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Street trash : Nanar dégoulinant


Fred et Kevin sont deux adolescents paumes qui vivent dans une décharge, au royaume des clochards. Par misère ou méchanceté, tous ceux qui gravitent autour du bidonville leur en veulent et essaient d’avoir leur peau, sans compter un alcool frelaté qui transforme les buveurs en une flaque de bouillie jaunâtre.

  • Réalisateur(s): Jim Muro
  • Acteurs principaux: Mike Lackey, Bill Chepil, Marc Sferrazza
  • Date de sortie: 24/06/1987
  • Nationalité: Américaine
Une folie écoeurante !

Une folie écoeurante !

 

Présenté dans le cadre du 34 ème festival international du film d’Amiens, « Street trash » fait partie de la rétrospective « Oeuvre unique » puisque c’est l’unique film de Jim Muro, passionné par la Steadicam (caméra fixée sur un bras articulé qui permet une fluidité des mouvements) et qui sera par la suite le steadicamer des films « Terminator 2 » et « Casino ». Ce film, qui devait être à l’origine un court-métrage, divise énormément, et c’est compréhensible. Car clairement, « Street trash » est un nanar horrifique, sans véritable scénario et avec des acteurs aussi mauvais les uns que les autres. Le sel du film demeure surtout dans l’originalité et l’imagination des massacres haut en couleurs.

A défaut d’être révolutionnaire dans son traitement du slasher, « Street trash » a le mérite de bien porter son nom, car c’est très trash, dégoulinant et souvent écœurant. Après avoir ungéré un boisson « tueuse », les corps se décomposent sous nos yeux, fondent en laissant des traces qui sont, on ne va pas se mentir, de la peinture ! Sur ce point, les effets spéciaux sont certes, hilarants mais remarquables pour l’époque.

La fin du rêve américain !

La fin du rêve américain !

 

Si « Street trash » a toutes les particularités du nanar, il présente aussi une métaphore de la société de consommation et de la déconfiture du rêve américain. Nous sommes en 1987, la pauvreté augmente à vitesse grand V, l’action se passe dans une décharge et nous présente des personnages qui y vivent comme des déchets de la société (qui vivent dans des déchets d’ailleurs). Les scènes de confrontations entre les miséreux et ceux qui habitent dans le quartier sont d’ailleurs les plus savoureuses (celle dans le supermarché notamment qui illustre parfaitement la société de consommation, une vieille bique va dénoncer un clochard qui vole des marchandises dans le magasin).

La mort de ces miséreux tâche (et éclabousse certains passants), et n’est jamais propre. Dans cette décharge, on perd toute notion d’humanité, quand il n’y a plus d’argent, ni de conventions sociales, le sexe devient bestial lorsque les corps sales se frottent dans un sentiment répulsif et souvent dégoutant. Le summum étant la scène où ils s’amusent à s’échanger le pénis que l’un d’eux a coupé à un autre. Le sexe n’est plus du tout synonyme de désir, il représente finalement le seul objet que l’on peut encore posséder, comme tout autre objet.

 

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SCENARIO 72%
MISE EN SCENE 67%
ACTEURS 28%
BANDE SON 42%
EFFETS SPECIAUX 64%
APPRECIATION GENERALE 62%
Vote final

Considéré par James Muro comme "une erreur de jeunesse", "Street trash" est un véritable nanar qui dégouline, tâche et éclabousse en réduisant les corps en bouillie. Malgré ses très nombreux défauts (acteurs très mauvais, aucun enjeu narratif, vulgarité gratuite), le film parvient à construire une métaphore dans ce microcosme d'une décharge.

Note finale 55%