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The walk, rêver plus haut : La mort suspendue


Douze hommes ont marchés sur la Lune, mais un seul homme, Philippe Petit réussira à traverser l’immense vide entre les deux tours du World Trade Center. Guidé par son mentor Papa Rudy, et avec l’aide d’un groupe international de recrues, Petit et son entourage surmonteront contre attente trahisons, discordes et multiples dangers afin de mener à terme leur incroyable projet.

  • Réalisateur(s): Robert Zemeckis
  • Acteurs principaux: Joseph Gordon Levitt, Ben Kingsley, Charlotte Le Bon
  • Date de sortie: 28/10/2015
  • Nationalité: Américaine

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Quelle histoire absolument folle de cet homme, français, Philippe Petit, qui a eu l’idée dingue de tendre un fil entre les deux tours du World Trade Center, et d’y marcher le 7 août 1974, peu de temps avant son « ouverture ». Pour transposer ce projet fou en film, qui de mieux que Robert Zemeckis, un des cinéastes les plus doués pour raconter des histoires hors du commun en les ramenant à l’échelle humaine (Forest gump, la trilogie Retour vers le futur dont on a beaucoup reparlé ces derniers jours, ou encore Seul au monde et dernièrement Flight). A sa manière, « The walk, rêver plus haut » est l’inverse d’un point de vue narratif de « Seul sur mars » dont nous avions parlé la semaine dernière, car durant ces deux heures, on ne suit pas le héros en train de chercher à tout prix des solutions pour vivre et pour se mettre à l’abri, mais au contraire, un défi permanent pour se mettre en danger le plus possible (avec une évolution des distances entre son fil et le sol)

Après un documentaire britannique réalisé par James Marsh sur cette folle aventure, « The walk » intègre des codes plus classiques du biopic, de la naissance du projet à sa concrétisation, avec comme point central, une narration en voix off contée par l’acteur qui incarne avec talent le célèbre funambule, a savoir Joseph Gordon-Levitt (Inception, Don Jon), qui raconte cette histoire du haut de la Statue de la Liberté, qui laisse entrevoir les Twin Towers en toile de fond. Cette histoire qui a pris une valeur plus métaphorique et dramatique depuis les attentats du 11 Septembre 2001, nous est racontée sous la forme d’un conte onirique. Appuyant sur la valeur poétique du récit et de son exploit, « The walk » est avant tout LE film à voir en salles et en 3D. Car à l’instar de « Gravity » ou de « Seul sur Mars », la 3D de « The walk » restitue parfaitement le sentiment voulu par le cinéaste, qui donne le vertige viscéralement parlant, et ce dès la préparation de cet exploit.

Pour schématiser l’ordre du récit, la première demie-heure se révèle passionnante en restituant le don de funambulisme au travers du statut précaire et mal vu d’artiste dans le Paris des années 60 et 70, avec comme première performance, la traversée de la cathédrale Notre Dame de Paris. Puis, on assiste pendant une heure de film aux préparatifs de l’exploit et à la constitution fébrile de son équipe, au gré des rencontres que Philippe Petit fera. Cette partie est -il faut l’avouer- le point faible du film du fait de ses longueurs et du manque d’épaisseur de ses personnages secondaires (Charlotte Le Bon en tête) qui restent très en surface. Puis vient la séquence la plus attendue du film à savoir la traversée des tours (la dernière demie-heure) absolument bluffante et tétanisante, par sa photographie impeccable, sa 3D sublime et ce rapport onirique bienvenu. Malgré le léger manque de suspense (histoire vraie oblige, on sait comment ça se termine), la reconstitution de cet exploit mérite indéniablement le coup d’oeil.

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SCENARIO 72%
MISE EN SCENE 86%
ACTEURS 80%
BANDE SON 84%
3D 95%
APPRECIATION GENERALE 86%
Vote final

Avec sa 3D ô combien vertigineuse et bluffante et sa mise en scène soignée, "The walk- rêver plus haut" vaut indéniablement le coup d'oeil, dans la reconstitution de cet exploit grandiose, et ce malgré les longueurs scénaristiques et le manque d'épaisseur de ses personnages secondaires.

Note finale 83%