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Night run : Comme un polar du dimanche soir


À Brooklyn, Jimmy Conlon, mafieux et tueur à gages qu’on surnommait autrefois le Fossoyeur, n’est pas au mieux de sa forme. Ami de longue date du caïd Shawn Maguire, Jimmy, qui a aujourd’hui 55 ans, est hanté par ses crimes – et traqué par un inspecteur de police qui, depuis 30 ans, n’a jamais renoncé à l’appréhender. Et ces derniers temps, il semble que le whisky soit le seul réconfort de Jimmy.
Mais lorsqu’il apprend que sa prochaine mission consiste à éliminer Mike, son fils qu’il n’a pas revu depuis des années, Jimmy doit choisir entre la « famille » mafieuse qu’il s’est construite et la vraie famille qu’il a abandonnée il y a bien longtemps. Tandis que Mike est en cavale, Jimmy comprend que pour racheter ses fautes passées, il lui faut sans doute protéger son fils du sort funeste qui l’attend lui-même désormais… Alors qu’il n’est plus en sécurité nulle part, Jimmy ne dispose que d’une seule nuit pour résoudre son conflit de loyautés et s’amender enfin.

  • Réalisateur(s): Jaume Collet-Serra
  • Acteurs principaux: Liam Neeson, Ed Harris, Joel Kinnaman
  • Date de sortie: 11/03/2015
  • Nationalité: Américaine
Night Run

Un Liam Neeson pur jus !

 

Peu connu du public français, le réalisateur Jaume Collet-Serra est pourtant un des cinéastes espagnols que j’apprécie le plus. Notamment parce qu’il creuse, film après film, la question de l’identité. L’identité « cachée par la matière » avec le film d’horreur « La maison de cire » (2005), l’identité « oubliée » dans « Sans identité » (2012) ou encore la fausse identité dans le thriller « Esther » (2010). N’oublions pas non plus, « Non stop » (2014), un cran en dessous des précédents films cités, à cause d’une fin un peu farfelue. J’attendais donc beaucoup le nouveau film de Collet-Serra, même si son nouveau film lorgne plutôt du côté des purs films d’action.

Et qui de mieux pour incarner un héros d’action que Liam Neeson, avec qui Collet-Serra signe leur troisième collaboration (et un quatrième film en commun serait en préparation). A peine deux mois après le décevant « Taken 3 », Liam Neeson incarne ici un ancien tueur à gages alcoolique, qui va devoir tuer le film de son ami mafieux, afin de sauver son propre fils. On retrouve les codes habituels du bon polar, à savoir un film de rédemption, où l’on retrouve le thème prégnant de la vengeance et du héros qui perd les pédales. A ceci près que ce film est le plus sombre de la filmographie de Collet-Serra, lui même qui a déclaré que ce film a été conçu comme un « western moderne. », ce qui transparaît véritablement à l’écran, tant les enjeux narratifs du film (protéger sa famille, venger la mort de l’un des autres, ou même les armes utilisées, comme le fusil) semblent emprunter aux codes habituels du western.

Si « Night run » se regarde comme un bon polar du dimanche soir, c’est avant tout pour ses scènes d’action très bien menées, malgré, il faut le dire, un montage trop épileptique et rapide, un défaut qui semble devenir une récurrence pour les films de ce genre, désormais. On a l’impression que Jaume Collet-Serra prend plaisir à nous désorienter, par sa mise en scène qui se veut fluide (avec les plans en accéléré dans la ville de New York et des scènes de poursuite où la caméra alterne les points de vue), mais aussi par son scénario, assez complexe au départ mais qui devient  très vite compréhensible et parfois plaisant. Sans révolutionner le genre et sans être transcendant, « Night run » vaut son pesant de cacahuètes pour le double face à face Liam Neeson/Ed Harris, et leur fils respectif. Un brin surprenante, la fin ré-hausse un peu l’intérêt de ce polar sympathique mais aux airs de déjà-vu.

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SCENARIO 76%
MISE EN SCENE 74%
ACTEURS 86%
BANDE SON 62%
PHOTOGRAPHIE 71%
APPRECIATION GENERALE 73%
Vote final

Sans révolutionner le genre et sans être transcendant, "Night run" vaut son pesant de cacahuètes pour le double face à face Liam Neeson/Ed Harris, et leur fils respectif. Un brin surprenante, la fin ré-hausse un peu l'intérêt de ce polar du dimanche soir mais aux airs de déjà-vu.

Note finale 73%