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Le tournoi : Une belle réussite !


7 jours de tournoi dans un grand hôtel à Budapest.
Un favori : Cal Fournier, 22 ans, champion de France d’échecs, génie immature, programmé pour la victoire, combat ses adversaires avec une puissance impressionnante. Déconnecté du monde, Cal se noie dans les jeux et paris permanents avec sa petite amie Lou et ses acolytes Aurélien, Anthony et Mathieu.
Mais un adversaire pas comme les autres va enrayer cette routine bien huilée…

  • Réalisateur(s): Elodie Namer
  • Acteurs principaux: Michelangelo Passaniti, Lou de Laâge, Adam Corbier
  • Date de sortie: 29/04/2015
  • Nationalité: Française
Echec et mat !!

Echec et mat !!

 

Décidément, ces dernières semaines, un vent de fraîcheur souffle sur nos salles, et particulièrement dans le cinéma français. Après Alex Lutz, Jamel Debbouze et Clovis Cornillac, c’est au tour de la plus inconnue mais non moins talentueuse Elodie Namer (jusqu’alors scénariste de séries comme « Foudre », « Doc Martin » et « Seconde chance ») de signer son premier film. On peut avoir quelques inquiétudes de se perdre très rapidement, pour ceux comme moi, qui n’y connaissent absolument rien aux échecs, avec le risque de se coltiner les multiples combinaisons possibles pendant 1h20. Et disons le clairement, ce film ne me fera pas devenir un crack aux échecs dès demain et ne fera pas avancer le schmilblik d’un pouce. Mais l’essentiel est ailleurs, car l’on s’attache très vite à cette histoire se plaçant dans une contexte particulier, entre compétition acharnée pour la victoire le jour et beuveries et autres jeux particulièrement recherchés (l’empilement des chaises et meubles de l’hôtel) à n’en plus finir la nuit. Le tout dans un quasi huis clos emballant, à l’intérieur même d’un pays étranger (la Hongrie si je ne dis pas de bétise)

Une photographie formidable et une interprétation à la hauteur

Si le film peut parfois déborder d’un trop plein de bonnes intentions (un rythme qui s’enraye parfois), et frôler parfois la disqualification (certaines scénes comme la séquence d’engueulade un brin exagérée sur le sexisme arrive comme un cheveu sur la soupe), « Le tournoi » est à l’image du jeu qu’il décrit, plus complexe qu’il n’y paraît. Si Elodie Namer traite avant tout de la pression d’une compétition avec bien évidemment les séquences de duel, le film aborde également les ondes qui se propagent bien au delà de la compétition, sur la vie sentimentale (qui accompagne la trajectoire descendante du personnage), sur l’amitié entre potes (les secrets de chacun s’ouvrant au grand jour) ou encore le sponsoring et surtout la pression qui continue en dehors des matchs. Même les séquences de fête nocturne, comme l’image ci-dessus, servent à la fois de défouloir à la pression, mais aussi restent empreint, surtout pour le personnage principal, d’une grande tension. Avec une tension qui monte crescendo et porté par une photographie extrêmement soignée, « Le tournoi » fait parti de ces films d’atmosphère qui restent en tête bien après la projection.

Michegelo Passaniti, grande révélation du film

Michelangelo Passaniti, grande révélation du film !

Grande révélation du film, Michelangelo Passaniti est le symbole même d’un film insaisissable et fascinant. La réalisatrice Elodie Namer a confié l’avoir choisi, de part sa carrière de boxeur et de la retenue de son jeu d’acteur. D‘un caractère assez discret, sa psychologie tantôt froide et scientifique, tantôt sexy et attachant, son personnage peut d’une scène à l’autre, exaucer le « souhait » de son pote, être abasourdi par la décision de son entraîneur, ou encore agresser son principal adversaire, un jeune garçon qui met à mal toutes ses tactiques. Sans rien révéler de la fin du film, celle ci est très intelligente, et prend à contre-pied toutes les stratégies que l’on peut établir. Au travers de cette étonnante fin, c’est avant tout la force mentale que la réalisatrice parvient à saisir avec une facilité déconcertante, pour un premier film. A coté de Michelangelo Passaniti, les autres acteurs ont un rôle assez limités, et particulièrement le rôle un peu trop léger de Lou de Laâge, qui prend des décisions assez curieuses, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Malgré ces quelques défauts, « Le tournoi » est un premier film convaincant !

 

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SCENARIO 71%
MISE EN SCENE 82%
ACTEURS 86%
BANDE SON 83%
PHOTOGRAPHIE 91%
APPRECIATION GENERALE 77%
Vote final

Avec ce premier film globalement réussi (malgré ses failles dans le rythme), Elodie Namer place ses pions avec intelligence et complexité pour l'avenir. Son "Tournoi", quasi huis clos, est véritablement fascinant dans son approche de la compétition, sa photographie extrêmement soignée et révèle le jeune acteur Michelangelo Passaniti, brillant !!

Note finale 81%