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Les bêtises : Surprise « à la tati » !


François, la trentaine, lunaire et maladroit, est un enfant adopté. Pour rencontrer sa mère biologique, il s’introduit dans une fête organisée chez elle, se faisant passer pour le serveur. Il se retrouve alors au service d’une famille dont il ignore tout, la sienne.

  • Réalisateur(s): Rose et Alice Philippon
  • Acteurs principaux: Jérémie Elkaim, Sara Giraudeau, Jonathan Lambert
  • Date de sortie: 22/07/2015
  • Nationalité: Française
Tantôt drôle et touchant...

Tantôt drôle et touchant…

L’an dernier, les « premiers films » avaient révélés de nombreux talents et futurs cinéastes de renom, comme Thomas Cailley (Les combattants), ou encore les américains Dan Gilroy (Night call) ou encore Vincent Grashaw (Coldwater). Cette fois, ce n’est pas un mais deux cinéastes qu’il faudra suivre à l’avenir, à savoir les deux soeurs Alice et Rose Philippon. A mille lieues de tous les blockbusters estivals, « Les bêtises » a toutes les apparences d’une jolie farce burlesque autour de la filiation. Soit l’histoire de François, 35 ans, à la recherche de sa mère adoptive et qui va se faire passer pour un serveur pour s’en rapprocher et tenter de comprendre. Gaffeur dans l’âme, à mi-chemin entre Pierre Richard et Charlie Chaplin, François (joué avec malice par le délicat Jérémie Elkaim) va accumuler les bourdes dans un film qui souffle un vent d’air frais dans les salles.

Quasi huis clos, « Les bêtises » se révèle extrêmement prenant (à ma plus grande surprise) tant on est pris dans cette histoire drôle et enthousiasmante. Clairement inspiré de Jacques Tati, le film y fait souvent des clins d’oeil et prend les airs d’un cinéma burlesque devenu très rare aujourd’hui. En effet, le film joue avec plaisir sur la largeur des plans, des personnages entrent et sortent du  champ et l’on assiste à certaines séquences vraiment loufoques dont je vous laisserai le plaisir de découvrir au cinéma. La galerie des personnages comme cette autre serveuse prise par une crise de hocquet mystérieux, cette mère distante, ces frères un peu fous ou encore ce père conciliant (campé par le rassurant Jacques Veber) s’harmonisent dans ce film enjoué et très plaisant qui sous une atmosphère burlesque insuffle des messages profondément dramatiques sur la filiation.

En enchaînant les péripéties et surprises (même si certaines situations sont parfois quelque peu convenues), « Les bêtises » crée vraiment la petite surprise. Ce très joli film, qui baisse parfois un peu en intensité, prend son envol lorsque Jérémie Elkaim revient dans la villa chanter la célèbre chanson de Sabine Paturel « Les bêtises » dans une ambiance festive et joyeuse tout en marqué d’une profonde émotion. C’est incontestablement LA scène du film, qui risque de rester dans mes scènes préférées de l’année, dans le double sens des paroles vis à vis de la situation à cet instant précis du film. Si la fin du film peut traîner quelque peu en longueur malgré la très courte durée du film (1h19), le coup de théâtre final surprend autant qu’il détonne… Ou l’exemple même du petit film estival inattendu !!

 BANDE-ANNONCE DU FILM :

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SCENARIO 85%
MISE EN SCENE 84%
ACTEURS 85%
BANDE SON 84%
PHOTOGRAPHIE 77%
APPRECIATION GENERALE 86%
Vote final

A mille lieues des blockbusters estivaux, "Les bêtises" est l'exemple même du petit film inattendu. Frais et drôle tout en étant profond et dramatique, le film est porté par le pétillant Jérémie Elkaïm, le tout dans un quasi huis-clos rafraîchissant à la frontière du cinéma de Jacques Tati !

Note finale 83%