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Le nouveau : Premiers de la classe !


La première semaine de Benoit dans son nouveau collège ne se passe pas comme il l’aurait espéré. Il est malmené par la bande de Charles, des garçons populaires, et les seuls élèves à l’accueillir avec bienveillance sont des « ringards ».
Heureusement, il y a Johanna, jolie suédoise avec qui Benoit se lie d’amitié et tombe sous le charme. Hélas, celle-ci s’éloigne peu à peu pour intégrer la bande de Charles. Sur les conseils de son oncle, Benoit organise une soirée et invite toute sa classe. L’occasion de devenir populaire et de retrouver Johanna.

  • Réalisateur(s): Rudi Rosenberg
  • Acteurs principaux: Max Boublil ,Rephael Ghrensassia, Joshua Raccah,
  • Date de sortie: 23/12/2015
  • Nationalité: Française

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L’adolescence au cinéma a toujours été un sujet délicat et peu porteur en bons films, particulièrement chez nous, car il faut parvenir à trouver le ton juste pour évoquer en filigrane le rapport de ces ados avec la société qui les entoure. Parmi les films français cultes, on peut penser évidemment à « La boum » de Claude Pinoteau (1980), aux « Sous-doués » de Claude Zidi (1980),et plus récemment « Les beaux gosses » de Riad Sattouf (2009) et « Lol » de Lisa Azuelos, sorti la même année. Après avoir signé deux courts-métrages s’intéressant déjà à cette thémathique, Rudi Rosenberg réalise ainsi avec « Le nouveau » son premier long-métrage. Et le néo-cinéaste s’intéresse particulièrement à l’année de 4ème, ainsi il déclare : « C’est précisément la classe de 4ème qui m’intéresse. C’est une année charnière où le contraste de maturité entre les élèves est le plus flagrant. Où, malgré l’âge, on n’est pas tous logés à la même enseigne : il y a ceux qui sont encore clairement dans l’enfance, qui sucent leur pouce, portent des cartables, et les autres qui sont devenus de vrais ados, qui fument, organisent des soirées et sortent avec les filles. J’ai pensé que la confrontation de ces deux mondes offrirait un bon terrain de comédie ».

Et pour se faire, le cinéaste bannit presque tous les adultes du film pour laisser le plus de place de possible aux adolescents. L’adulte le plus présent se trouve incarné en un oncle fainéant, coincé dans l’adolescence. En partant d’un point de départ classique mais accrocheur (un nouveau arrive à l’école, et il s’agira pour lui de parvenir à s’intégrer à son nouveau collège), « Le nouveau » est une comédie assez irrésistible et hyper attachante, où l’on voit peu à peu se former une nouvelle bande de copains, composés de personnes mise de côté par la majorité, entre un faiseur de listes obsessionnel que l’on taquine pour son surpoids, une handicapée loin d’être sotte, ou encore un qui rêve d’être délégué de classe mais qui est habillé avec 20 ans de retard sur son temps.

En évitant toute caricature, le film est peut-être destiné à devenir une future référence dans la comédie française pour ados, tant celle ci regorge d’inventivité et de drôlerie. On se reconnaît aussi très vite dans certaines situations (la fête où aucun invité ou presque ne vient, la jalousie, l’exclusion soudaine d’un camarade que l’on pensais très proche de soi) et le film a la finesse de ne pas grossir le trait, avec une utilisation extrêmement limitée des réseaux sociaux, au profit de situations presque intemporelles.

Distrayante mais aussi pertinente et originale, cette immersion dans le monde des ados de 13-14 ans est une très bonne surprise, et jouée par des jeunes acteurs tous non-professionnels talentueux où l’alchimie entre eux crève l’écran. Le grand point positif de ce film est que l’on rit énormément (ça tombe bien pour une comédie) et s’adresse aussi bien aux adolescents de l’âge des protagonistes qu’aux adultes qui se remémoreront des passages de leur adolescence, entre bêtises mémorables, situations vécues, innocence et impertinence. Mis en scène avec un certain sens du réalisme et de l’improvisation par Rudi Rosenberg (qui a par exemple avoué que pour le tournage d’un canular téléphonique, ils avaient appelé des vrais gens, ce qui a provoqué l’hilarité natuelle et non jouée des jeunes acteurs). Si l’on peut seulement relever quelques maladresses largement excusables pour un premier long-métrage (comme celui de ne rien prendre au sérieux même sur des thèmes plus sérieux qui mériteraient un peu plus de recul ou encore un rythme parfois alternatif provoquant quelques longueurs), « Le nouveau » demeure tout de même une comédie pétillante, imbibée de réalisme qui parlera à tous que je vous conseille fortement de découvrir.

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SCENARIO 85%
MISE EN SCENE 72%
ACTEURS 84%
HUMOUR 88%
PHOTOGRAPHIE 81%
APPRECIATION GENERALE 85%
Vote final

Si l'on peut seulement relever quelques maladresses largement excusables pour un premier long-métrage, « Le nouveau » demeure tout de même une comédie pétillante, imbibée de réalisme qui parlera à tous et que je vous conseille fortement de découvrir.

Note finale 82%