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Les fantômes d’Ismaël : Une purge !!


À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…

 

  • Réalisateur(s): Arnaud Desplechin
  • Acteurs principaux: Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg
  • Date de sortie: 17/05/2017
  • Nationalité: Française

Film d’ouverture du 70ème Festival de Cannes, « Les fantômes d’Ismaël » est le nouveau film d’Arnaud Desplechin, réalisateur creusant son sillon dans le cinéma d’auteur français (« Un conte de Noël », « Jimmy P. » ou encore « Trois souvenirs de ma jeunesse ».) Son dernier film, acclamé par la critique m’avait laissé complètement de marbre, devant la théâtralité insupportable du film. La volonté de Desplechin pour ce film était de constituer un film protéiforme où l’on aurait 5 films en 1. Comme il l’explique dans sa note d’intention : « Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock. Ismaël est frénétique. Et le scénario est devenu frénétique avec lui ! Pourtant, Ismaël dans son grenier essaie de faire tenir ensemble les fils de la fiction… »

Depuis 10 ans, les films d’ouverture du Festival de Cannes sont rarement convaincants. Hormis le touchant « La tête haute » (2015), l’un des meilleurs films de Woody Allen « Minuit à Paris » (2011) et le film d’animation Pixar « Là-haut » (2008), les films d’ouverture m’ont au mieux laissés indifférents : le clinquant « Gatsby le magnifique » (2013), l’usé « Café society » (2016) ou « Moonrise Kingdom » (2012). Au pire, on a assisté à des échecs comme « Grace de Monaco » (2014). Malheureusement, « Les fantômes d’Ismaël » va se rajouter à ces échecs. Un échec d’autant plus cuisant que le casting alléchant (Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Mathieu Amalric) laissait augurer d’un drame passionnel et passionnant. Pourtant, Desplechin disposait d’un scénario intéressant, à savoir le retour de Carlotta, la femme d’Ismaël dans sa vie, plus de dix ans après sa disparition soudaine, et alors que celui ci a refait sa vie avec Sylvia. Un scénario intéressant mais qui n’est pas utilisé à sa juste valeur.

Assez rapidement, on comprend que « Les fantômes d’Ismaël » est une énorme purge ! Sous couvert d’une certaine prétention auteuriste, Desplechin nous livre un scénario incompréhensible, mélangeant les situations et nous perdant vite dans les méandres des allers-retours dans le temps. Après un premier quart d’heure où l’on ne retrouve aucun des personnages principaux du film, le nœud du récit intervient lors du retour de Carlotta. Le cinéaste ne s’embarrasse pas du réalisme et sert son film de dialogues improbables et mécaniques, absolument pas naturels. On a cette désagréable impression que Desplechin évite soigneusement de traiter tous les points intéressants du récit (la dualité amoureuse, la culpabilité, le remord) pour aborder la psyché du personnage d’Ismaël et son rapport à son métier.

Après l’ennui que m’avait provoqué « Trois souvenirs de ma jeunesse », Arnaud Desplechin récidive dans un cinéma auquel je suis totalement hermétique. Un cinéma qui se définit par un jeu théâtral et narcissique insupportable, de dialogues trop écrits, d’un scénario destructuré et alambiqué et d’une mise en scène exagérant de fondus enchaînés et de zoom incessants. Un cinéma dénué d’émotion, comme dans ce film, où l’ennui qui arrive au bout de 10 minutes ne vous lâchera plus, et où les incohérences desservent tout attachement aux personnages. Mathieu Amalric et Marion Cottilard qui disposaient pourtant des rôles les plus forts sont totalement transparents, et seule Charlotte Gainsbourg s’en tire honorablement. Une fresque intellectualisée peu attrayante et totalement insipide…

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SCENARIO 24%
MISE EN SCENE 28%
ACTEURS 48%
PHOTOGRAPHIE 37%
BANDE SON 26%
APPRECIATION GENERALE 26%
Vote final

Finalement, « Les fantômes d'Ismaël » est une véritable purge, servi par un scénario alambiqué voire incompréhensible et un jeu d'acteurs théâtral insupportable ! Définitivement, le cinéma de Desplechin me déplait totalement dans son manque de réalisme, son narcissisme usant et son inexpressivité froide. A fuir !

Note finale 31%