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SECUESTRADOS: HOME INVASION IBERIQUE


Pour fêter l’emménagement dans leur nouvelle maison, une sympathique famille madrilène pensait passer une soirée bien tranquille avec champagne et petits tapas. C’était sans compter sur l’irruption de trois brigands cagoulés

  • Réalisateur(s):Miguel Angel Vivas
  • Acteurs principaux:Fernando Cayo, Ana Wagener, Manuela Vellés
  • Date de sortie: 2010
  • Nationalité: Espagnole
"horreur viscérale"

« horreur viscérale »

Voilà une péloche sans concession, à ne pas mettre sous toutes les mirettes fragilisées dès la première vue d’un malmenage conséquent. Car là du malmenage il va y’en avoir , et cela pendant plus d’une heure trente…l’auteur de ce carnage implacable ,Miguel Angel Vivas dans ses nombreuses interviews prévient qu’il voulait faire un film violent, un film d’horreur pour faire peur au public, qui n’hésiterait pas s’enfermer à double tour chez lui en rentrant du cinéma. C’est chose faite, avec cette descente aux enfers crue, malsaine, provocante, sans nulle autre propos véritable que de jouer  au « rollercoaster » avec nos cœurs! Mais là ou certains s’attendent à un film salement et seulement complaisant dans son thème et son approche se trompent, car Angel vivas nous gratifie d’un ballet visuel subjectif, d’une immersion sans égale et de plans caméra surréalistes et virevoltants. Confinant une maîtrise folle et rare à ce niveau. (ici on parle d’un film tourné en 12 plans séquences, en 12 jours!!) Nous permettant de nous immiscer au cœur même du lieu principal de l’assaut (la maison) et au plus proche des protagonistes avec des effets bluffants,(chaque plan sans coupe permet ainsi d’être au plus proche de l’anxiété des protagonistes et de leur torpeur éprouvante) une tension anxiogène, qui tord les boyaux au sein même de ce shoot d’adrénaline inespéré.

"Folie meurtrière"

« Folie meurtrière »

Bien en verve dans son propos, et Non content de prouver par le biais de ces plans millimétrés et de son joug filmique qu’il est bien doué, Miguel Angel Vivas va assener à coups  de ‘Split screen’ saisissants (Brian de palma ici pourrait être fier de l’hommage) en nous faisant part d’une figure stylistique incroyable grâce à cette technique, provoquant ainsi d’une manière différente la chute horrifique dans un paroxysme extrême de la famille foudroyée par le mal cagoulé….L’aspect documentaire de la chose, apporte à ce simple fait divers filmé (cambriolage) une intonation bien plus théâtrale et dramatique dans l’horreur viscérale vécue. On peut parfois penser à « un torture porn » tout droit sorti des seventies, mariné à l’espagnole, avec des séquences troublantes et gores, se référant parfois à du Gaspar Noe avec aisance (la scène du cassage de bras, celle du viol, ou encore le tétanisant plan séquence du tabassage de tête). Miguel Angel Vivas joue dans cette sauvagerie cauchemardesque avec nos âmes, il y parvient allégrement, terminant son film d’une violence jubilatoire, à la brutalité sèche (qui a divisé énormément dans la presse du pour ou contre), mais peu importe le cahier des charges est rempli, la virtuosité des plans est là, le carnage omniprésent, et le sentiment de ne pas s’être emmerder une seule seconde non plus. que demander de plus.

DECOUVRONS LA BANDE ANNONCE:

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Réalisation 87%
Mise en scène 85%
Acteurs 77%
Ambiance sonore 76%
Ambiance générale 85%
Vote final

C'est subversif, bluffant, primal, parfois renversant ou complaisant (peut être trop pour certains), mais déterminé par un réel amour du genre, avec une ferveur et une maitrise sans partage sur "l'image" dans son aspect le plus pur d'être tourné, la violence crue et extrême ne dessert jamais et en aucun cas le propos, c'est juste une version de la mise en abîme d'une agression, d'une profanation du lieu intime, sacré, qu’est la maison.

Note finale 82%
Note des Lecteurs
2 votes
85