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The revenant : Impressionnante odyssée !


Interdit aux moins de 12 ans
Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

  • Réalisateur(s): Alejandro Gonzalez Inaritu
  • Acteurs principaux: Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson
  • Date de sortie: 24/02/2016
  • Nationalité: Américaine
DiCaprio en a bavé pour son Oscar !

DiCaprio en a bavé pour son Oscar !

 

Déjà oscarisé dans « Birdman » (qui vient d’obtenir le César du meilleur film étranger), film que j’avais trouvé moyen et très bavard, Alejandro Gonzalez Inarritu vient donc tout juste d’être récompensé pour la deuxième année consécutive pour ce nouveau film « The revenant », film qui permet également à Leonardo DiCaprio de décrocher enfin l’Oscar du meilleur acteur, qui lui avait échappé à de nombreuses reprises (pour Titanic, Les infiltrés, Shutter island ou encore Gatsby le magnifique). Et il est vrai qu’il le mérite pour cette interprétation incroyable dans cette histoire vraie, celle de Hugh Glass, abandonné mourant par ses partenaires de chasse, enterré vivant et qui a parcouru l’Amérique en rampant. Cette histoire est devenue comme un récit héroique célèbre qui a façonné l’identité américaine, le film étant l’adaptation du roman du même nom de l’écrivain Michael Punke.

Tourné chronologiquement dans des conditions extrêmes au Canada et en Argentine, et tourné uniquement en lumière naturelle, « The revenant » fut d’abord une sacrée prouesse technique, le tournage du film a été sacrément laborieux, le film devant initialement tourné en 80 jours, mais le tournage s’est étalé sur 9 mois du fait d’une météo capricieuse et de l’acharnement du metteur en scène et de son directeur de la photographie Emmanuel Lubezki à ne tourner qu’avec de la lumière naturelle. Preuve de la difficulté du tournage, Leonardo DiCaprio a qualifié « The revenant » du film « le plus difficile de sa carrière », et a confié être « sorti de rivières glacées », avoir « dormi dans des carcasses d’animaux » et avoir « régulièrement mangé du bison cru ».

Se présentant comme un mix entre un road-movie et un survival, « The revenant » est avant tout un grand spectacle sensoriel et une véritable expérience cinématographique. Le film commence par une scène introductive d’une attaque des indiens sur cette troupe, dans lequel fait parti Hugh Glass. Tour de force visuel, ces vingt premières minutes impressionnent et se révèlent absolument immersives. Puis, le film suit ce groupe fortement diminué tentant de survivre en pleine montagne en évitant de se faire attaquer à nouveau. Arrive cette fameuse scène de l’ours qui attaque Hugh Glass, époustouflante de réalisme, et qui nous montre une séquence jamais vue et ressentie au cinéma. Grièvement blessé et lâché par ses équipiers après avoir assisté à l’assassinat de son fils (sans qu’il ait pu bouger), Hugh Glass veut se venger et tuer l’homme responsable de ces méfaits. Je le dis et le redis, d’un point de vue technique, on ne peut rien reprocher au film, filmé de manière subjective, avec un cadre flottant, très près des personnages, et Inarritu parvient par exmeple à capter des plans serrés des acteurs tout en conservant une profondeur de champ très large sur les paysages. De cette manière, le cinéaste donne au spectateur l’impression de rentrer dans la peau de cet homme chassé et étranger en confrontation avec l’homme et la nature, qui devient peu à peu une quête spirituelle. Si la trame narrative du film se veut très simple, voire basique (on assiste à une histoire de vengeance, classique du genre du western), la mise en scène de la nature dans ce film et la manière de filmer d’Inarritu suffisent à elles-seules pour voir ce film, en plus de la violence montrée à l’écran (à réserver à un public cinéphile et averti)

Si tous les élements techniques et visuels y sont, le film ne parvient pourtant pas à susciter le frisson tant attendu. Outre certaines lenteurs (même si les 2h37 passent plus vite que l’on pourrait croire), le film s’étire un peu sur un scénario un peu trop classique. Mais c’est surtout cette quête perpétuelle de l’aspect religieux et quasi mystique qui allourdit un peu le film, et le rend plus amer que prévu.

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SCENARIO 81%
MISE EN SCENE 92%
ACTEURS 90%
PHOTOGRAPHIE 93%
BANDE SON 83%
APPRECIATION GENERALE 88%
Vote final

Au final, « The revenant » est une œuvre impressionnante de réalisme et époustouflante, mise en scène avec brio par un Inarritu inspiré et joué par un Leonardo DiCaprio au sommet de son art. Dans ce film aux allures d'expérience de cinéma, on peut cependant reprocher ce discours biblique assez écrasant, tout en étant un poil survendu par les médias.

Note finale 87%