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Rosalie Blum : Une très bonne surprise !


Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents… Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

  • Réalisateur(s): Julien Rappeneau
  • Acteurs principaux: Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz
  • Date de sortie: 23/03/2016
  • Nationalité: Française

Rosalie_Blum

Adaptation de la bande-dessinée du même nom créée par Camille Jourdy et parue pour la première fois en 2007, « Rosalie Blum » est le premier long métrage de Julien Rappeneau, qui n’est autre que le fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau, qui avait entre autre réalisé « Belles familles » l’an dernier. Julien Rappeneau, qui avait jusqu’ici collaboré en tant que scénariste sur « Cloclo » ou encore « Faubourg 36 » explique : « Je n’avais jamais tourné de ma vie, ni même réalisé de court métrage. J’ai donc appris en faisant. Mais je savais exactement ce que j’attendais de chaque personnage et où je devais aller. » Et le cinéaste ajoute : « La transposition de cette histoire m’est alors apparue comme une évidence. Comme si cette Rosalie, qui correspondait si bien à ma sensibilité, avait infusé en moi. Je me suis d’autant plus enthousiasmé pour ce projet qu’il y avait là une vraie singularité et que je pouvais y injecter des choses personnelles. »

Pour « Rosalie Blum », Julien Rappeneau a fait appel à un casting hétéroclite, à commencer par l’acteur Kyan Khojandi, découvert pour son rôle dans la série « Bref » sur Canal +, mais aussi à l’actrice-réalisatrice Noémie Lvovsky (qui avait notamment signé « Camille redouble » il y’a 3 ans) ou encore la jeune actrice Alice Isaaz. Porté par des premières critiques enthousiastes (comme en témoigne la bande-annonce du film) « Rosalie Blum » commence par une comédie romantique, tout ce qu’il y’a de plus classique, avec Vincent, un homme un peu paumé vivant juste en-dessous de sa mère dans le même immeuble, et qui va faire la rencontre de Rosalie une épicière qui va l’obséder, au point de la suivre dans tous ses déplacements, pour essayer de mieux connaître sa vie et ses habitudes. Mais le film parvient parfaitement à déjouer le schéma traditionnel, en découpant son récit en trois parties, où chaque personnage serait le point de vue de chaque partie. Le premier segment du film consacré au personnage de Vincent et suit son trouble pour cette femme, dont on imagine qu’il est d’ordre amoureux. Il va la suivre partout, comme pour découvrir sa vie sans jamais l’aborder.

Alors que l’on pourrait penser que le film pourrait dès lors ronronner, le film opère un basculement vers un jeu encore amusant, lorsque l’on découvre que Rosalie se doute d’être suivie et souhaite que sa nièce Aude (qui porte cette deuxième partie) suive à son tour Vincent, afin de mieux le connaître et de découvrir les secrets de sa fascination pour Rosalie. En abordant des sujets comme la solitude des êtres et le pouvoir caché des souvenirs d’enfance, « Rosalie Blum » se révèle être une fable mêlant habilement et subtilement humour et émotion. Grâce à sa construction narrative intelligente en trois parties, le film parvient à montrer les différentes faces d’une même histoire, à la manière d’un puzzle se constituant sous nos yeux, en variant les points de vues sans jamais ennuyer. Qu’il s’agisse de Vincent (être solitaire vivant tout près de sa mère), d’Aude (jeune chômeuse ayant du mal à trouver sa voie) ou Rosalie (commerçante mystérieuse), chaque personnage est en quête de liberté et de confiance de la part des autres. Certains personnages secondaires, comme Anémone (incarnant la mère de Vincent) et Sara Giraudeau (jouant la meilleure amie d’Aude) sont savoureux et renforcent l’humour général de cette comédie sincère et captivante, jusqu’à sa fin où tout finit par être révélé sur le pourquoi de cette fascination de Vincent envers Rosalie. Le seul petit regret résiderai dans cette troisième partie qui a parfois tendance à se disperser en étant moins puissant que les deux premières. Mais pour un premier long-métrage, cela reste un très bon film.

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SCENARIO 87%
MISE EN SCENE 83%
ACTEURS 85%
BANDE SON 81%
PHOTOGRAPHIE 83%
APPRECIATION GENERALE 85%
Vote final

Finalement, « Rosalie Blum » est une bonne bouffée d'oxygène dans la comédie française et permet à Julien Rappeneau de frapper fort pour son premier film. Habile et original dans sa construction du récit en trois personnages, plaisant et frais dans son ton comique singulier, ce film est une très bonne surprise.

Note finale 84%