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Le pont des espions : Efficace et humaniste


James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

  • Réalisateur(s): Steven Spielberg
  • Acteurs principaux: Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Sherperd
  • Date de sortie: 02/12/2015
  • Nationalité: Américaine
Tom Hanks impeccable !

Tom Hanks impeccable !

Cinéaste sans doute le plus reconnu de tout le monde, Steven Spielberg revient donc au cinéma en cette fin d’année, en nous proposant, comme depuis quelques temps, une incroyable histoire vraie. Car après avoir consacré l’essentiel de sa filmographie à la part de l’enfance et à l’extraterrestre (avec E.T, l’extraterrestre, Jurassic Park, ou encore Rencontres du troisième type et La guerre des mondes), Spielberg revient à des films « plus adultes » diront nous, en abordant la question de la guerre, toujours en lien avec une histoire vraie. Après son incursion réussie dans l’adaptation de bande dessinée avec « Tintin, le secret de la Licorne » en 2011, Spielberg a démarré une sorte de trilogie de films avec « Cheval de guerre » en 2012 puis « Lincoln » en 2013. Le premier traitant de la Première guerre mondiale sous l’angle d’une relation bouelversante entre un jeune homme et son cheval, le second sur le destin d’Abraham Lincoln combattant l’esclavage.

Pour « Le pont des espions », Spielberg retrouve Tom Hanks pour la quatrième fois, après « Il faut sauver le soldat Ryan » (1998), « Arrête moi si tu peux » (2002) ou encore « Le terminal » (2004). Nous sommes donc en pleine guerre froide entre Américains et Russes, et le film débute par l’arrestation d’Abel, un russe accusé d’espionnage sur le sol américain. Tout en silence, le film illustre le climat de l’époque, et d’une guerre sans véritable armée. En s’affirmant comme un retour au cinéma classique américain, dans la manière dont Spielberg retranscrit avec force et talent cette histoire, avec une photographie hyper soignée qui utilise le clair-obscur.

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Nommé avocat de l’espion russe par le gouvernement, James Donovan va appuyer de tout son talent d’orateur dans les assurances, pour tenter d’éviter la peine de mort pour son client, par peur que les russes attrapent également un espion américain, et lui inflige le même traitement, tout cela aboutirait à une dangereuse escalade de la guerre. Si on peut trouver légitimement le film assez bavard et assez long (sachant que le film dure tout de même 2h21), les négociations autour du traitement à infliger aux prisonniers politiques, puis sur la demande de libération de personnes accusées d’espionnage pour le compte des américains, se révèlent assez brillantes et passionnantes.

Dans cette année 2015 qui a vu refleurir le genre de l’espionnage au cinéma, après « Kingsman », Mission impossible 5 », « Agents très spéciaux- Code U.N.C.L.E » ou encore « Charlie Mortdecai » et bien entendu « 007 Spectre », « Le pont des espions » prend un positionnement plus classique, voire académique dans son déroulement en petits pas de son intrigue fouillée avec une photographie soignée, et des effets spéciaux certes rares mais réussis (en particulier la scène de l’assaut contre l’avion américain). Si comme je le disais, le film comporte parfois de nombreuses longeurs, la finesse dans le scénario (qui a d’ailleurs été co-écrit avec les Frères Coen) prouve aussi bien des grosses qualités dans le montage qui soulignent la détermination de Donovan que des facultés à dire beaucoup de choses en peu de mots, avec juste une image. Une nouvelle fois, la « magie » Spielberg fonctionne une nouvelle fois (même si elle se matérialise de manière plus implicite ici), où le cinéaste parvient à réveiller la petite voix intérieure qui sommeille en chacun d’entre nous, celle du courage, du combat pour ses convictions, avec parfois de savoureuses saillies comiques décalées (en particulier pour le personnage d’Abel). D’un humanisme sans faille et d’un travail formel et riche rappelant les grands classiques du cinéma d’espionnage américain, « Le pont des espions » est plutôt une réussite, grâce aussi bien au talentueux Tom Hanks (signant une performance impeccable) que grâce à cette petite musique spielbergienne, assez bouleversante sur son dernier quart d’heure, résumant bien ce qu’est le film, à la fois thriller sur fond de Guerre froide et drame humaniste et universel.

 

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SCENARIO 84%
MISE EN SCENE 88%
ACTEURS 85%
BANDE SON 78%
PHOTOGRAPHIE 88%
APPRECIATION GENERALE 88%
Vote final

D'un humanisme sans faille et d'un travail formel et riche rappelant les grands classiques du cinéma d'espionnage américain, « Le pont des espions » est plutôt une réussite, grâce aussi bien au talentueux Tom Hanks (signant une performance impeccable) que grâce à cette petite musique spielbergienne, assez bouleversante sur son dernier quart d'heure, résumant bien ce qu'est le film, à la fois thriller sur fond de Guerre froide et drame humaniste et universel.

Note finale 85%