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Les Ardennes : Un premier film encourageant


Interdit aux moins de 12 ans
Un cambriolage tourne mal. Dave arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble.
Avouer la vérité à Kenneth pourrait tourner au règlement de compte…

  • Réalisateur(s): Robin Pront
  • Acteurs principaux: Veerle Baetens, Jeroen Perceval, Kevin Janssens
  • Date de sortie: 13/04/2016 et disponible en dvd/bu-ray/vod depuis le 6/09/2016
  • Nationalité: Belge

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« Les Ardennes », qui doit son nom à la région francophone du sud de la Belgique en Wallonie, est une adaptation de la pièce de théâtre écrite par Jeroen Perceval, qui a également co-écrit le scénario et qui a officié en temps qu’acteur. C’est le jeune cinéaste Robin Pront qui avec ce film signe son premier long-métrage, après deux courts-métrages qui mettaient au cœur du récit des personnages étranges et violents, agissant très loin d’une certaine normalité. Le cinéaste a déclaré d’aileurs « aimer les films avec des situations bizarres ». « Les Ardennes » a en tout cas décroché deux prix : le prix Sang Neuf au Festival du film policier de Beaune, et le prix du meilleur film flamand en coproduction lors de la dernière cérémonie des Magrittes du cinéma (l’équivalant des César en Belgique). Le co-scénariste et acteur Jeroen Perceval résume « Les Ardennes » de cette façon : « L’essence même de cette histoire traite de l’entourage qu’on se crée par peur du rejet des autres. Le film parle du problème moral, là où se situent les limites de la loyauté fraternelle, du racisme, de l’incapacité à gérer l’amour avec sensibilité, et de l’addiction. Il parle de cette colère incontrôlable, de la fatalité, de cette rage qui se retourne contre soi-même et ceux qu’on aime. »

« Les Ardennes » commence effectivement d’une manière assez ambiguë où il est question d’un cambriolage qui a mal tourné. Kenneth se retrouve en prison, alors que son frère Dave est parvenu à s’enfuir avant. Quatre ans ont passé, Kenneth s’apprête à sortir de prison, et ce qu’il ignore, c’est que Dave et sa petite amie de l’époque Sylvie se sont mis ensemble. Le film imbrique ainsi plusieurs relations, celle fraternelle entre ces deux frères de sang, celle diffuse qui unisssait Kenneth et Sylvie qui n’est pas venu lui rendre visite en prison, et plus généralement, ce trio amoureux sur fond de secrets. Au milieu de cela, le hasard qui vient s’immiscer dans le récit, comme par exemple, ce choix de l’intrigue qui repose sur un penalty lors d’un match de foot à la télé. Par la suite, Robin Pront s’appuie à détourner le conflit du trio amoureux pour le rendre plus diffus et moins visible.

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« Les Ardennes » développe une atmosphère très sombre, voire sordide, à l’image de sa photographie poisseuse assez glauque et de sa bande originale très oppressante. Assez froid mais efficace, la première partie du film nous montre le difficile retour à la vie normal après un séjour en prison. On ressent toute l’influence du cinéma des frères Coen, basé sur une violence assez burlesque et une certaine lenteur narrative. Toutefois, passé la première demie-heure, le film a tendance à bégayer sans parvenir à décoller en particulier dans son milieu du film assez creux. Avant que Kenneth ne commette l’irréparable et ré-enclenche la spirale infernale de violence, dans laquelle il semblait vouloir se défaire. Ce thriller sombre débouche ensuite sur une fin en forme de drame shakespearien, où la prison et la mort ne semblent être que les uniques options.

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SCENARIO 68%
MISE EN SCENE 76%
ACTEURS 72%
PHOTOGRAPHIE 82%
BANDE SON 68%
APPRECIATION GENERALE 64%
Vote final

Pour son premier film, Robin Pront nous délivre un thriller sombre d'une grande noirceur. Pas toujours efficace dans le rythme de sa narration qui de plus est assez basique et manque de tension, « Les Ardennes » se rattrape dans les choix de mise en scène, entre symbolisme et originalité.

Note finale 71%