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Trilogie Jurassic Park : « Je possède une île au large du Costa Rica… »


Synopsis du Premier film : Ne pas réveiller le chat qui dort… C’est ce que le milliardaire John Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le « clonage » de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire renaître une dizaine d’espèces de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Ellie, à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était sans compter la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry, et éventuellement des dinosaures, seuls maîtres sur l’île…

  • Réalisateur(s): Steven Spielberg
  • Acteurs principaux: Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum
  • Date de sortie: 20/10/1993
  • Nationalité: Américaine

 

Un film époustouflant, et grand classique du 7ème art

Un film époustouflant, et grand classique du 7ème art

A quelques jours de la sortie événement de « Jurassic World » (de Colin Trevorrow, dont vous trouverez la critique dès ce mercredi), il est plus que temps de revenir sur cette trilogie exceptionnelle où le premier opus a révolutionné les effets spéciaux et plus généralement l’approche du blockbuster américain. Tout a commencé en octobre 1993 avec ce premier « Jurassic Park » (qui est ressorti en 2013 en version 3D). Un film que j’ai du voir véritablement une bonne centaine de fois (sans aucun doute le film que j’ai le plus vu) de mon enfance à aujourd’hui. Et paradoxalement, si je le connais quasiment les dialogues par coeur, à chaque nouvelle visionnage, je repère un petit détail qui m’avait échappé ou une imperfection dans le montage.

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Adaptation de l’oeuvre de Michael Crichton, « Jurassic Park » s’impose comme une grande aventure, un grand 8 émotionnel, et c’est avant tout « un film attraction », un film fascinant qui impose sa patte sur le cinéma. Réalisé par le grand Steven Spielberg (juste avant « La liste de Schindler »), « Jurassic Park » commence par une scène comme issue d’un cauchemar, dont on ne sais pas d’avance si elle fait parti de la réalité ou non (l’accident sur l’enclos du vélociraptor). Après avoir fait connaissance de l’avocat et des deux personnages (Alan et Elie), archéologues qui déterrent les ossements de dinosaures, on commence à comprendre le rêve du vieillard John Hammond de créer un parc d’attraction tout à fait particulier, au delà de l’imaginable. Tissé de manière très intelligente, on comprend par avance le plan destructeur de Dennis, avant même l’arrivée du groupe sur l’île. Cette arrivée sur l’île laisse d’abord place à l’émerveillement, celui de voir pour ces personnages un brachiosaure en chair et en os! Pris sur le vif de l’émotion, il s’agira ensuite de comprendre comment cela a t-il pu être possible, par une visite mêlant pédagogie forcenée, technologie hyper sophistiquée pour l’époque (les voitures sur le rail, les écrans tactiles déja!). Cette visite va se mettre à dérailler pour la plus grande peur (et un certain plaisir aussi) du spectateur lors d’une des scènes les plus mythiques du cinéma, celle de l’attaque du T-Rex contre les deux voitures (Celle de l’avocat, Lex et Tim d’un côté, et celle d’Alan et Malcolm de l’autre). D’une simplicité biblique, cette scène n’a pas pris une ride, et se révèle d’une efficacité incroyable. Tous les enfants ayant vus cette scène s’en rappelleront, de par le fait que ce sont les enfants les plus souvent menacés, si l’on ajoute cette scène presque irréelle et pleine de suspense des vélociraptors dans la cuisine.  Cette séquence est à mon sens, la plus terrifiante de l’histoire du cinéma, dans le sens de faire émerger une situation extraordinaire et surréaliste dans un cadre la plus domestique et commune qui soit.

Tout dans ce film participe à un émerveillement presque enfantin et universel : la musique absolument fantastique de John Williams, les dinosaures en animatroniques du regretté Stan Winston, le regard bleu profond de Sam Neill ou encore la mise en scène de Spielberg qui ménage les surprises visuelles, donnant lieu à un film-spectacle unique. Quelques chiffres pour témoigner de l’importance de ce film : 6 715 810 entrées (en tenant compte du chiffre de la ressortie 3D en 2013), plus d’un milliard de recettes mondiales (13ème film de tous les temps), il a aussi été le plus grand succès du box-office mondial de 1993 à 1998 (jusque la sortie de « Titanic »). Enfin, le film a également remporté trois Oscars techniques en 1994 : meilleurs effets spéciaux, meilleur montage de son et meilleur mixage de son.

 

Une suite plus sombre

Une suite plus sombre mais tout aussi efficace…

Quatre ans ont passé après le désastre du parc sur Isla Nublar, et le premier « Jurassic Parc », et l’intrigue (assez intelligente il faut dire) nous apprend l’existence d’une deuxième île Isla Sorna où sont « élevés » les dinosaures avant de les renvoyer dans le « Jurassic Park ». Un incident sur cette île (une fillette attaquée par une troupe de compsos, des mini-dinosaures effrayants) est utilisé par le neveu de John Hammond, Peter Ludlow, pour démettre son oncle de la présidence d’InGen et renflouer la compagnie en créant un nouveau parc d’attraction à San Diego en Californie. Hammond décide donc à la hâte de faire créer une équipe dans le but de préserver l’écosystème de l’île. « Ne vous inquiétez pas, je ne referrais pas les mêmes erreurs » lance Hammond à Malcolm à qui il fait appel. Celui ci se trouve « obligé » d’accepter lorsqu’il apprend que Sarah, sa petite amie, se trouve déjà sur Isla Sorna. La première bonne idée est de refaire appel à Jeff Goldblum (Ian Malcolm), car non seulement il apporte un humour teinté d’ironie sur les situations, mais aussi parce qu’on l’avait un peu laissé en plan (une fois blessé à la moitié de JP1, l’intrigue le met de côté et c’est un peu dommage). Cela permet aussi d’intégrer à l’intrigue un personnage qui a déjà eu contact avec ces dinosaures modifiés.

Une nouvelle fois, rien ne se passera comme prévu ! Sarah va vouloir guérir un bébé T-rex, avant que sa mère n’attaque la caravane dans laquelle les personnages se trouvent. Dans cette suite où l’on trouve une quantité plus importante de personnages, le film se dévoile plus sombre et plus nostalgique d’une certaine façon du premier opus, on assiste au basculement d’un monde pillé par l’homme dans un but financier, là où le projet initial d’Hammond se trouvait avant tout dans la volonté de faire vibrer l’âme des enfants. L’autre idée intéressante du film est de montrer l’intérêt financier qui prime sur le « rêve » de gosse. Si JP1 était dans une visite accueillante avant que tout dégénère, « Le monde perdu » montre un envahissement inhospitalier dans le but de piller. En ce sens, l’emboîtement des deux films est quasi parfaite. Ce film est un peu plus critiquable à certains moments (un rythme un peu aléatoire, un thème musical qui se joue plus de nuances, mais moins réussi à mon sens), mais il se dégage plusieurs séquences fortes. Comment oublier les deux scènes des raptors « N’allez pas dans les hautes herbes!!!! » ou encore la scène dans la grange, tout en surprises. Une fois les personnages principaux sauvés, on se dit que le film se termine, et là, quelle belle idée de Spielberg de confronter le T-Rex à San Diego!! A la manière de King Kong, dont le cinéaste fait de nombreux clins d’oeil, l’arrivée du monstre dans la ville crée un écho encore plus sombre avec le premier film. Le neveu d’Hammond ayant fait une encore plus grosse bétise que son oncle. Si le T-rex passe très peu de temps à San Diego (ce qui est un peu dommage), cette visite ravageuse inattendue se révèle incroyablement bien faite, pour une suite plus subtile peut-être et très réussie également.

« Le monde perdu » a tout de même attiré 4.862.258 entrées en France, soit presque 2 millions de moins que le premier opus, mais ce qui reste un très bon score malgré tout.

La vrai star de Jurassic Park 3, c'est lui !!

La vrai star de Jurassic Park 3, c’est lui !!

Contrairement aux deux premiers opus, le troisième volet de « Jurassic Park », sorti en 2001, n’est pas une adaptation d’un roman de Michael Crichton. Cette nouvelle suite part d’un postulat de départ déjà moins intéressant que les deux premiers opus, celui d’un couple divorcé qui essaie d’enrôler Alan Grant pour faire le tour de l’île à bord d’un petit avion. Après une scène introductive qui comme toujours se place dans une attaque mystère, c’est le retour sur Isla Sorna, la même île que « JP2 ». Si le début du film installe une sorte de nostalgie (avec le retour d’Alan et Elie, le couple phare de JP1), la suite du film se révèle moins spectaculaire et globalement plus attendue que les deux premiers films. 

Tout d’abord, cela tient du fait que le nouveau dinosaure (appelez-le le spinosaure!) est moins impressionnant que le célèbre T-rex auquel on s’est attaché pendant les deux premiers films. Son arrivée pourtant brutale à l’écran laisse place à un dinosaure dont on sens un peu trop l’animatronique dans ce film. Si l’on sens que Joe Johnston, qui succède à Spielberg, a misé à fond sur ce nouveau dinosaure, en lui consacrant plusieurs scènes importantes (l’attaque de l’avion, celle près de la grille et sur le bateau à la fin), cela n’en reste pas moins qu’il est moins terrifiant, à mon sens, que le T-rex. La relative déception du film réside aussi dans le fait que les attaques sont beaucoup moins nombreuses que « JP2 » (avec moins de morts!!) et plus prévisibles que « JP1 », et le fait que les personnages soient globalement moins attachants participent aussi du manque que l’on éprouve en regardant ce film. 

Heureusement, la vraie star du film n’est pas véritablement le spinosaure mais le vélociraptor ! Le film montre comment ces animaux parviennent à communiquer entre eux. Si tout n’est pas forcément intéressant, le fait est que Johnston creuse cette piste intelligente, que les deux premiers n’avaient pas vraiment mis leur patte. (A noter que « Jurassic World » a l’air de creuser encore plus cette piste en mettant en avant un personnage de dresseur de raptor, ce qui fait beaucoup parler, mais que je trouve dans la logique de la saga). La scène des ptéranodons permet aussi d’innover avec ces dinosaures très connus mais quasiment pas utilisés(à peine aperçus dans JP2). Cette scène rondement menée est une des réussites du film de par un travail de mise en scène plus virtuose et audacieux. Moins réussi techniquement, (John Williams absent aussi), le film n’a réuni que 2.069.263 entrées chez nous (soit plus de la moitié de la fréquentation en moins de JP2).

 

Place à Jurassic World !!

Place à Jurassic World !!

Alors, quatorze ans après « Jurassic Park 3 » et vingt deux ans après le tout premier « Jurassic Park », l’attente est considérable pour « Jurassic World ». D’après les informations que l’on dispose, ce serait un retour sur la première île (Isla Nublar) dans lequel on verrait le parc construit (et le rêve de Hammond réalisé). Tout laisse à penser que ce film s’annonce spectaculaire d’un point de vue effets spéciaux (en alternant animatronique et effets visuels), en faisant à la fois des références aux trois premiers films, et en installant une modernité bienvenue. Rendez-vous dès mercredi pour ce très attendu « Jurassic World » !!

 

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SCENARIO 93%
MISE EN SCENE 94%
ACTEURS 91%
BANDE SON 98%
EFFETS SPECIAUX 97%
APPRECIATION GENERALE 97%
Vote final

A trois jours de la sortie événement de "Jurassic World", retour sur cette trilogie magique qui a révolutionné le cinéma techniquement. Un premier "Jurassic Park" créant le principe du film-attraction et un émerveillement pour les yeux. Un second "Jurassic Park 2, Le monde perdu" plus sombre mais globalement réussi, et un troisième "Jurassic Park" moins convaincant et spectaculaire mais explorant des pistes nouvelles.

Note finale 95%