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Les galettes de Pont-Aven : « Nom de Dieu, d’bordel de merde !! »


Henri Serin, un représentant en parapluie, mène une vie tranquille entre son travail, sa famille et sa peinture. Henri s’octroie, durant ses nombreux déplacements professionnels, quelques frasques amoureuses qui le changent du quotidien lassant dans lequel sa femme l’enferme.
Un beau jour, Henri décide de tout laisser tomber pour vivre d’amour et d’eau fraîche. Il échoue à Pont-Aven et fait la connaissance d’Emile, un peintre local imitant Gauguin, et avec lequel il partage ses beuveries…

  • Réalisateur(s): Joel Seria
  • Acteurs principaux: Jean-Pierre Marielle, Claude Piéplu, Bernard Fresson
  • Date de sortie: 1975
  • Nationalité: Française
Un film très très drôle !

Un film très très drôle !

 

Présenté lors du 34ème festival international du film d’Amiens, « Les galettes de Pont-Aven » fait partie de la rétrospective consacrée à Jean-Pierre Marielle, « le grand duc » du cinéma français. Réalisé par Joël Seria en 1975, « Les galettes de Pont-Aven » est souvent considéré comme un des films cultes de l’époque. L’histoire d’un VRP en parapluie qui sillone la Bretagne non seulement pour son travail, mais aussi et surtout pour éviter sa femme, glaciale à vivre et surtout au lit.

Projeté en 35 min ce soir, ce film a le pouvoir de rendre heureux et léger et on est satisfait d’avoir pu rire aux éclats sur certaines scènes. La première demie-heure où le personnage d’ Henri (peintre à ses heures perdues) fait la rencontre du peintre et surtout sa femme canadienne, laquelle se montre très entreprenante avec Henri, est d’une drôlerie folle. La folie légère du film est bien aidée par des dialogues aussi ciselés qu’hilarants tels que « Ton minou, on dirait de la mousse! » ou encore « Ton cul, c’est mon génie »!

On retiendra aussi de ces « Galettes de Pont-Aven », les décors bretons et le charme désuet et fou qui confine presque à une sorte de poésie burlesque. Dans le rôle d’Henri, Jean-Pierre Marielle excelle avec sa gouaille si prononcée et tellement drôle. Moi qui le connaissait surtout sur ses seconds rôles dans ses films récents, j’ai redécouvert sa facette si comique.

Son collègue Bernard Fresson, que je connaissais pour son rôle très gouailleur aussi dans « Le locataire » de Polanski, lui sert la réplique avec merveille, et lorsque les deux jouent ensemble, il y’a une magie invisible à l’écran qui transcende ce film. La présence féminine qui se trouve sublimée par Joel Seria et idéalisée par Jean-Pierre Marielle est aussi montrée sous l’angle de l’infidélité, angle osé pour l’époque. On peut seulement reprocher au film que l’aspect dramatique prend le dessus à la moitié du film sur la folie comique du début, avant de se rattraper sur fin avec des scènes caustiques et bien senties (le fameux « Kenavo »)

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SCENARIO 76%
MISE EN SCENE 68%
ACTEURS 92%
DIALOGUES 89%
HUMOUR 84%
APPRECIATION GENERALE 83%
Vote final

Premier film projeté au FIFAM dans la rétrospective sur Jean-Pierre Marielle, ces "Galettes de Pont-Aven" sont savoureuses à souhait dans les dialogues et le charme désuet qu'il dégage, permettant à Marielle de déployer tout l'éventail (très large) de son jeu avec ce rôle taillé sur mesure pour lui.

Note finale 82%