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Le cercle – Rings : Une fausse suite ratée !


Interdit aux moins de 12 ans

Une jeune femme s’inquiète pour son petit ami lorsqu’ il commence à s’intéresser aux mystères entourant une vidéo censée tuer celui qui la regarde 7 jours après l’avoir visionnée. Elle se sacrifie pour sauver son petit ami et fait alors une terrifiante découverte : il y a « un film dans le film » que personne n’avait encore vu…

 

  • Réalisateur(s): Javier Gutierrez
  • Acteurs principaux: Matilda Lutz, Alex Roe, Vincent D’Onofrio
  • Date de sortie: 01/02/2017
  • Nationalité: Américaine

 

La saga horrifique « Le cercle » est loin d’être révolutionnaire ! Tout a commencé en 1998 lorsque le japonais Hideo Nakata a adapté le roman de Koji Suzuki « Ring », un film à petit budget qui a remporté un véritable succès, avec la particularité notable pour un film d’épouvante qu’il ne contenait pas une goutte de sang. Après une suite en 1999, les Etats-Unis ont eu l’idée (comme souvent) de sortir un remake en 2002 (puis un deuxième épisode en 2005) avec Naomi Watts dans le rôle titre. Immense succès au box-office, « Le cercle » version US est aussi l’un des premier film d’horreur qui m’a profondément marqué dans mon enfance. Contrairement aux informations qui avaient fuités, ce nouveau film n’est pas un prequel ni un remake, mais bel et bien une suite aux deux opus américains. Le réalisateur Javier Gutierrez a lui même confirmé que son long-métrage se déroulait 13 ans après les événement de « Rings 2 ». Le principe de la saga est d’une simplicité biblique. Une cassette vidéo contenant un petit film de 2 minutes circule, et quiconque aura le malheur de la visionner reçoit un mystérieux coup de téléphone lui annonçant sa mort prochaine 7 jours plus tard. Forcément, les nouvelles technologies ont bouleversé la société depuis 2005 (et la date du dernier volet du film) et les cassettes vidéos ont été remplacées par des vidéos diffusées sur Internet. Gutierrez explique ainsi qu’il a souhaitait « explorer ces changements fondamentaux et montrer la manière dont Samara et la malédiction pouvaient se propager de nos jours. »

Si le film a donc été vendu comme une suite, il n’est guère nécessaire d’avoir vu les deux précédents films, tant le film ne fait quasiment aucune allusion à ses prédécesseurs, et tant les personnages tout comme l’histoire proposée est indépendante des autres. Contrairement à la version US de Gore Verbinski, l’héroine n’est plus une journaliste trentenaire, mais une étudiante qui file le parfait amour avec son compagnon, qui va devoir intégrer son université. Passé les premiers éléments de confusion, le début du film est assez prometteur. On découvre que les étudiants qui ont déjà visionnés la vidéo sont reliés à un de leur professeur, et, pour éviter la mort, ils doivent trouver un « suiveur », quelqu’un avec qui ils doivent voir la vidéo pour refiler le mauvais sort à cet « ami ». Cet élément nouveau du film montre avec cruauté l’individualisation des jeunes générations, et critique implicitement l’attachement aux réseaux sociaux qui permettent une transmission beaucoup plus rapide de la vidéo, à l’instar d’un virus. Malheureusement, les motifs de satisfaction sont assez minces sur la durée.

« Le cercle » version 2017 nous trompe d’abord sur la marchandise, le film lorgne plus sur le thriller que sur l’horreur (alors que les précédents savaient mêler les deux). Puis, si certaines séquences parviennent encore à nous surprendre, le film regorge d’incohérences flagrantes et ne parvient pas à nous faire oublier son scénario assez médiocre. La première partie centrée autour de la découverte (ou la redécouverte pour nous) du phénomène, passe encore. Mais le film se ridiculise surtout dans sa deuxième partie, autour de l’enquête de Samara, l’esprit maléfique enfermée qui sort de son puits, où le film nous perd complètement dans des tentatives d’explications pas crédibles pour un sou mais aussi terriblement longue et ennuyeuse. Alors qu’à ce moment, le film devrait nous faire frissonner, il écume de manière artificielle les codes du premier film, en y ajoutant certains codes venant d’autres films d’horreur comme « Destination finale » ou encore « Unfriended ». Le twist final, assez inattendu malgré tout, vient sans doute relancer éventuellement une nouvelle franchise.

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SCENARIO 55%
MISE EN SCENE 57%
ACTEURS 51%
TROUILLOMETRE 60%
PHOTOGRAPHIE 62%
APPRECIATION GENERALE 50%
Vote final

Finalement, cette fausse suite de « Rings » se moque de toute cohérence et préfère dérouler un récit cousu de fil blanc, lorgnant davantage sur le fantastique et le thriller déjà vu que sur le véritable film d'horreur. L'atmosphère glauque et angoissante du film de Verbinski y est ici totalement absente et remplacée par un teen-movie inutile suivie d'une enquête tirée par les cheveux totalement ratée dans sa seconde partie.

Note finale 55%