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The Jane Doe identity : Un huis clos horrifique inventif


Interdit aux moins de 12 ans. Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium…

 

  • Réalisateur(s): André Ovredal
  • Acteurs principaux: Emile Hirsch, Brian Cox, Ophelia Lovibond
  • Date de sortie: 31/05/2017
  • Nationalité: Américaine

Six ans après la sortie d’un modeste film d’horreur « The troll hunter », André Ovredal passe dans la cour des grands avec ce projet hollywoodien. Après son vrai-faux documentaire tourné en found footage, « The Jane Doe identity » pose sa caméra dans une morgue, un cadre beaucoup plus fixe que la chasse aux trolls de son précédent long-métrage. Les scénaristes Ian B.Goldberg et Richard Naing ont voulu s’inspirer de plusieurs films de Roman Polanski, et notamment de « Répulsion » et du « Couteau dans l’eau ». Présenté en avril dernier au Festival international du film fantastique de Bruxelles, le film d’Ovredal est reparti avec le Prix du Public. Pour ce film d’horreur si atypique sur le papier, l’actrice Olwen Catherine Kelly, qui incarne Jane Doe, a du suivre des cours de yoga et de méditation pour rester allongé pendant des heures sans bouger. Pour cela, elle s’est entraînée à la respiration superficielle, considéré comme le meilleur moyen de faire semblant d’être mort.

« The autopsy of Jane Doe » bizarrement traduit chez nous « The Jane Doe identity » suit donc deux médecins-légistes père et fils qui reçoivent en pleine nuit le cadavre immaculé d’une jeune femme, retrouvée dans une grange, avec de multiples cadavres autour. La bonne idée du film est de vouloir transformer le film d’horreur en le sortant d’un énième film pour adolescents ou de monstres en tout genre. Présenté sous la forme d’une enquête mystérieuse, ce thriller horrifique prend les allures d’un vrai-faux documentaire, où l’on assiste méthodiquement à une autopsie dans les règles de l’art. En cause, l’aspect intact du corps de l’inconnue qui va se confronter aux multiples fractures aux poignets et aux lacérations internes. Par petites touches et petits détails, « The Jane Doe identity » nous plonge dans cette histoire et parvient à nous flanquer la frousse. Ce huis clos en pleine morgue raconte dans un premier temps, le quotidien clinique et particulier du métier de médecin-légiste, avec cet apprentissage d’Austin par son père Tommy, un professeur aussi strict que bienveillant.

Progressivement, le film glisse vers le fantastique avec la découverte de nouveaux éléments sur le corps de cette Jane Doe. André Ovredal crée un climat angoissant, dans son choix de couleurs ternes et sa bande-son flippante qui joue sur les petits sons inquiétants. Au lieu de miser sur les jumps-scares à tout va (le défaut numéro 1 des films d’horreurs actuels), Ovredal fait monter la tension par petites touches : une radio qui brouille subitement, des bruits dans le conduit d’aération, le comportement étrange et méfiant du chat ou encore le son d’une clochette accroché au pied des morts qui se met à tintiller. Développant un suspense prena nt et sans temps mort, le film ne verse jamais dans la facilité, ni dans l’outrance. Il nous met sous-tension permanente tout en nous surprenant. Si le film prend une direction un brin moins convaincante, l’histoire assez originale est servie par un casting sobre et parvient à faire froid dans le dos jusque dans son final très réussi et plus flippant que jamais.

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SCENARIO 84%
MISE EN SCENE 83%
ACTEURS 79%
PHOTOGRAPHIE - EFFETS SPECIAUX 81%
TROUILLOMETRE 80%
APPRECIATION GENERALE 82%
Vote final

Finalement, « The Jane Doe identity » est un huis clos horrifique aussi maîtrisé qu'effrayant. Original et captivant (en particulier dans sa première partie), ce thriller oppressant en pleine morgue surprend par son efficacité.

Note finale 81%