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Revenger : un « revenge movie » original et androgyne


Une chirurgienne brillante et manipulatrice décide de se venger du meurtre de son frère. Elle est prête à tout pour retrouver le tueur et lui faire payer son crime….au-delà de l’imaginable.
Frank Kitchen est un tueur sans pitié qui pourchasse ses proies et les abat froidement pour éxécuter ses contrats. Mais cette fois ci, le contrat, c’est lui. Un contrat motivé par un puissant désir de vengeance qui doit le mener sur le chemin de la rédemption. Après s’être fait kidnapper, Frank se réveille avec un nouveau visage… 
Comprenant qu’il est l’objet d’une terrible manipulation, c’est à son tour de mettre en œuvre sa vengeance : elle sera redoutable !

 

  • Réalisateur(s): Walter Hill
  • Acteurs principaux: Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver, Tony Shalhoub
  • Date de sortie: en e-cinema le 23/03/2017
  • Nationalité: Américaine

« Revenger » est le fruit d’un projet de longue date. C’est, en effet, dans les années 70 que l’agent du cinéaste lui avait envoyé une première version du scénario, écrite par Denus Hamill. La sortie du film coïncide avec la sortie de la bande dessinée, sous le nom de « Corps et Ame ». Walter Hill a notamment travaillé sur la réalisation d’autres films d’action comme « Du plomb dans la tête » mais a aussi été scénariste sur la saga « Alien ». Cette fois, Walter Hill s’attaque à un projet de plus faible budget, le film étant, lui, sorti directement en e-cinema le 23 mars dernier. Le cinéaste était intéressé par la vengeance, comme thème principal du film, comme il l’explique : « Le film montre que pour certaines personnes la vengeance peut procurer un immense sentiment de satisfaction ». Pour incarner ce personnage masculin devenant féminin, le cinéaste a fait appel à l’actrice la plus badass et masculine du 7ème art, Michelle Rodriguez. L’actrice de 39 ans a joué dans de nombreuses grosses machines, telles que « Fast and Furious 1, 4,6,7 et 8 », « Machete 1 et 2 », « Resident evil » ou encore dans « Avatar » de James Cameron. Michelle Rodriguez qui refuse beaucoup de rôles a cette fois accepté, après avoir considéré que les femmes jouaient un rôle prédominant et qu’elle ne servaient pas juste de potiche et de faire-valoir aux personnages masculins.

On y suit Franck Kitchen, un tueur à gages sans pitié le jour et collectionneur de femmes le soir. Après s’être fait kidnapper, ce dernier va se voir être « transformé » en femme par une chirurgienne en quête de vengeance du meurtre de son fils par Kitchen. Même si l’on peut douter sur la crédibilité du postulat de base, « Revenger » gagne en efficacité dans le traitement psychologique de Franck Kitchen, qui doit s’habituer à son nouveau corps féminin, et aux blagues sexistes qui vont avec. L’action est au rendez-vous avec un réel affrontement palpitant entre Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver, déjà toutes deux présentes dans « Avatar ». Cependant, le film manque cruellement d’intensité et de séquences d’action plus fortes. Walter Hill n’exploite pas suffisamment sa situation de départ, qui avait pourtant tout ce qu’il faut pour rendre cette série B plus explosive encore. Le récit reste dans un chemin bien balisé, celui du « revenge movie ».

Malgré tout, « Revenger » reste une production relativement original (n’oublions pas que le personnage principal est -contre son gré- un transexuel, ce qui est assez culotté). Malgré un faible budget, notons un beau travail sur les décors lugubres et une manière de figer ses images comme une bande dessinée. On retiendra essentiellement Michelle Rodriguez, assez remarquable dans un rôle difficile, elle incarne son personnage d’une manière aussi fascinante que réussie.

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SCENARIO 65%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 72%
PHOTOGRAPHIE 68%
BANDE SON 59%
APPRECIATION GENERALE 63%
Vote final

Si « Revenger » est loin de renouveler le genre, cette série B assumée se regarde sans déplaisir. En abordant des thèmes rarement exploités dans le cinéma d'action (le changement de sexe, l'acceptation de son corps), Walter Hill rend son « revenge movie » original et captivant.

Note finale 64%