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Roulez jeunesse : Une dramédie bancale (En DVD depuis le 28 novembre)


 Alex, 43 ans, est dépanneur automobile dans le garage que dirige d’une main de fer sa mère. Un jour, il dépanne une jeune femme et passe la nuit chez elle, mais au petit matin elle a disparu lui laissant sur les bras trois enfants.
  • Réalisateur(s): Julien Guetta
  • Acteurs principaux: Eric Judor, Laure Calamy, Brigitte Rouan
  • Date de sortie: 25/07/2018 et disponible en dvd depuis le 28/11/2018
  • Nationalité: Française

Après deux courts-métrages, dont un « Lana Del Roy » est présent sur l’édition dvd du film, Julien Guetta signe son premier long-métrage. Comme ses précédents films, le cinéaste aime disséquer les rapports familiaux par le biais d’une comédie. Il explique lors d’interviews : « « Comment se construire avec l’héritage familial ? Comment continuer à vivre quand il y a des absents ou au contraire quand il y a un membre qui prend trop de place ou toute l’attention ? Ce qui m’intéresse, ce sont les relations dans une famille déconstruite, reconstruite. Toutes ces questions liées à la filiation, à la transmission, aux fratries, me passionnent… ». Si l’idée de Guetta fut d’abord de « caster » un acteur quarantenaire, il fut finalement emporté par le charme « ordinaire » d’Eric Judor, correspondant parfaitement à l’homme ordinaire et moderne, avec une présence physique indéniable faisant penser à un acteur américain ou britannique.

Dans « Roulez jeunesse », on fait connaissance avec Alex par le biais de son métier de dépanneur automobile, avec des rencontres aussi différentes qu’hilarantes. Sa mission est d’aider les autres et de trouver des solutions pour permettre aux automobilistes de récupérer au plus vite leurs véhicules. Alex va faire la rencontre d’une jeune femme Prune, en panne sur le bord de la route. Celle ci va lui proposer d’aller chez elle, après une nuit d’amour avortée, il s’endort. Au petit matin, il se réveille. Prune n’est plus là, mais son enfant de 10 ans est là pour lui réclamer de l’emmener à l’école. Il découvrira plus tard que Prune n’a pas un mais trois enfants sous le bras : une adolescente rebelle et un bébé en bas âge. S’en suit un déchaînement de conséquences toutes rocambolesques les unes que les autres.

Bien entendu, cet enchaînement façon boule de neige n’a rien de très original. Cependant, « Roulez jeunesse » n’a pas comme vocation de se vautrer dans la comédie pure, mais la fusionne avec le drame social. Le film comporte de savoureuses idées, comme cette réflexion drôle et révélatrice de cette société individualiste, où cet homme dépanneur qui a l’habitude d’aider les autres, et qui s’aperçoit que personne n’accepte de l’aider en retour lorsqu’il en a vraiment besoin. On ressent dans ce premier long-métrage un tas de bonnes idées dans la gestion du rythme comique, et dans l’exploitation du talent comique d’Eric Judor. Cependant, « Roulez jeunesse » ne parvient pas tout à fait là où il aurait voulu nous emmener. En première ligne, le scénario demeure assez maladroit et fantasque en partant dans tous les sens, manquant d’une véritable cohérence d’ensemble. En cause également, ce dernier quart d’heure versant dans un mélo assez attendu et facile. Mais le vrai souci du film, c’est qu’il a véritablement le cul entre deux chaises, entre la chronique sociale et la comédie, d’où Julien Guetta n’arrive pas à en tirer le meilleur de chaque. Tout fonctionne partiellement par moments, mais rien ne fonctionne totalement dans la durée, pourtant courte des 1h20. Même Eric Judor livre une prestation honorable mais nous a habitué à mieux, et les deux enfants héros du film manquent d’empathie et il est assez difficile de s’attacher à eux. Au final, une comédie bancal dérivant progressivement sur une comédie banale.

 

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SCENARIO 53%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 57%
PHOTOGRAPHIE 66%
HUMOUR 62%
APPRECIATION GENERALE 57%
Vote final

Malgré des bonnes intentions à l'écriture, "Roulez jeunesse" , premier long-métrage de Julien Guetta ne parvient pas à trouver le bon dosage entre pure comédie et chronique sociale. Si le film fonctionne partiellement, il ne trouve jamais son rythme de croisière, la faute à un scénario bancal et à une interprétation décevante et manquant de conviction.

Note finale 59%