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Strangers – Prey at night : Un slasher balisé mais efficace !


Interdit aux moins de 12 ans

Une famille s’arrête pour la nuit dans un parc de mobile home isolé qui semble complètement désert. Une jeune femme étrange frappe à leur porte…. C’est le début d’une terrible nuit d’horreur : pris pour cible et poursuivis sans relâche par trois tueurs masqués, chacun devra lutter pour sauver sa peau dans un jeu de cache-cache impitoyable.

  • Réalisateur(s): Johannes Roberts
  • Acteurs principaux: Christina Hendricks, Martin Henderson, Bailee Madison
  • Date de sortie: 18/04/2018
  • Nationalité: Américaine

« The strangers : Prey at night » est la suite de « The strangers » sorti en 2008, mais resté inédit en salles chez nous. Le film avait connu un joli succès avec pas moins de 82 millions de dollars de recettes pour un budget de 9 millions. Le producteur James Harris explique alors que cette suite est « un film à plus gros budget et de plus grande envergure. On a pris les mêmes psychopathes que dans le précédent film et on a changé de scénario, impliquant cette fois-ci une famille qui se retrouve dans une situation similaire. Au lieu d’être circonscrite à un espace clos, l’histoire se déroule en extérieur dans un parc à mobile homes avec plus de cascades, plus d’action et de problèmes de logistique ». Aux commandes de ce film, on retrouve un habitué des productions horrifiques Johannes Roberts, à qui l’on doit entre autres « The door » et le bon film de requin « 47 meters down ».

« Strangers : Prey at night » s’inscrit dans la veine des slashers, ce sous-genre du film d’horreur mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe (généralement masqué) qui tue un à un un groupe de jeunes individus, souvent à l’arme blanche. Parmi les slashers les plus connus, citons les franchises « Scream », « Souviens-toi l’été dernier », « Halloween », « Freddy » ou encore dans une légère variante « Destination finale ». Si je n’ai pas vu le premier opus, précisons qu’il n’est pas nécessaire de l’avoir vu pour comprendre les tenants et aboutissants de celui-ci. Outre sa vocation de slasher, ce film est aussi un home invasion movie, à l’instar des très réussis « You’re next » et « Don’t breathe » qui maîtrisaient parfaitement l’espace. On suit une famille composée notamment d’une adolescente à problèmes devant être placée dans un centre. Sur la route, ils s’arrêtent dans un mobil-home tenu par son oncle. S’en suivra une nuit d’horreur…

Doté d’un budget modeste, « Strangers : Prey at night » semble clairement s’inspirer de John Carpenter (dont Johannes Roberts est un grand fan). Dans cette atmosphère nocturne et oppressante, le film est doté d’une photographie ainsi que d’une bande-son très proche des années 80, comme pour mieux rendre hommage au cinéaste d’ « Halloween ». Il y’a dans ce film une vraie vision de mise en scène, où Roberts se joue beaucoup des zooms avants et arrière, et des apparitions en second plan, voire en arrière-plan imprimant une réelle sensation de danger. Néanmoins, ce slasher n’est pas dénué de défauts. On peut regretter un manque d’effets de surprise, particulièrement dans l’ordre des meurtres, que l’on devine aisément dès le début. Ce film horrifique ne parvient pas à se débarrasser de ses clichés et incohérences dans les choix des personnages (pourquoi un personnage menacé par un couteau ne cherche t-il pas à fuir au lieu de tenter de se battre?)

Les tueurs sans mobile illustrent aussi cette génération internet où tuer n’est pas nécessairement porté par une raison ou une logique, en témoigne cette réponse de l’une des tueuses à sa victime lui demandant « Pourquoi vous voulez nous tuer? ». Sa réponse laconique : « Pourquoi pas? ». La cruauté des mise à mort font d’ailleurs tout le sel de ce film d’horreur plaisant à suivre. En témoigne certaines séquences mémorables, comme celle de la piscine marquée par une tension palpable.

 

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SCENARIO 69%
MISE EN SCENE 78%
ACTEURS 71%
PHOTOGRAPHIE 77%
TROUILLOMETRE 72%
APPRECIATION GENERALE 68%
Vote final

Si « Strangers : Prey at night » est loin de révolutionner le genre, le film remplit son cahier des charges et se révèle suffisamment efficace pour convaincre. Malgré un scénario quelque peu prévisible, l'atmosphère très empreinte des années 80 et inspirée de l'oeuvre de John Carpenter donne au film une saveur inattendue et rafraichissante.

Note finale 72%