Nos avis Ciné

Raid dingue : Une recette qui s’essouffle…


Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d’un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues.
Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l’étalage, elle s’entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d’élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu »ils parviennent à travailler en binôme sans s’entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres.

 

  • Réalisateur(s): Dany Boon
  • Acteurs principaux: Dany Boon, Alice Pol, Michel Blanc
  • Date de sortie:01/02/2017
  • Nationalité: Française

Depuis le carton de « Bienvenue chez les ch’tis » en 2008, avec ses 20 millions d’entrées, chaque film de Dany Boon reste un événement. Ses deux films suivant « Rien à déclarer » (8 millions d’entrées) et « Supercondriaque » (plus de 5 millions) ont confirmé l’intérêt du public pour Dany Boon, qui s’illustre aussi dans les films qu’il ne réalise pas et dans lesquels il n’est qu’acteur (« Lolo » ou dernièrement « Radin ! » flirtant avec les 3 millions d’entrées). « Raid dingue » naît d’une vieille idée de dix ans, où Dany Boon voulait incarner un flic gaffeur qui intègre par erreur une police d’élite. Après avoir retardé son film pour la réalisation de « Supercondriaque », il a eu l’idée de recentrer cette histoire autour d’un personnage féminin qu’incarne Alice Pol, comme une sorte de Pierre Richard au féminin, selon les mots du cinéaste. Après le décalage culturel (dans la sympathique confrontation entre le Nord et le Sud de la France, mais aussi entre la France et la Belgique), puis dans l’exploration des dérives comportementales (comme l’hypocondrie ou la radinerie), Dany Boon change de braquet, en réalisant cette comédie glissant sur le film d’action.

Si « Radin! » m’avait plu dans la mise en avant des travers de l’être humain, renvoyé dans sa propre solitude, « Raid dingue » est un film beaucoup moins abouti. Et pourtant, il est pétri de bonnes intentions. Le choix de l’humoriste est de mettre en avant le travail des forces de l’ordre et en particulier du RAID, au travers de la comédie. Contrairement à d’habitude, la maladresse et les aspects comiques ne reposent plus sur les épaules de Dany Boon, mais sont transférés sur Alice Pol, une flic qui, grâce à l’appui de son père ministre de l’Intérieur, va se voir ouvrir les portes de la formation au GIGN. La recette est quasiment la même dans bon nombre de comédies françaises, avec cette confrontation du clown blanc et de l’auguste, à savoir un personnage gaffeur se retrouvant face à un personnage plus sérieux. Sauf qu’ici, la mayonnaise a du mal à prendre de par l’inversion des rôles. Moins drôle et plus foutraque que les précédents films de l’humoriste, « Raid dingue » pêche surtout par son récit beaucoup trop mince, qui n’arrive jamais à se hisser au dessus de ses clichés, ses redondances pseudo burlesques, et les rares événements graves (comme la mise en scène d’attaques terroristes) ne sont ni prenants, ni détournés par l’humour. Sur son point de départ, à savoir la poursuite du rêve d’enfant de Johanna, confronté au machisme est une bonne idée. Mais le personnage féminin se révèle parfois d’une telle bétise que cela anéantit la volonté première de la comédie.

Au milieu de cette comédie très moyenne, on relèvera toutefois les effets spéciaux d’assez bonne facture, et les performances de Michel Blanc en ministre de l’Intérieur plus vrai que nature et usant de son statut, et Yvan Attal dans ce rôle de mafieux serbe n’hésitant pas à se fondre dans la Gay Pride, même si là encore, on ne fait pas dans la dentelle dans les clichés à tout va. Certes attachant, le duo Dany Boon/Alice Pol flotte dans une histoire d’amour arrivant comme un cheveu sur la soupe.

email
SCENARIO 60%
MISE EN SCENE 52%
ACTEURS 66%
HUMOUR 62%
PHOTOGRAPHIE 57%
APPRECIATION GENERALE 57%
Vote final

Après usé et abusé des mêmes ressorts comiques, la recette Dany Boon s'essouffle donc avec cette comédie d'action légère, assez ennuyeuse et poussive, et déroulant les scènes sans réelle saveur, ni véritable colonne vertébrale au récit, qui une fois l'idée de départ posée, se contente de tourner en rond (et ce malgré quelques saillies comiques).

Note finale 59%