Nos avis Ciné

Power rangers : Les limites de la nostalgie…


Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

 

  • Réalisateur(s): Dean Israelite
  • Acteurs principaux: Dacre Monthomery, RJ Cyler et Naomi Scott
  • Date de sortie: 05/04/2017
  • Nationalité: Américaine

La franchise « Power Rangers » est à l’origine une adaptation de la série télévisée « Super Sentai ». Lors d’un voyage au Japon en 1984, le producteur Haim Saban a découvert la série et a obtenu les droits du programme pour l’exporter en dehors de l’Asie. Diffusé pour la première fois aux Etats-Unis en 1993, « Power rangers » est devenu rapidement le programme télévisé pour enfants le plus populaire, et un véritable phénomène culturel. Saban se souvient : « C’était l’une des premières séries à non seulement mettre en scène des super-héros de différentes appartenances ethniques, mais aussi des super-héroines, et ça a beaucoup plu aux téléspectateurs. Depuis, le programme a été diffusé dans plus de 150 pays. » Avant cette nouvelle adaptation, deux autres films ont été dédiés aux célèbres héros multicolores : « Power rangers, le film » (1995) et « Power rangers turbo, le film » deux ans plus tard. A la réalisation, on retrouve Dean Israelite, qui avait déjà signé un film fantastique « Projet Almanac » mettant en scène des adolescents se découvrant des pouvoirs extraordinaires.

Noyé parmi les nombreux films de supers-héros de Marvel, « Power Rangers » a donc pour vocation de se différencier par son fond de commerce reposant sur la nostalgie des années 90.

« Power rangers » met donc en scène ce groupe de cinq ados se découvrant une force extraordinaire. Un pouvoir qu’il vont devoir mettre en commun pour sauver le monde de la destruction. Rien de bien neuf sous le soleil. Si je me souviens avoir regardé le dessin animé étant enfant, il ne m’avait pas laissé une marque indélébile. Cette nouvelle adaptation est loin d’être indispensable et semble essentiellement né d’un opportunisme financier. En reprenant les codes des récits classiques des films de super-héros, tout en y ajoutant une pincée de pouvoirs adolescents comme « Chronicle », Dean Israelite crée un teen-movie, dominé toutefois par un second degré salvateur. Le scénario original de ces ados ayant chacun sa couleur conserve toujours un côté assez kitch. Néanmoins, « Power rangers » parvient à se moderniser dans les costumes, mais aussi davantage dans les personnages en eux-même représentant toutes les sensibilités, comme un arc en ciel des différences : un noir, un asiatique ou encore une lesbienne.

Si ceux qui ont adoré le dessin animé se replongeront facilement en enfance, les autres n’y trouveront rien de bien exceptionnel. Certes, le film prône de belles valeurs, comme l’acceptation des différences mais montre également que le collectif est la seule arme pour combattre les problèmes. Dans des sociétés individualistes, cet élément est à saluer. Pour le reste, le film souffre d’un vrai problème de rythme et de choix scénaristiques. Le cinéaste fait le choix de calquer l’apprentissage de leurs pouvoirs avec le passage à l’âge adulte. Un point de vue intéressant, mais qui aurait mérité à être beaucoup plus entrecroisé. Ce récit de super-héros se révèle poussif, assez lent pendant sa première heure, et paradoxalement on s’attache difficilement à ces personnages au jeu assez fade. Si l’on met les effets spéciaux dans les points positifs, on regrette que les vingt dernières minutes se mue en un « Transformers » assourdissant et lourd. Comme si cette séquence d’action venait nous rappeler que l’on assistait avant tout à un film fantastique.

email
SCENARIO 59%
MISE EN SCENE 64%
ACTEURS 58%
EFFETS SPECIAUX 72%
BANDE SON 61%
APPRÉCIATION GENERALE 56%
Vote final

Finalement, cette nouvelle adaptation des « Power rangers » a tous les codes du blockbuster de super-héros banal. S'il marque de par sa volonté d'humaniser ses personnages dans son parallèle avec l'adolescence, le récit décousu et inconsistant nous laisse perplexe, et ne parvient pas à réveiller notre âme d'enfant.

Note finale 61%