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Rogue one, a Star Wars story : Une parenthèse désenchantée


Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

  • Réalisateur(s): Gareth Edwards
  • Acteurs principaux: Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn
  • Date de sortie: 14/12/2016
  • Nationalité: Américaine

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A peine un an après la sortie événement du septième opus de Star Wars « Le réveil de la force », la célèbre saga intergalactique revient pour ce spin-off « Rogue one ». Cet opus se place entre les épisodes 3 et 4. Dans le tout premier épisode « Un épisode espoir » sorti en 1977, le mythique bandeau défilant faisait état d’un vol des plans de la station spatiale de l’Etoile noire dérobés par des rebelles, qui au péril de leur vie ont permis la destruction de l’immense vaisseau de l’Empire. De cette information agissant comme une légende fantasmée dans l’esprit des fans, Disney et Lucas Films décident donc de combler notre imagination en nous montrant cette fameuse bataille.

Bon nombre de mes confrères journalistes ont critiqué « Star Wars 7,le réveil de la force » pour son aspect répétitif dans son scénario par rapport à l’épisode III. Pour ma part, j’avais salué cet opus que j’avais placé en 12 ème position des meilleurs films en 2015, pour sa mise en scène d’une grande poésie de la part de J.J.Abrams, qui avait su créer un nouveau souffle épique, et ce, alors que je ne fait pas parti de l’énorme communauté de fans de « Star Wars » au départ. Même si l’attente est un peu retombée, on se demandait comment ce « Rogue one » allait se démarquer. Malheureusement, cette parenthèse dans la saga (Gareth Edwards ayant annoncé qu’il n’y aurait pas de suite) nous désenchante rapidement. En effet, là où le film de J.J. Abrams avait un cœur et une réelle virtuosité technique, avec ce savant dosage de l’émotion et de l’action, « Rogue one » ne procure aucun plaisir de spectateur, et donne l’impression d’être un produit formaté et robotique.

S’il faut reconnaître que le scénario est peut-être plus original que « Le réveil de la force », on ne retrouve plus du tout ce qui fait l’essence de la « magie Star Wars ». Dès son générique qui perd le bandeau défilant au profit de l’histoire, le film outrepasse les codes traditionnels de la saga, en plus d’une prévisibilité évidente du scénario (on connaît d’emblée la fin du film de par le bandeau du 3ème opus). Très long pendant les 2/3 tiers du film, « Rogue one » échoue à rendre le spectacle plaisant au spectateur. C’est peut-être un détail pour certains, mais outre son message politique fort, « Star Wars » est pour bon nombre de spectateurs qui ont connu la saga étant enfant, un film qui procure du plaisir, dans sa magie et son divertissement. Dans « Rogue one », le récit est assez brouillon, et les dialogues qui semblent combler le vide n’aide en rien. Si « Godzilla » avait de très bonnes idées de mise en scène, Gareth Edwards n’est pas inspiré, dans la manque cruel de rythme du film et dans son absence de point de vue.

Dans son entreprise, le cinéaste n’est pas aidé par ses personnages, auxquels on ne parvient jamais à s’attacher, Felicity Jones n’a pas la même malice, ni le même charisme que Daisy Ridley. Dans ce spin-off sans jedi, on se rattache à ce droïde C2-B5 contrôlé par l’Empire, et qui heureusement apporte un peu de gaieté et d’humour au film (même si là encore la comparaison avec Bébé8 de « Star wars 7 » ne joue pas en sa faveur). Le film tente tant bien que mal à faire des clins d’oeil aux fans de la saga (le retour de Dark Vador, les apparitions furtives de R2D2), mais avec toujours ce manque d’idées et surtout ce manque de panache qui se fait cruellement ressentir. Le dernier tiers du film réhausse heureusement l’intérêt du film, dans ce combat tant attendu qui nous est enfin livré. Mentionnons aussi la 3D de bonne facture (on en a toujours pour son argent (ses 2 euros en l’occurence) lors des scènes d’action). On ressort toutefois avec la désagréable impression d’assister à un « sous-Star wars » qui aurait plutôt lorgné sur les productions assez creuses de Marvel.

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SCENARIO 58%
MISE EN SCENE 60%
ACTEURS 48%
PHOTOGRAPHIE ET EFFETS SPECIAUX 68%
BANDE SON 64%
APPRECIATION GENERALE 54%
Vote final

Blockbuster décevant, « Rogue one » donne l'impression d'un film préfabriqué, davantage commercial que les épisodes de la saga « Star Wars ». Plombé par des acteurs fades et peu empathiques, le récit, au rythme vraiment défaillant, n'offre quasiment aucune surprise et la mise en scène de Gareth Edwards se révèle sans aspérité et sans le grand souffle épique de la saga.

Note finale 58%