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Sparring : Un éloge du courage empli d’humanité


A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion. 
  • Réalisateur(s): Samuel Jouy
  • Acteurs principaux: Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleymane M’Baye
  • Date de sortie: 31/01/2018
  • Nationalité: Française

Jusqu’à présent acteur essentiellement à la télévision, Samuel Jouy passe à la réalisation avec ce premier long-métrage. Dans l’univers des films de boxe, on pense à une multitude de films cultes : « Rocky », « Raging bull », « La rage au ventre » ou encore « Million dollar baby ». Mais cette fois, Samuel Jouy souligne qu’il n’a pas voulu faire un film sur la boxe (avec il est vrai très peu de termes techniques dans ce film) mais sur un boxeur. Le cinéaste explique : « Ce n’est pas le ring qui m’intéressait le plus, mais ses à-côtés. L’entraînement, l’avant match, l’après match. La solitude du boxeur, son inconscient, ses états d’âme, sa vie de famille, comment il se lève chaque matin et surtout, pourquoi ? Mais le vrai point de départ de l’écriture de Sparring, c’est la naissance de mon premier enfant. A cette période, ma carrière d’acteur était au point mort et je passais mes journées à la salle de boxe pour m’épuiser. Une question m’obsédait : qu’est-ce que je vais bien pouvoir transmettre en tant que père si ma vie professionnelle est un échec ? L’écriture de Sparring est née de toutes ces conjonctions. »

« Sparring » nous intéresse donc à un métier que je ne connaissais absolument pas, celui de sparring-spartner. Leur rôle est à la fois simple et terriblement ingrat : devenir le partenaire d’entraînement d’un champion pendant un mois dans le but de préparer le boxeur pro au futur match. Une pratique qui est parfois plus dangereuse que les combats en eux-même. On suit ici Steve, un boxeur qui n’a remporté que 13 de ses 49 combats va avoir l’opportunité de devenir un des trois sparring-partners de Tarek M’Barek, un boxeur célèbre. Parallèlement, on suit la vie de famille de Steve, qui tente tout pour la maintenir à flots, et offrir à sa fille le droit de vivre sa passion, le piano. Pour incarner Steve, Samuel Jouy a fait appel à la gueule cassée du cinéma français : Matthieu Kassovitz, taillé parfaitement pour le rôle de ce boxeur raté au crépuscule de sa carrière.

On pouvait s’en douter, le cinéma français a moins de moyens que le cinéma américain, et le film prend le parti pris artistique (et financier) de ne pas être entièrement un film sur le sport, qui ne s’axe pas uniquement sur l’aspect sportif. « Sparring » est un film « deux en un » qui s’appuie sur le combat sportif pour parler d’un autre combat, celui de la vie en parlant de la famille comme pilier psychologique du personnage de Steve. Samuel Jouy n’est d’ailleurs pas vraiment intéressé par le personnage du boxeur professionnel, dont seul le prestige ressort, sans que l’on s’y passionne davantage. Le combat attendu pour lequel Steve va le coacher passe d’ailleurs totalement à la trappe. On notera également une bande-son euphorisante et très entraînante.  Si le film peut manquer d’un soupçon de punch, il en ressort de « Sparring » un drame profondément humain, qui souligne avec brio la persévérance et le courage, en témoigne les images d’archives rendant hommage aux boxeurs ayant le plus mauvais ratio combats/victoires. Comme une victoire de l’acharnement.

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SCENARIO 72%
MISE EN SCENE 76%
ACTEURS 78%
PHOTOGRAPHIE 74%
BANDE SON 83%
APPRECIATION GENERALE 73%
Vote final

En faisant le choix de ne pas être seulement un film sur la boxe, "Sparring" est un drame profondément humain. Pour son premier long-métrage, Samuel Jouy fait l'éloge de la persévérance et du courage poussé à l'extrême au travers de ce boxeur abîmé incarné par un grand Mathieu Kassovitz.

Note finale 76%