Nos avis Ciné

Love : L’amour (et le sexe) en 3D


Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave.
Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

Interdit aux moins de 16 ans !

  • Réalisateur(s): Gaspard Noé
  • Acteurs principaux: Karl Glusman, Aomi Muyock, Klara Kristin
  • Date de sortie: 15/07/2015
  • Nationalité: Française

 

Un film érotique qui parle d'amour...

Un film érotique qui parle d’amour…

As de la provoc’, Gaspard Noé est avant tout un artiste à part entière, dans le sens noble du terme, qui propose un cinéma radicalement différent et sulfureux. Son but assumé est de toujours faire sortir le spectateur de ses certitudes en le mettant mal à l’aise tout en le faisant refléchir. Son film fondateur, « Irréversible » (2002) avait suscité une énorme polémique au Festival de Cannes. Il contient l’essence de son cinéma : de la violence pure et exacerbée, du sexe très cru, un sens du cadrage et de la mise en scène déstabilisante, bref tout pour choquer le spectateur…« Irréversible » avait aussi la force de renverser sa narration en commençant par la fin et en finissant par le début de l’intrigue (le viol d’une femme dans une allée souterraine, et la vengeance de son compagnon). Ce travail autour du temps renvoie aussi au trip « Enter the void », moins bon à mon sens.

En partant d‘un point de départ similaire à celui de « Nymphomaniac » de Lars Van Trier, un homme se rappelle d’une relation de deux ans avec Electra, portée disparue. Evidemment, lorsque l’on va voir ce film, on sait (ou on pense) à quoi s’attendre : la promesse d’un porno en 3D avec des scènes de sexe très crues (à l’instar de « L’inconnu du lac »). Mais comme son nom l’indique, « Love » est avant tout un film qui parle d’amour, ou comment un homme se retrouve déprimé entre une vie de famille paisible et le souvenir d’une femme qu’il a véritablement aimé. Entre peur de l’engagement, jalousies, crises et joies, « Love » est un film très particulier avec une narration éparpillée façon puzzle qui se remet dans l’ordre. Soyons clair néanmoins, le film contient de nombreuses scènes de sexe (et ce, dès le premier plan du film) où la caméra épouse à la fois les corps dénudés, et montre aussi des éjaculations en gros plan, des fellations, pénétrations dans tous les sens, et autres plan à 3.

Selon moi, la grande réussite du film demeure en sa 3D immersive et jaillissante très réussie, non seulement dans ses scènes hot, mais aussi dans son atmosphère générale emprunte de mystère ou encore dans des scènes de boîtes de nuit. Le film se vit comme une véritable expérience au cinéma, où le trash trouve le plus souvent du sens. Gaspard Noé immisce des scènes de sexe dans sa narration, et pas l’inverse, ce qui évite au film d’être trop vulgaire. Le cinéaste n’hésite pas à faire parti du film : il incarne l’ex d’Electra (un artiste prénommé Noé) et l’enfant de Murphy s’appelle Gaspard, clin d’oeil amusant, égocentrisme exaspérant ou mise en abyme de l’artiste dans le processus de création de son oeuvre, chacun y verra l’angle de vue qu’il souhaite.

Si la première heure du film est réussie, dans un film qui se suit comme un jeu de pistes où l’on cherche à comprendre ce qu’il s’est passé, le film s’effiloche peu à peu et devient plus ennuyeux. Chargé de références (comme l’affiche du très sulfureux « Salo » sur un mur), le film donne l’impression qu’il veut s’accommoder de l’image que l’on attendait de lui (d’où cette éjaculation en gros plan en 3D que tout le monde attendait) et donne l’impression de vouloir s’attacher à des références qui lui sont supérieures (« Salo » donc mais aussi « Nymphomaniac » qui étaient plus aboutis que ce film). Pas vraiment subversif, mais singulier, assurément, « Love » n’est peut être pas la réussite absolue, avec une mise en scène de Gaspard Noé douce qui contraste au cru des séquences mais au montage trop haché (le principe du plan-séquence comme il l’avait fait dans « Irréversible » aurait été préférable à la continuité du film.

EXTRAIT DU FILM :

email
SCENARIO 66%
MISE EN SCENE 74%
ACTEURS 75%
3D 91%
PHOTOGRAPHIE 78%
APPRECIATION GENERALE 67%
Vote final

Véritable expérience de cinéma, "Love" est avant tout un film qui parle d'amour parsemé par des scènes de sexe très explicites. Porté par un 3D très réussie, le film s'effiloche malheureusement dans la deuxième partie du film, où les références appuyées et la surabondance de scènes "hot" finit par devenir lassant...

Note finale 75%