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Le grand partage : Un brin décevant…


Un hiver pire que jamais. Le gouvernement publie un décret obligeant les citoyens français les mieux logés à accueillir chez eux pendant la vague de froid leurs concitoyens en situation précaire. A l’heure du Grand Partage, un vent de panique s’installe à tous les étages dans un immeuble très chic de la capitale.

  • Réalisateur(s): Alexandra Leclère
  • Acteurs principaux: Didier Bourdon, Karin Viard, Valérie Bonneton
  • Date de sortie: 23/12/2015
  • Nationalité: Française
Un casting alléchant pour un résultat décevant...

Un casting alléchant pour un résultat décevant…

 

Après avoir réalisé « Les sœurs fâchées » (2004), « Le prix à payer » (2007) et « Maman » (2011), Alexandra Leclère réalise désormais un film d’anticipation surfant sur des thémathiques dramatiques, le mal logement et les sans domiciles fixes. Mais c’est bien d’une comédie qu’il s’agit ici, puisque l’on se retrouve dans ce microcosme d’un immeuble parisien chic où l’on retrouve des personnages clairement positionnés politiquement. Ainsi, on retrouve les Dubreuil, un couple de bourgeois de droite (où le personnage de Pierre, inbuvable joué Didier Bourdon lit « Le figaro » avant de s’endormir et se moque ouvertement des personnes en difficulté cotoie sa femme Christine (Karin Viard) femme au foyer n’ayant jamais travaillé et en demande urgente de sexe, qui va trouver en ce décret la possibilité de se sortir de son quotidien monotone). A l’étage du dessus, on retrouve les Bretzel, un couple de bobo de gauche (Béatrice, prof d’université qui voit ses principes mis à l’épreuve par cette mesure, qui la fait terriblement regretter d’avoir voté à gauche, cohabite avec Grégory (Michel Vuillermoz) artiste très ouvert et heureux de cette mesure).

Vous l’aure compris, cette comédie satirique n’hésite pas à déployer un arsenal de clichés, et confronte constamment les Bretzel et les Dubreuil, mais aussi les protagonistes du couple entre eux. Ainsi, ce fossé idéologique qui se creuse entre les membres d’une même famille font tout le sel du film. On retrouve aussi la savoureuse Josiane Balasko dans le rôle de cette concierge raciste, certes hyper caricaturale mais très drôle. Le film ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de tenter de parler de l’exclusion sous toutes ses formes, tout en pointant du doigt les contradictions des personnages (on assiste avec délectaction le difficile passage des paroles aux actes pour la famille Bretzel et la confrontation avec des personnes qu’ils méprisent pour les Dubreuil). Si la sauce prend dans la première demie-heure du film, assez réussie, qui parvient à poser les bases de l’histoire, alors que l’on découvre un casting très convaincant, « Le grand partage » use et abuse de clichés jusqu’à une certaine overdose, mais surtout rétrograde là on aurait préféré que le film accélère et y aille à fond. Car peu à peu, le film perd de son mordant et de son innovation. Alors, bien sûr, le casting est très bon et les personnages sont bien creusés mais certaines situations modifient trop rapidement le caractère de certains. On a du mal à croire que certains personnages se convertissent à cette mesure ou s’adaptent aux coutumes de leur habitants si facilement et si rapidement, perdant de ce fait une certaine part de crédibilité. De plus, on a du mal à cerner certains personnages comme celui incarné par Patrick Chesnais dont on se demande son utilité et sa pertinence dans ce film.

Si « Le grand partage » a un grand mérite, celui d’innover dans la comédie française, en abordant un thème sérieux passé sous silence au cinéma, le film manque de rebondissements (ou alors ils sont convenus), et l’on voit venir de loin le happy-end. C’est d’autant plus dommage que ce film était vraiment prometteur et emballant au vu de sa bande annonce (qui contient les principales scènes comiques), mais il est regrettable que l’ensemble tombe finalement à plat. On sourit beaucoup, mais on ne rit quasiment jamais, alors que je suis pourtant un adepte des comédies noires et incisives. Finalement, on se laisse porter par cette comédie satirique originale, pas forcément désagréable et plutôt utile en ces temps de désunion nationale et de chacun pour soi, mais on regrette que le film n’aille plus loin dans ses intentions en restant sur ses gros sabots sur son lit de clichés, et sa certaine paresse dans son scénario à la moitié du film, mais aussi sur sa mise en scène, abusant de plans en diagonales, sans réelle signification. Au final, une légère déception pour cette comédie française qui avait pourtant tous les arguments pour décaper la société.

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SCENARIO 67%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 77%
HUMOUR 66%
PHOTOGRAPHIE 64%
APPRECIATION GENERALE 65%
Vote final

Si on se laisse porter par cette comédie satirique originale, on regrette que le film n'aille plus loin dans ses intentions en restant sur ses gros sabots, son lit de clichés, et sa certaine paresse dans son scénario à la moitié du film, mais aussi sur sa mise en scène, abusant de plans en diagonales, sans réelle signification. Au final, une légère déception pour cette comédie française qui avait pourtant tous les arguments pour convaincre.

Note finale 66%