Nos avis Ciné

Madame : Un « Cendrillon » des temps modernes bien fade…


Anne et Bob, un couple d’américains fortunés récemment installé à Paris, s’apprêtent à donner un grand dîner, et convient douze invités triés sur le volet, réunissant la haute société anglaise, française et américaine. Mais lorsque Anne réalise qu’un treizième couvert est posé pour Steven, le fils du premier mariage de Bob, elle panique : pour cet événement mondain, hors de question de provoquer le mauvais sort ! Elle demande à Maria, sa domestique, d’enfiler une robe et de se faire passer pour une riche amie espagnole. Maria se retrouve assise à côté de David, un expert en art issu de la noblesse britannique. Aussi quand, sous le charme de Maria, il la recontacte le lendemain, révéler sa véritable identité est impossible. Une romance commence, qui va faire trembler les valeurs élitistes et le mariage d’Anne. A moins que cette dernière n’arrive à l’étouffer…

 

  • Réalisateur(s): Amanda Sthers
  • Acteurs principaux: Toni Colette, Harvey Keitel et Rossy De Palma
  • Date de sortie: 22/11/2017
  • Nationalité: Française

Auteur d’une biographie sur Johnny Hallyday, Amanda Sthers est également réalisatrice. Son premier film date toutefois de 2008 avec « Je vais te manquer ». Pour son deuxième film « Madame », la réalisatrice a pris comme point de départ Rossy De Palma, ni plus ni moins. L’actrice espagnole connue pour ses rôles dans le cinéma d’Almodovar fut impressionnée par la pièce de théâtre de Sthers intitulée « Le vieux juif blonde », a demandé à travailler avec la cinéaste. Sthers a déclaré «avoir du mal à écrire sur commande, mais [qu’elle] était flatée. » Elle ajoute : « J’étais impressionnée que cette actrice emblématique fasse une démarche vers moi. Je trouvais intéressant de la montrer comme je l’ai vue, et comme l’ont vu tous les membres de l’équipe : une femme dont on tombe amoureux. Parce que sa beauté intérieure illumine la beauté singulière de son physique -pour moi, Rossy, c’est un Modigliani enchanté ! » Amanda Sthers a révélé sa méthode de travail – plutôt risquée- consistant à ne jamais répéter et à demander aux acteurs de livrer la première version de la scène qu’ils ont en eux.

Se présentant comme un « Cendrillon » des temps modernes, « Madame » doit beaucoup à son actrice principale Rossy De Palma. Celle ci se donne corps et âme dans un rôle de servante naive et désorientée, qui va devoir accepter de se faire passer pour une riche héritière afin de conjurer la « malédiction » d’être 13 à table. D’abord réticente, Maria va accepter. Mais un des invités fortunés va tomber fou amoureux d’elle sans savoir sa réelle condition sociale. Le postulat de départ était alléchant et promettait moult quiproquos, avec au centre la relation entre la femme de maison (incarnée par Toni Colette) et la bonne. Malheureusement, « Madame » n’atteindra jamais la hauteur de ses ambitions. Le long-métrage n’a beau durer qu’1h30, on s’ennuie fermement devant des situations qui manquent cruellement d’inspiration, des dialogues creux et une mise en scène clichée et poussiéreuse.

Si le film s’annonce comme une comédie vaudevillesque, le résultat est plus trouble que ça. On ne rit quasiment pas, et le film frise plus souvent la chronique sociale. « Madame » a le méfait d’avoir le cul entre deux chaises : ni une comédie, ni un drame social, ce qui le rend finalement peu intéressant. Le film se contente – en majeure partie – de recycler des vieux clichés autour des défauts supposés des français ou des anglais. Ou alors il se répète lorsqu’il s’agit d’évoquer les différences sociales. Bref, rien de bien neuf. D’autant que le final (trop ouvert) est totalement décevant, n’apportant pas vraiment de réponse à la relation maitresse de maison/servante, et laisse le début de relation amoureuse trop en suspend.

email
SCENARIO 48%
MISE EN SCENE 43%
ACTEURS 71%
PHOTOGRAPHIE 57%
BANDE SON 64%
APPRECIATION GENERALE 49%
Vote final

Si « Madame » s'annonçait comme une savoureuse comédie autour de la lutte de classes, Amanda Sthers signe un film terriblement décevant, ne parvenant pas à choisir entre chronique sociale et comédie. Certes, Rossy De Palma sauve ce film de la catastrophe avec sa candeur amusante, mais le tout reste trop fade et formaté pour toucher le spectateur.

Note finale 55%