Nos avis Ciné

The Descendants – Sea, Spleen & Sun.



The Descendants, c’est l’histoire de … :

George Clooney, père de famille se retrouve confronté à ses deux filles suite à un accident de bateau  poussant sa femme dans le coma. L’action se passe à Hawaï et en plus de devoir recréer un lien avec ses filles, il doit décider s’il vendra ou non les dernières plage tropicales non-exploitées de l’île appartenant à sa famille. Crise d’adolescence, pression de cousins qui voudrait crouler sous les millions, deuil de l’être aimé, bien des choses à gérer pour un quadra paumé plus habitué à se noyer dans le travail pour tout oublier et qui va devoir faire face à ses responsabilités.

Une vague de sentiments ?

Mis en scène par Alexander Payne, père de Monsieur Schmidt et de l’excellent Sideways, The Descendants compte changer les regards. Sur George Clooney, sur le supposé paradis qu’est Hawaï, sur la vision de la famille aujourd’hui ou encore sur la gestion de l’adultère dans le couple. Allourdie par une bande-son entièrement locale qui pourra taper sur les oreilles, à moins d’être un fan inconditionnel de chansons à la « Over the rainbow », le film réussit donc à être différent et même s’il prend parfois trop son temps, on le trouve sympathique. Grâce à un casting pas évident mais bien déniché, on s’attache à l’itinéraire de cette famille plus soudée qu’on ne pourrait le croire et l’espèce de road-movie qui se met en place est agréable à suivre. Le duo Clooney/Shailene Woodley marche à merveille et il y a fort à parier que cette dernière sera partout l’année prochaine tant elle a le profil de la parfaite girl next door, ni trop belle, ni trop moche mais qui se met dans la poche le public féminin et masculin. En plus d’acteurs principaux savamment choisis, on retrouvera quelques seconds rôles amusants et amochés comme Robert Palmer qui a bien vieilli depuis Jackie Brown et l’insupportable Matthew Lillard, bien connu pour ses rôles dans les slashers de la deuxième moitié des années 90.

Outre sa direction d’acteurs, Payne garde une partie du charme de ses films précédents, à savoir une folie douce et des personnages qui se révèlent au cours d’une scène pour mieux nous faire apprécier leur présence, comme ceux de Sid et Judy par exemples dans le film. Cependant, on aurait du mal à parler du film sans évoquer sa dernière demie-heure, tout en longueurs et qui peine à finir un métrage qu’on voyait s’achever bien plus tôt. C’est donc sur le capital sympathie qu’il a forgé pendant ses 75 premières minutes que The Descendants compte tenir en haleine ses spectateurs, ce sera sûrement trop peu pour ceux qui sont étrangers au cinéma du réalisateur qui pour le coup use des recettes de son fond de commerce.

Bien que sympathique à suivre, The Descendants garde tout de même son statut de film à oscars, indépendant aux allures bourgeoises qui convainc sans briller. A force de la jouer en dilettante, Alexander Payne perd son spectateur en fin de parcours. Quant au débat pour l’oscar du meilleur acteur, même si George Clooney offre une belle prestation juste et émouvante par moments malgré des chemises à fleurs douteuses, on se dira que The Artist et Jean Dujardin par la même occasion, valait sûrement plus le coup d’être récompensé.  

email

  • Personnellement, j’ai trouvé la musique en accord avec le film, du rock 70’s, de la country, ou de l’éléctro-pop auraient fait tache dans le film, après, c’est vrai qu’il y a un moment où elle est assez agressive dans la sonorité, un morceau mal choisi…

    Ensuite, je te rejoinds parfaitement dans ce que tu avances pour l’oscar, c’est un film gentil, avec des acteurs tenant bien leurs rôles, mais ça ne casse pas des briques de canards…

    Et pour la longueur du film, elle ne se fait pas trop ressentir, puisque le rythme du film reste assez lent et plat durant tout le métrage. Après, j’ai bien aimé le sujet, le paysage est magnifique, le scénario tient la route, c’est agréable, et on ne s’ennui pas, contrairement a beaucoup d’autres films du genre…

  • Lopocomar

    J’ai trouvé que la dernière demie-heure s’étirait inutilement et c’est ce pourquoi j’écris que le film a des longueurs.

    Pour la musique, j’en avais franchement marre à la longue de cette soupe hawaïenne et c’est pas pour autant que j’aurais préféré un morceau de rock indie ou de dubstep, c’est juste que parce que tous les morceaux se ressemblent et ralentissent le film parce qu’ils sont mous du genou.

    Le film est sympa et c’est à la fois sa principale qualité et son plus gros défaut : c’est mignon, ça se laisse suivre mais ça s’oublie assez facilement. T’es ému, tu souris mais rien qui ne te fait dire que c’est plus qu’un petit film bien vendu.

  • Bon, pour la musique, j’aime bien a la base, donc ça ne me dérange pas, mais c’est vrai que ça peut être long…

    Je pense plutôt que le film se différencie justement sur ce point, ce n’est qu’une histoire, un moment dans la vie d’un inconnu, comme ceux que l’on peut rencontrer au comptoir d’un bar avec qui on sympathise et qui nous raconte un moment de sa vie… Il y a des longueurs, mais on sent du coeur, et donc on s’attache à cette histoire, qui même si on ne se souvient pas de tous les détails elle nous touche, et c’est ce qu’elle doit faire, ce n’est pas notre histoire, on ne peut pas agir dessus, mais on peut être attaché à elle, et en avoir quelques souvenirs, qui remontent de temps en temps, quand on revient dans le même bar par exemple…

    • Lopocomar

      Ton point de vue rejoint le mien donc : le film est attachant par bien des aspects (histoire/casting/humour…) et c’est pour ça qu’on l’aime.

      Mais encore une fois, il manque clairement quelque chose (une certaine folie peut-être comme je le mettais dans le billet) pour que le tout marque plus et dépasse le stade d’oeuvre « sympathique ».

  • La « folie » aurait été compliqué a placé, il aurait été facile de dénaturer le film, en voulant en faire trop, la on reste sur quelque chose de classique et simple… Mais utilisée à bon escient je suis d’accord, ça aurait ajouté un réel plus au film.