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Patients : Le film autobiographique de Grand Corps Malade


Se laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens…. Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l’histoire d’une renaissance, d’un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul.

 

  • Réalisateur(s): Grand Corps Malade et Medhi Idir
  • Acteurs principaux: Pablo Pauly, Soufiane Guerrab et Moussa Mansaly
  • Date de sortie: 01/03/2017
  • Nationalité: Française

« Patients » prend appui sur la véritable histoire de Fabien Marsaud, alias le célèbre slameur Grand Corps Malade, victime d’un grave accident, après avoir fait un plongeon dans une piscine dont le niveau d’eau était trop bas. Alors que les médecins pensaient qu’il resterait probablement paralysé, il retrouve l’usage de ses jambes après une année de rééducation. C’est cette lutte acharnée pour pouvoir remarcher que le slameur avait déjà raconté dans son roman autobiographique du même nom, et le met cette fois en scène dans ce film, qu’il co-réalise avec Mehdi Idir, lui même qui réalise ordinairement ses clips. Ils ont voulu apporter le plus grand soin au réalisme du film en collant au plus près de l’univers d’un centre de rééducation. Ainsi, le centre dans lequel se déroule le film est le même que celui où Grand Corps Malade a effectué sa rééducation. Même si les acteurs du film ne sont pas tétraplégiques, ils ont été coachés par le propre kiné du slameur et ont passé beaucoup de temps avec des patients en centre de rééducation.

Soyons honnêtes, ce n’est pas un film que j’attendais avec impatience. Aussi grave soit-il, le sujet du handicap a donné lieu à de très nombreux films récents, parmi lesquels les très populaires « Intouchables » et « La famille Bélier » bien sûr, mais aussi « Toutes nos forces », « De rouille et d’os », « Marie Heurtin » ou encore « Avant toi ». De plus, le cadre de l’hôpital peut souvent amener un film à être plombant, d’autant que je craignais que la partie musicale et autobiographique ne prenne trop de place. Finalement, « Patients » parvient habilement à éviter les pièges du pathos. Dans les premiers instants, il commence par nous placer dans la position inconfortable et horizontale de Ben, ne comprenant pas forcément ce qui se passe, et n’ayant de contact visuel qu’avec le plafond. On le suit ensuite dans ce difficile apprentissage de son nouveau corps, de son alitement total à ses déplacements en fauteuil roulant dans le centre. Sur un sujet pourtant délicat, « Patients » parvient à être un feel-good movie, servi par des jeunes acteurs à la tchatche irrésistible ! La trame principale est pourtant connue d’avance, à savoir l’histoire d’une renaissance après la chute. Mais le film parvient à trouver le juste milieu entre le drame intimiste et la comédie dûe au film de bande. Des jeunes cabossés par la vie, et qui cherchent à vivre une vie normale, comme avant.

Dans ce quasi huis-clos dans ce centre de rééducation, le récit tourne parfois en rond, mais on s’attache aux personnages, qui ont un parcours de vie et une évolution différente de leur handicap . Le film évite le pathos avec des personnages aux caractères bien ancrés et qui provoquent l’humour : l’aide soignant Jean-Marie qui parle toujours aux patients à la 3ème personne, l’infirmière trop brusque et bien entendu cette bande de jeunes hommes aux dialogues enlevés et souvent drôles. En plus d’être un film d’acteurs, « Patients » bénéficie d’une mise en scène qui évite le choix d’une caméra à l’épaule, qui aurait rendu le film plus lourd. Le cadrage varie intelligemment entre des plans rapprochés montrant toutes les tâches du quotidien rendues difficiles, et une utilisation de l’espace comme point de variation entre les corps et les lieux. D’un angle purement émotionnel, « Patients » est le genre de film qui vous touche dans son message de persévérance et vous fait réfléchir sur la chance d’être en bonne santé et de pouvoir avoir les capacités entières de votre corps.

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SCENARIO 79%
MISE EN SCENE 77%
ACTEURS 73%
PHOTOGRAPHIE 75%
HUMOUR 81%
APPRECIATION GENERALE 74%
Vote final

Au delà des longueurs qui émaillent le film (notamment dans cette histoire d'amour), « Patients » se veut un huis clos porté par l'espoir et l'humour. Si l'on pense inévitablement à « Intouchables », cette quête de reconstruction de son propre corps rend le film pédagogique singulier et puissant, tout en conservant une grande simplicité.

Note finale 76%