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Le voyage de Fanny : La guerre à hauteur d’enfant


Du haut de ses 12 ans, Fanny a la tête dure ! Mais c’est surtout une jeune fille courageuse qui, cachée dans un foyer loin de ses parents, s’occupe de ses deux petites sœurs.
Devant fuir précipitamment, Fanny prend alors la tête d’un groupe de huit enfants, et s’engage dans un dangereux périple à travers la France occupée pour rejoindre la frontière suisse.
Entre les peurs, les fous rires partagés et les rencontres inattendues, le petit groupe fait l’apprentissage de l’indépendance et découvre la solidarité et l’amitié…

  • Réalisateur(s): Lola Doillon
  • Acteurs principaux: Cécile de France, Léonie Souchaud, Fantine Harduin
  • Date de sortie: 11/05/2016
  • Nationalité: Française

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Troisième long-métrage de Lola Doillon après avoir signé « Et toi, t’es sur qui ? » en 2006 et « Contre toi » en 2009, la fille du cinéaste Jacques Doillon s’est récemment illustrée en réalisant quelques épisodes de l’excellente série « Dix pour cent ». Elle adapte cette fois en film le roman « Le journal de Fanny » écrit par une romancière allemande, Fanny Ben Ami, qui avait 13 ans, au moment où le film débute (en 1943). Lola Doillon est allée la rencontrer en Israël où l’écrivaine vit actuellement. D’abord réticente en voyant les différences entre le film et sa vie vécue, Fanny Ben Ami a accepté et déclaré : « En y réfléchissant et en parlant avec des amis, j’ai compris qu’un film n’était pas un livre, qu’il était pour les autres, par pour moi. Et qu’il y’avait des aspects de mon parcours qui étaient importants à mes yeux mais pas forcément pour le film. Au final, je crois que Lola a bien fait et que, dans son scénario, le principal est là, et l’essentiel est dit. »

Tourné en partie en France, et pour le reste en Belgique, « Le voyage de Fanny » nous plonge en pleine seconde guerre mondiale. Mais ici, il n’est pas question d’y voir le conflit en lui-même, mais le point de vue d’enfants, qui doivent fuir la guerre et se réfugier en Suisse, pays neutre où ils seront en sécurité. Ce qui intéresse Lola Doillon, c’était selon elle « de montrer comment ces enfants, qui n’étaient pas sous les bombes, mais qui subissaient pourtant la violence de l’abandon et la peur d’être orphelin ». Le film s’attèle donc à suivre ce petit groupe d’enfants (qui fut dans la réalité plus important que ce qui est montré dans le film), devant se cacher parce qu’ils étaient juifs. D’abord protégés par l’exigente mais bienveillante Mme Forman, devenue une véritable figure de la Résistance (interprétée par Cécile de France), les enfants vont ensuite être confiés dans les mains de 2 jeunes hommes, avant de se retrouvés livrés à eux mêmes.

Si « Le voyage de Fanny » est animé de très belles intentions en s’articulant autour du courage de ses enfants et de leur incompréhension de cette guerre qu’ils vivent souvent de très loin, le film déçoit dans sa réalisation. On ne peut rien reprocher ni à la photographie soignée qui subjugue des paysages naturels sublimes, rien à redire non plus dans la reconstitution historique assez discrète mais réussie. En revanche, le film ne parvient pas à provoquer l’émotion attendue pour ce type d’histoire, Lola Doillon restant finalement très en surface dans son récit assez lisse et qui semble représenter la guerre de manière policée et romancée, ce qui écrase toute émotion. L’autre souci majeur réside dans l’interprétation mitigée de certains enfants, et particulièrement la jeune actrice qui prête ses traits à Fanny, l’héroine du film, qui a bien du mal à incarner son personnage.

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SCENARIO 58%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 57%
PHOTOGRAPHIE 70%
BANDE SON 59%
APPRECIATION GENERALE 57%
Vote final

Relativement lent dans son déroulement, « Le voyage de Fanny » est un film qui malgré ses qualités (en nous montrant le danger permanent de la guerre et son lot de trahisons) a du mal à se hausser au dessus du divertissement familial trop fabriquer pour susciter l'émotion que l'on devrait avoir dans ce genre de film. On reste donc sur notre faim dans ce film un brin trop scolaire, et qui par fulgurances, avaient pourtant de très bonnes idées, en témoigne ce final près de la frontière, qui réveille quelque peu le film et saisit le spectateur, c'est un peu tard pour convaincre dans son ensemble.

Note finale 60%