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The last girl, celle qui a tous les dons : Le renouveau du film de zombies !


Interdit aux moins de 12 ans

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

 

  • Réalisateur(s): Colm McCarthy
  • Acteurs principaux: Gemma Arterton, Glenn Close, Paddy Considine, Sienna Nenua
  • Date de sortie: 28/06/2017
  • Nationalité: Britannique

Encore un film de zombies me direz-vous à la lecture de cet article !? Pourtant, détrompez-vous, « The last girl » est peut-être le film qui réinvente le plus nettement le genre « zombie » ! L’histoire originale du film est venue du romancier Mike Carey, qui a voulu adapter sa propre nouvelle. Très emballé par le scénario, Colm McCarthy s’est emparé des rennes de la mise en scène, lui qui est plus connu pour la réalisation de séries télévisées (Peaky Blinders, Sherlock, Les enquêtes de Morse, Doctor Who). Cependant, le scénario a été retravaillée pour l’enrichir, la nouvelle originale ne se retrouvant que dans les dix premières minutes du film. L’auteur Mike Carey a voulu rendre son récit le plus plausible possible, notamment en ce qui concerne les origines de l’apocalypse : un champignon appelé l’Ophiocordyceps unilateralis, qui attaque les fourmis de la forêt amazonienne en prenant possession de leur système nerveux. A noter également que l’équipe de tournage a dû se rendre près de Tchernobyl pour tourner des images de lieux abandonnés qui collerait à l’univers du film.

Récompensé par le Prix du Public mais aussi par le Prix de la meilleure musique originale lors du Festival du film fantastique de Gérardmer en janvier, « The last girl, celle qui a tous les dons » nous entraîne dans un camp d’enfants, immunisé du virus mais toutefois porteurs du gène et adepte de chair humaine. Le point de départ prend d’emblée le contrepied de bon nombre de films de zombies tels que « 28 jours plus tard », « La nuit des morts-vivants » ou encore « World war Z ». Colm McCarthy pose sa caméra à hauteur d’enfants, à l’image du début du film particulièrement tendue et inquiétante. Madame Justineau (Gemma Arterton) fait la classe aux enfants tête, pieds et poings liés, sous l’oeil attentif des militaires qui guettent. On suit particulièrement Mélanie (Sennia Nenua, retenez bien ce nom!!), une fillette maligne et attachante. Ce huis clos va se voir transformé en fuite incertaine dans une Grande Bretagne décimée par le virus, après qu’une attaque spectaculaire ait eu lieue contre le camp militaire.

« The last girl » tire son originalité dans sa manière d’explorer la frontière plus que mince entre l’humanité et la monstruosité. Mélanie (comme les autres enfants « cobayes ») parle et éprouve des émotions mais se transforme subitement en zombie lorsqu’elle a faim ou qu’elle ressent d’un peu trop près l’odeur humaine. Sans verser dans la violence gratuite, Colm McCarthy tire son film vers un récit haletant et sans temps mort, tout en déportant son film vers une corde plus sensible et des questionnements sur l’inné et l’acquis, l’innocence contre la bestialité, ou sur le sens du sacrifice. Souligné par une bande-son excellente et bien pensée, « The last girl » est aussi un film qui sublime la femme, qui sont au centre du récit. Le casting se révèle très malin, entre la douceur de Gemma Arterton et la froideur de Glenn Close. Au milieu d’elles, Mélanie, à la fois humaine et monstre. Les hommes (sous les traits uniquement de militaires)sont souvent réduits à de la chair à zombie. Le film oscille entre scènes de grande tension où la petite bande de survivants doit franchir un lieu de zombies sans le moindre bruit et scènes touchantes comme la relation entre Mélanie et Madame Justineau empreinte d’un côté maternel. A ce titre, sans trop en dire, le final du film est génial d’inventivité, avec une poésie cruelle et une inversion totale du rapport de force, comme une boucle temporelle inversée de l’une des premières scènes.

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SCENARIO 85%
MISE EN SCENE 81%
ACTEURS 89%
PHOTOGRAPHIE 82%
BANDE SON 92%
APPRECIATION GENERALE 90%
Vote final

Véritable tournant dans le sous-genre tant balisé du film de zombies, « The last girl » se révèle être d'une grande intelligence et d'une folle originalité dans son récit. Haletant et ébouriffant, ce film britannique de Colm McCarthy est une profonde réflexion sur la mince frontière entre humanité et bestialité. Un grand film à découvrir d'urgence !!

Note finale 86%