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MrNice [Critique]


Mr Nice, c’est l’histoire d’ :

Un drôle individu au parcours incroyable : Howard Marks. Le long-métrage de Bernard Rose raconte le parcours exceptionnel de ce trafiquant qui est devenu une figure de proue de la légalisation du cannabis.

Howard (incarné à l’écran par Rhys Ifans) est un jeune Gallois qui suit ses études à Oxford à la fin des années 60. Comme beaucoup d’étudiants, il est initié aux plaisirs de la marijuana et des délires hallucinogènes. C’est d’ailleurs un peu par hasard, juste pour rendre service, qu’il transporte pour la première fois du cannabis. Il se découvre une vocation et exploite ce filon très rentable pour développer un véritable business.

 

Lorsqu’il est arrêté en 1988, il est recherché activement dans près de 14 pays ! Pendant 20 ans, Howard a monté un véritable empire et il a régné en maître absolu sur le plus grand trafic de marijuana européen. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il prend le surnom de Mr Nice puisque Howard est attachant, drôle et non-violent…Loin des smartshop actuels, il a toujours rivalisé d’originalité pour écouler sa marchandise et c’est cette ingéniosité qui a contribué à en faire une figure très populaire outre-manche.

Le réalisateur signe une adaptation déjantée et pleine d’humour, toute en finesse, de l‘autobiographie de Mr Nice. Rythmé et sans temps morts, ce film de genre s’attache à montrer la contre-culture britannique et la philosophie de ce contrebandier des temps
: pour Howard, la vente de ces petites fleurs est beaucoup moins nocive que la vente d’armes….Pourtant, l’une est légale et l’autre pas ! (Howard a d’ailleurs ouvert une sorte de headshop spécialisé dans certains accessoires pour les fumeurs de ganja : pipes, portefeuilles, parfums…). Le jeu des acteurs, y compris des seconds rôles, vient renforcer la puissance comique des scènes humoristiques.

La seule faiblesse du film vient du parti pris de Bernard Rose de ne jamais s’éloigner du récit d’Howard Marks. La légèreté avec laquelle le sujet est traité, l’absence de mise en perspective des situations, véhicule une image un peu édulcorée, parfois sirupeuse, d’une réalité souvent plus sombre. Et les rapports ambigus qu’Howard a pu entretenir avec les activistes de l’IRA ou les réseaux palestiniens devraient d’ailleurs venir contrebalancer le portrait un peu idyllique dressé ici.

 

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