dont Hollywood raffole, à savoir raconter un personnage méprisé de tous devenir un héros national. Pas si éloigné du « Sully », « Tu ne tueras point » se décompose en trois parties, une première partie mineure où l’on voit Desmond enfant. Suite à une chamaillerie qui tourne mal avec son frère, Desmond va se rapprocher de la religion et se jurer de toujours établir ses actes selon sa foi, dont l’un des 10 commandements issu de la Bible, et qui donne son nom au film « Tu ne tueras point ». Cette introduction certes importante dans la construction du personnage, se révèle un peu longuette prend un ton faussement tendre, avec cette histoire d’amour entre Desmond et sa femme Dorothy, infirmière. Le film prend une autre tournure nettement plus palpitante dans sa deuxième partie, dans une scène très fortement inspirée de « Full Metal Jacket » de Kubrick, où le sergent chef dirige les soldats d’une manière très autoritaire. Dans ce camp d’entraînement, Desmond fait part de sa volonté de ne pas se servir d’armes, il veut seulement aider médicalement les blessés. Appelé « la brindille » et méprisé de tous, Desmond va enfin recevoir l’accord pour combattre sans armes.

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C’est cette dernière partie s’étalant sur plus d’une heure que « Tu ne tueras point » déploie une puissance d’une intensité rare. On se retrouve immergés sur le champ de batailles sur l’île d’Okinawa, opposant américains et japonais. Mel Gibson frappe extrêmement fort dans cette violence immersive, qui nous prend littéralement aux tripes. Le cinéaste nous montre des membres déchirés, des giclées de sang, des corps réduits en morceaux, en ne nous épargnant rien de cette barbarie. Saisissants de réalisme, les combats au cœur de l’enfer sur Terre, se retrouve en balance avec l’entêtement poignant de Desmond à vouloir sauver les siens un par un, en évitant les balles. Andrew Garfield y est ici extraordinaire dans sa quête de sens qui passe par la religion.

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SCENARIO 82%
MISE EN SCENE 92%
ACTEURS 89%
PHOTOGRAPHIE ET EFFETS SPECIAUX 93%
BANDE SON 87%
APPRECIATION GENERALE 86%
Vote final

Porté par un rythme trépident, « Tu ne tueras point » renouvelle le film de guerre, avec des combats d'une violence inouïe et d'un réalisme saisissant, tout en lui ajoutant une valeur héroïque teinté d'un discours religieux autour de l'humanité toute puissante. Un grand film !

Note finale 88%