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Taxi 5 : Dérapage incontrôlé


Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit-neveu du célèbre Daniel, Eddy Maklouf, le pire chauffeur VTC de Marseille, mais le seul à pouvoir récupérer le légendaire TAXI blanc.  
  • Réalisateur(s): Franck Gastambide
  • Acteurs principaux: Franck Gastambide, Malik Bentalha, Bernard Farcy
  • Date de sortie: 11/04/2018
  • Nationalité: Française

La saga « Taxi » est l’une des plus lucratives du cinéma français : 6.5 millions d’entrées pour le premier opus sorti en 1998, 10.3 millions pour le deuxième, 6.1 millions pour le troisième. Après un quatrième film plus mitigé (4.5 millions de spectateurs), la saga est rentré au garage en 2007. Jusqu’au jour où le duo Franck Gastambide/Malik Bentalha contactèrent Luc Besson (producteur du film) pour travailler sur un nouveau film. Besson donne son accord pour ce projet de reboot. Exit Samy Naceri (qui a refusé d’apparaître dans un rôle secondaire), le héros des quatre premiers épisodes de la franchise laisse sa place à Franck Gastambide, incarnant ici un flic muté à Marseille à la suite d’une bavure protocolaire.

Ce reboot est animé par des bonnes intentions, avec une modernisation du duo, et même une inversion des rôles entre le policier et le chauffeur de taxi. Le célèbre Daniel (chauffeur de taxi) laisse sa place à son neveu, pétochard et qui, à la suite d’ennuis avec la police, va devoir collaborer avec un des policiers, en l’occurrence Franck Gastambide. La trajectoire du Commissaire Gibert, devenu maire de la ville, est aussi intéressante et sert à rafraîchir le cadre du film. Tout en restant très moderne, « Taxi 5 » n’oublie pas ses prédécesseurs, et Gastambide n’oublie pas de faire de nombreuses références aux premiers films, en nous remémorant (carrément) des morceaux de séquence. Cette nostalgie assumée ne fait pourtant pas oublier les nombreux défauts, faisant de cette suite, un semi-échec.

Si les scénarios des précédents « Taxi » n’ont jamais frisé la perfection, celui de « Taxi 5 » frise la sortie de route. Les méchants (italiens cette fois) semblent totalement désincarnés et ne provoquent jamais un semblant de crainte. Même si les séquences de course-poursuite sauvent un peu l’ensemble, on ne retient aucune scène marquante, en raison d’un trop peu de confrontation « frontale » entre le duo et « les ritals. » Baigné dans une bouillie musicale (la bande-son est franchement pénible), le film pêche également dans son humour, très pipi-caca, avec un côté trash qui n’existait pas à ce point dans les premiers. On ne nous épargne pas les scènes de vomi plein écran, que le deuxième (par exemple) n’illustrait que par la suggestion. Si cela est sans doute un reflet du changement d’époque, la vulgarité gratuite se retrouve associé avec des phrases homophobes (traiter les homos de « tarlouzes » gratuitement au détour d’une phrase). J’ai aussi une pensée émue pour l’actrice Sissi Duparc qui a accepté le rôle le plus ingrat du cinéma depuis des années. Son personnage Sandrine traduit d’une grossophobie ordinaire et terrifiante. Elle est dépeinte comme une nymphomane qui drague à tout va, qui mange des sandwichs bien gras sans arrêt, et qui sert de boulet humain pour stopper une voiture. Cette approche navrante dessert le film, qui se trouve heureusement rehaussé par Malik Bentalha, qui assure le show et porte en lui la caution comique.

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SCENARIO 48%
MISE EN SCENE 60%
ACTEURS 57%
HUMOUR 44%
BANDE SON 39%
APPRECIATION GENERALE 54%
Vote final

Si ce reboot nous donne à voir des courses-poursuites rythmées, ce "Taxi 5" est un semi-échec en raison de son humour trop vulgaire et trash (n'est pas Sacha Baron Cohen qui veut) et de son scénario aussi mince qu'une trace de pneu.

Note finale 50%