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Overlord : Un mélange des genres original et hautement divertissant !


À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes. 
  • Réalisateur(s): Julius Avery
  • Acteurs principaux: Jovan Adepo, Wyatt Russell, Pilou Asbaeck
  • Date de sortie: 21/11/2018
  • Nationalité: Américaine

« Overlord » a longtemps été annoncé comme le 4ème opus de la saga « Cloverfield », qui devait venir succéder au décevant épisode sorti directement sur Netflix en février dernier. Cette saga a commencé en 2008 suivait l’arrivée de monstres mystérieux dévastant New York, le tout filmé en found-footage. « Overlord » se veut radicalement différent, même si les deux univers auraient facilement pu se croiser avec un peu d’imagination. Le cinéaste Julius Avery, qui signe seulement son deuxième long-métrage après « Son of a gun » sorti directement en e-cinema, fait équipe avec J.J Abrams, qui endosse ici la casquette de producteur à l’instar des trois « Cloverfield ». Dans « Overlord », on se retrouve plongé en plein Débarquement en compagnie des troupes américaines, qui à la veille du 6 juin 1944, ont pour mission de détruire une antenne relais se trouvant en haut d’une église.

Les premières minutes nous immergent en plein film de guerre avec une séquence introductive spectaculaire et étourdissante de réalisme. Maîtrisée et efficace, cette première scène nous transporte en plein cauchemar, encore plus immersif que « Dunkerque » (c’est dire !!). Même si on se concentre très rapidement sur le personnage de Boyce (notons que la fiction tord un peu la réalité en incluant ce personnage noir alors que l’armée américaine n’employait aucun soldat de couleur pendant la Seconde guerre mondiale), le film n’hésite pas à sacrifier très rapidement bon nombre de personnages secondaires. Pendant une bonne heure, « Overlord » évolue donc scrupuleusement dans un film de guerre, où une poignée de soldats cernés est dotée d’une mission périlleuse au sein d’une armée nazie nombreuse. Boyce et ses comparses trouvent refuge chez une française vivant avec son frère et sa tante (très) malade. Après beaucoup d’appréhension, elle va accepter de les aider à accomplir leur mission. Face à elle, le général nazi (joué avec un immense talent par Pilou Asbaek) qui profite d’elle régulièrement.

Haletant et sans trop de temps morts, « Overlord » peut ainsi évoquer « Inglorious bastards » dans la tension et la cruauté apparente dans le langage des nazis. Mais peu à peu, d’abord par petites touches, « Overlord » se mue dans un film de genre, avec la découverte d’un laboratoire où les nazis opèrent des expériences terrifiantes, où l’existence d’un sérum permet à des soldats morts ou mal en point de devenir surpuissants. Si la thématique du nazi se transformant en zombie a déjà vu le jour (particulièrement « Dead snow »), « Overlord » développe aussi les principes des dangers de l’immortalité si ce sérum est mis entre de mauvaises mains, ou encore la génétique comme arme de guerre. Par le biais d’un film hautement divertissant et vraiment très plaisant à suivre, le film déploie parfois des réflexions métaphysiques sur la puissance de l’Homme. Le mélange des genres entre film de guerre et film d’horreur fonctionne parfaitement bien, et verse même clairement dans le gore dans sa dernière demie-heure. On relèvera toutefois quelques bémols, comme le sort en suspens de certains personnages comme la tante qui ne sert d’irruption de la science-fiction dans le récit, et un final un poil trop expédié à mon goût. Toutefois, on ressort repu de cette série B soignée et originale, violente aussi bien dans le cadre historique que dans la mise en scène.

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SCENARIO 85%
MISE EN SCENE 84%
ACTEURS 84%
PHOTOGRAPHIE 78%
TROUILLOMETRE "GORIFIQUE" 80%
APPRECIATION GENERALE 83%
Vote final

Hautement divertissant et gore, "Overlord" parvient à fusionner habilement film de guerre et film de genre. Bénéficiant d'une mise en scène efficace et d'un jeu d'acteur convaincant, le film surprend par sa tension permanente provenant aussi bien du récit historique que de l'aspect science-fiction, qui offre au passage une réflexion sur les dangers de l'immortalité.

Note finale 82%