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Les sept mercenaires : Le retour du « western-spectacle » !


L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…

  • Réalisateur(s): Antoine Fuqua
  • Acteurs principaux: Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke
  • Date de sortie: 26/09/2016
  • Nationalité: Américaine

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Quelques semaines après « Ben-Hur », un autre grand classique du cinéma a le droit à une relecture moderne. Ainsi, « Les sept mercenaires » est un remake du même nom, réalisé par John Sturges sorti en 1960 et qui réunissait entre autre Steve McQueen et Charles Bronson. Un film lui même inspiré du film japonais « Les sept samouraïs » réalisé par Akira Kurosawa, sorti six ans plus tôt.

Pour se charger du réalisme du film, le cinéaste Antoine Fuqua ( à qui l’on doit de nombreux films d’action comme « Training day », « La chute de la maison Blanche » et dernièrement « La rage au ventre ») a tenu à accorder une place primordiale à la préparation, avec un entraînement de 6 mois aux acteurs pour monter à cheval mais aussi pour s’habituer aux lourds costumes de l’époque, et une part importante aux cascades, le film évite le plus possible les effets numériques. Le film d’Antoine Fuqua s’inscrit donc dans le sous-genre bien codifié du western, qui semble revenir de plus en plus à la mode ces dernières années. Mais bien souvent, les récentes productions avaient pour ambition de déformer les codes traditionnels du western. On peut penser au « True Grit » des frères Coen qui réinventait le mythe, du récent « Comancheria » qui parlait du western en toile de fond pour servir un message social actuel, mais on repense beaucoup au dernier film de Quentin Tarantino « Les huit salopards ». Tarantino avait su déformer la forme du western en posant son cadre dans un gîte isolé encerclé par des paysages enneigés, tout en conservant voire renforçant la violence inhérente au genre.

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« Les sept mercenaires » s’inscrit en tout cas dans une volonté de retour au western traditionnel, tout en le modernisant dans sa mise en scène plus dynamique. Et l’on peut affirmer que cette relecture d’Antoine Fuqua est une franche réussite ! Pour incarner ses sept personnages, le cinéaste a fait appel à des acteurs aussi charismatiques que Denzel Washington, Chris Pratt ou encore Ethan Hawke. Tous vont s’associer pour venir en aide aux habitants de la petite ville de Rose Creek, tyrannisés par Bogue, un homme d’affaire qui souhaite exproprier les biens des habitants pour s’enrichir. L’association de diverses cultures (un black, un amérindien, un asiatique) forment également un sous-entendu d’un melting-pot réussi et qui résonne avec la situation politique américaine actuelle. Mais ne vous y trompez pas, « Les sept mercenaires » est un véritable pop-corn movie, extrêmement divertissant et plaisant. Le film est bourré d’action, ça défouraille dans tous les sens avec un sens du rythme dans la mise en scène, ce qui fait passer ce western à la vitesse de son ombre, pour reprendre les termes de Lucky Luke.

Cette version 2016 des « Sept mercenaires » s’amuse à détourner intelligemment et subtilement le western, en y ajoutant de la magie et des petites astuces façon MacGyver qui permettra de s’en sortir, au contraire des westerns traditionnels ne misant que sur la force des personnages. Cette production est taillée pour plaire aussi bien aux jeunes générations n’ayant connu ni Kurosawa, ni Sturges, mais qui fait aussi de l’oeil aux aficionados plus âgés du western, en restant assez traditionnels dans son scénario qui reste classique dans son scénario. Saluons également la bande-son composée par James Horner, qui avait signé les musiques de « Titanic » ou encore « Apollo 13 » et qui est décédé juste après avoir composé la bande-son de ce film.

Si l’on peut regretter que certains personnages soient sous-traités par rapport à d’autres, et si les relations entre les mercenaires et les villageois ne sont pas suffisamment montrées, ce remake 2016 des « Sept mercenaires » est un vrai bon divertissant.

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SCENARIO 81%
MISE EN SCENE 86%
ACTEURS 85%
PHOTOGRAPHIE 86%
BANDE SON 86%
APPRECIATION GENERALE 85%
Vote final

Pour cette relecture des "Sept mercenaires", on en prend plein les yeux et les oreilles, porté par une intrigue rythmée où l'on se s'ennuie pas une seconde, y compris pour ceux n'ayant (comme moi) pas un goût prononcé pour le western.

Note finale 84%