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Tout ce qu’il me reste de la révolution : Une comédie ratée ! (Au cinéma le 6 février)


Comédie (France) de Judith Davis, avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, sortie au cinéma le 9 février 2019

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.
Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

Présenté au Festival du film d’Arras en avant-première

Auréolé du Prix du jury au festival du film francophone d’Angoulême, « Tout ce qui me reste de la révolution » fut présenté en avant-première lors du festival du film d’Arras ce samedi 3 novembre, à un horaire « idéal » pour être vu par un maximum de personnes, à savoir 19h. Premier film de l’actrice-réalisatrice Judith Davis, « Tout ce qui me reste de la révolution » suit donc Angèle, une jeune femme qui se bat à contre-temps pour ses propres idéaux anti-capitalistes, là où la société a dérivé dans une absence de respect et de bêtise omniprésente. Dans sa famille, au départ très militante, tout le monde a baissé les bras, en particulier sa mère qui s’est « exilée » à la campagne. Elle fait parti d’un petit groupe d’activistes syndicaux, un peu paumé et qui manque de bras et de moyens.

Les films français engagés ne font pas parti de la branche la plus représentative. Son principal représentant serait Michel Leclerc qui s’était fait connaître avec « Le nom des gens » (révélant au passage le talent de Sara Forestier) et avait enchaîné avec « Télé gaucho ». Judith Davis avait pour ambition de se fondre dans ce moule, en tirant le portrait d’une sorte de croisement improbable entre Bridget Jones et Don Quichotte. Le résultat est malheureusement loin d’être à la hauteur. Ce film -pourtant étalé sur 1h28 seulement- paraît interminable. Ceci en raison d’une écriture assez chaotique et d’un gros problème de rythme. Le manque d’une colonne vertébrale au scénario donne l’impression qu’il est en roues libres tout du long, les dialogues trop écrits tombent souvent à plat et les personnages apparaissent comme bien fades. En réalité, le film aurait pu se nommer « tout ce qu’il ne faut pas faire dans la comédie française ». L’absence de point de vue de la réalisatrice se fait cruellement ressentir et son côté théâtral déçoit, autant qu’il agace. Si la performance de Judith Davis et de Malik Zidi sauvent un peu l’ensemble, la comédie se rate par son manque d’humour, le manque de structure du récit et son scénario en roues libres.

 

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SCENARIO 36%
MISE EN SCENE 55%
ACTEURS 64%
PHOTOGRAPHIE 54%
HUMOUR 42%
APPRECIATION GENERALE 36%
Vote final

Présenté en avant-première au festival du film d'Arras (sortie en salles prévue le 6 février), "Tout ce qu'il me reste de la révolution" est une comédie militante ratée et insipide ! En développant un scénario manquant cruellement de structure et d'humour, Judith Davis manque le coche et signe un film assez agaçant et inabouti.

Note finale 47%