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Seuls : Une prise de risque payante !


Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls?

 

  • Réalisateur(s): David Moreau
  • Acteurs principaux: Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac
  • Date de sortie: 08/02/2017
  • Nationalité: Française

Avant d’arriver au cinéma, « Seuls » est l’adaptation d’une bande dessinée à succès de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, parue depuis 2006. Si vingt albums sont prévus, la moitié (soit 10 ont été pour l’heure publiés. Ce film s’attache à adapter les cinq premiers tomes. Tout a commencé avec Julien Rappeneau, scénariste et réalisateur du très bon « Rosalie Blum » qui a convaincu David Moreau d’adapter « Seuls ». Un univers différent des précédents films du cinéaste, qui avait signé deux films d’horreur « Ils » et « The eye » et dernièrement une comédie populaire « 20 ans d’écart » avec Virginie Efira et Pierre Niney. David Moreau explique : « Julien Rappeneau m’a expliqué que ses enfants étaient fous d’une BD qui correspondait exactement, selon lui, à ce que j’aimerais faire. 19 minutes plus tard, je passais en caisse avec les albums. Je les ai dévorés d’une traite et j’ai tout de suite su que j’avais envie d’en faire un film. » Le cinéaste a confié également avoir de la matière pour une éventuelle trilogie, comme il l’avoue : « Si le public répond présent, j’ai déjà les histoires pour deux longs métrages derrière celui-là ! Il peut vivre en tant que film unique, il se suffit à lui-même mais il ouvre aussi la porte sur un univers plus large. Mais il faudra aller vite, car les acteurs vont grandir et vieillir.

De prime abord, et comme je ne connaissais absolument pas la bande dessinée, « Seuls » donne l’impression d’une comédie teintée de fantastique qui réunit des adolescents. A l’instar finalement des films de bandes comme « Super 8 », « Les goonies » ou encore dans un registre plus ancien « La guerre des boutons ». Finalement, « Seuls » s’avère plus original et plus marqué dans le registre de la science-fiction. Le film se rapproche finalement nettement plus de «Hunger games » ou du « Labyrinthe », où l’on suit Leila une ado de 16 ans qui s’aperçoit un beau matin que ses parents ont disparus, son quartier et même la ville entière sont déserts. Elle va faire la rencontre de quatre autres jeunes qui vont s’associer pour comprendre pourquoi un épais brouillard brûlant entoure la ville.

Commençons par dire que « Seuls » a de nombreux défauts dans son plan technique où la comparaison du grain de l’image avec le cinéma hollywoodien ne joue pas en sa faveur. Notamment les effets spéciaux qui font plus souvent penser au visuel des jeux vidéos qu’à un film de cinéma. Cependant, « Seuls » est doté d’un sacré potentiel et parvient à réinvestir le champ du cinéma fantastique à l’intérieur des productions hexagonales, souvent peu friandes du genre.

Sa prise de risque s’avère plutôt payante, et le film nous imprègne de ce mystère : pourquoi ces 5 enfants sont vivants ? Où sont passés tous les autres ? Si comme moi, on ne connaît pas la BD, le long-métrage s’avère efficace et prenant, grâce également au jeu des comédiens assez convaincants et dont l’alchimie crève l’écran. David Moreau parvient parfaitement à ménager des moments de tension où l’on vibre avec ces ados, et des séquences plus humoristiques et léger. Malgré de légères baisses de rythme de temps à autre, « Seuls » est un récit fantastique qui part d’un principe simple : la solitude sur Terre à la manière de « Je suis une légende ». Mais le film se transforme ensuite en film d’enfermement où l’environnement cloisonne la ville, nous faisant penser à l’adaptation télévisée de Stephen King « Under the dome », avant de partir en guerre entre jeunes face à un complot d’une plus grande ampleur comme les derniers blockbusters « Divergente » et « Le labyrinthe ». Le film achève de nous surprendre dans son dernier quart d’heure qui opère un twist particulièrement déstabilisant qui rend le film nettement plus amer et triste.

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SCENARIO 76%
MISE EN SCENE 68%
ACTEURS 75%
PHOTOGRAPHIE 67%
BANDE SON 68%
APPRECIATION GENERALE 74%
Vote final

Surprenant (quand on ne connait pas la bande dessinée), « Seuls » creuse son sillon dans le genre de la science-fiction souvent délaissé par le cinéma français. Malgré quelques maladresses de mise en scène, ce film s'avère efficace et ambitieux.

Note finale 71%