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Schizophrenia : dérangeant


Tout juste sorti de prison après avoir purgé une longue peine pour meurtre avec préméditation, un psychopathe se lance à la recherche de sa nouvelle proie à abattre. Il trouve de nouvelles victimes potentielles dans une maison où vivent une vieille dame et ses deux enfants…

  • Réalisateur(s): Gérald Kargl
  • Acteurs principaux: Erwin Leder, Silvia Rabenreither, Edith Rosset
  • Date de sortie: 1983
  • Nationalité: Autrichienne
Le tueur de l'ombre...

Le tueur de l’ombre…

 

Présenté dans le cadre du 34ème Festival du film d’Amiens, « Schizophrenia »est l’unique film du réalisateur Gérald Kargl, qui a lui-même autofinancé son film, et qui a mis de longues années pour éponger ses dettes, car ce film a été un échec financier. « Schizophrénia » m’a d’abord fait penser à un autre film autrichien « Michael » (2011) qui présentait le portrait d’un pédophile de 35 ans qui retenait un jeune garçon de 10 ans dans sa cave, de manière choquante et sans concession, digne d’un autre film du plus illustre réalisateur autrichien : « Funny games » de Michael Haneke. Ces trois films se répondent plutôt bien et ont comme vecteur commun de ne pas expliquer le pourquoi des actes malsains des malfaiteurs.

Dans le plus ancien de ces trois film qu’est « Schizophrenia », on entre dans la tête d’un homme qui vient tout juste de sortir de prison pour meurtre, et qui n’a qu’une envie : tuer à nouveau pour assouvir un besoin « mystérieux » au fond de lui. Il va arriver dans la maison d’une vieille dame, son mari handicapé en fauteuil roulant et leur fille, le lieu « idéal » en somme. Cette plongée dans la tête de cet homme est brillante et inquiétante, par l’utilisation d’un système de double narration particulièrement astucieux.

Un film qui fait froid dans le dos...

Un film qui fait froid dans le dos…

 

Difficile de ne pas être choqué par ce film très froid qui parle d’un homme très froid qui fait des actes qui font froid dans le dos !! Toute la première partie (sortie de prison + arrivée dans la maison + début des meurtres) est très forte puisque le réalisateur Kargl nous montre à la fois les délits et crimes du psychopathe, mais intègre aussi une voix-off du psychopathe lui-même qui raconte ses rapports avec ses parents et les crimes qui l’ont conduit en prison. Cette double narration est astucieuse car elle nous permet de rentrer deux fois plus vite dans sa tête même si parfois on a tendance à laisser un peu de côté la narration en voix-off pour se concentrer sur le présent. Un présent qui va petit à petit prendre le dessus et la voix-off va ensuite parler du présent (des meurtres qu’il fait) et disparait progressivement dans la cachette des corps.

Une fois les meurtres faits, la deuxième partie du film ( la fin des meurtres et comment dissimuler les corps) me semble en revanche plus faible, par le manque d’un danger plus présent et par cette diminution de la voix-off. Certaines incohérences peuvent aussi être relévées (SPOILER : Le psychopathe se fait arrêter trop facilement, et les victimes se laissent avoir sans tellement réagir!).

Mis à part ça, ce qui frappe dans ce film, c’est la maîtrise technique de la caméra. Kargl place sa caméra de telle sorte que celle ci tournoie autour du psychopathe, telle une toupie qui nous désoriente totalement du lieu des crimes futurs. L’alternance entre des plans d’ensemble glaçants et des gros plans saisissants sur le visage terrifiant du psychopathe fonctionne à plein tube et parvient à instaurer un climat de terreur pur.

 

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SCENARIO 74%
MISE EN SCENE 86%
ACTEURS 81%
BANDE SON 67%
DECOR 82%
APPRECIATION GENERALE 79%
Vote final

Dérangeant et déroutant, "Shizophrenia" fait partie d'une trilogie de tueurs fous autrichiens avec "Funny games" (Haneke) et "Henry" (McNaughton). Par l'utilisation de sa caméra tournoyante autour de son psychopathe et par son système de double narration, l'unique film de Gérald Kargl se révèle une belle réussite dans le genre, malgré quelques erreurs pardonnables.

Note finale 78%